DEVOIR DE MEMOIRE : UM NYOBE, HEROS ASSASSINE PAR LES COLONS ET OUBLIE DANS SON PAYS. AFRIK-INFORM

 

Ce 13 Septembre, l’Afrique, célèbre la disparition de Ruben Um Nyobe figure emblématiques de la lutte pour l’indépendance du Cameroun. à l’exception de Nelson Mandela ou encore Ely Vall de Mauritanie, les seuls leaders africains dont la mémoire restera positive sont ceux qui ont été assassinés généralement sans avoir eu l’occasion d’exercer le pouvoir, de mettre leur idées en pratique.

Par Bianca Fatou

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Leader nationaliste camerounais et précurseur des indépendances en Afrique francophone,  il est né en 1913 à Eog Makon et mort assassiné le 13 septembre 1958. Alors que les peuples colonisés réclament encore timidement l'amélioration de leurs conditions, il va consacrer sa vie entière à lutter pour la liberté, l'autonomie et l'unité du Cameroun.

Vie et mort d’un héros

L’assassinat par le pouvoir colonial de Ruben Um Nyobè il y 50 ans dans le maquis de Boumyebel en pays bassa a été le coup le plus dur porté à l’armée de nationalistes qui combattait la répression dans le maquis. Il convient ici de signaler le silence quasi absolu de l’historiographie sur la guerre d’indépendance du Cameroun, quand on pense à la prise en compte tout à fait légitime de la guerre d’indépendance en Algérie. Il appartient bien évidemment au Cameroun et à personne d’autre de faire promotion de la mémoire héroïque des martyrs de cette guerre oubliée.

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Um Nyobé était l’un des leaders de l’Union des Populations du Cameroun (UPC), l’un des partis qui militaient pour l’indépendance du pays. Il était le plus radical, le plus déterminé à accéder à une indépendance pleine et à réaliser la réunification des deux parties du Cameroun. . Le message de Um Nyobè, c’est celui de l’abnégation, du don total de soi pour une cause noble. Et c’est en cela d’ailleurs que les Bassa ont vu en lui le mpodol, en référence au nom attribué à jésus le messie. Tout mouvement révolutionnaire est constitué de trois étapes : la conscientisation, le combat contre l’oppresseur et enfin le combat contre soi-même. La conscientisation des peuples africains opprimés par le colonialisme se construit sur les bases du panafricanisme initié par les penseurs noirs américains, notamment Padmore et Dubois. La négritude qui en est l’apogée pour les colonies française apparaît à l’entre-deux-guerres. Une pensée est née dans cette partie du «peuple noir», porteuse de fierté et de revendications spécifiques. des combats contre l’oppresseur ont elevés  Um Nyobe au rang de martyr.

Malgré sa mort  précoce, Um Nyobè a laissé de nombreux écrits. Certains sont toujours d’actualité comme lorsqu’il affirme qu’on ne doit pas se servir des ethnies comme instrument de luttes politiques.

Il fut le premier intellectuel camerounais moderne dans le sens où c’est lui qui, le premier, pensa de manière critique les conditions d’émergence d’un sujet libre dans cette partie de notre monde.

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