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TUNISIE : UN JOURNALISTE SE SUICIDE POUR PROTESTER CONTRE LA MISÈRE DANS SON PAYS. AFRIK-INFORM

 

Abdel Razzaq Zorgui, 32 ans, s’est suicidé a appris afrik-infrom.com  pour protester contre la dégradation de la situation économique et le chômage dans son pays. D’autres heurts ont ensuite éclaté dans la nuit du 25 au 26 décembre dans trois villes de Tunisie après l’immolation par le feu du journaliste qui dénonçait les inégalités dans un pays  en plein marasme économique.

Par Bianca Fatou

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Le Syndicat national des journalistes tunisiens (SNJT) a, de son côté, appelé à une grève nationale de la « dignité » le 14 janvier, jour anniversaire de la révolution de 2011, pour protester contre la situation désastreuse du secteur médiatique et la condition « fragile » d’un bon nombre de journalistes.

 Aberrazak Zorgui, journaliste  pour une chaîne privée locale, s’est immolé par le feu à Kasserine (ouest), une ville située dans une des régions les plus pauvres du pays. « Pour les habitants de Kasserine qui n’ont pas de moyens de subsistance, aujourd’hui, je vais commencer une révolution », avait expliqué cet homme de 34 ans dans une vidéo qu’il avait publiée vingt minutes avant de passer à l’acte. Depuis son décès, des affrontements nocturnes opposent quotidiennement des manifestants, essentiellement jeunes, aux forces de police. Treize personnes impliquées dans des « actes de destruction » ont été arrêtées à Kasserine, a rapporté, ce mercredi 26 décembre, le ministre de l’intérieur, Hichem Fourati, qui dénonce des mouvements nocturnes qui « veulent porter atteinte aux biens publics et privés ». Ce dernier a également affirmé avoir procédé à l’arrestation d’une personne pour son implication présumée dans l’immolation du journaliste. Les forces de l’ordre tunisiennes ont fait usage de gaz lacrymogènes pour disperser des dizaines de manifestants et des affrontements ont opposé les deux camps notamment devant le siège du gouvernorat (préfecture) de Kasserine où avait été déployé un important dispositif de sécurité, selon la même source. Aucun bilan n’était disponible dans l’immédiat.

Les habitants des régions défavorisées se sentent  victimes de hogra, (dédain, en arabe) qui persiste depuis l’ère du premier président de la Tunisie, Habib Bourguiba (1957-1987), en passant par le régime de Ben Ali, puis par les multiples gouvernements qui se sont succédé depuis la « révolution de jasmin », explique-t-il. M. Romdhani prévoit la propagation des mouvements de protestation vu « l’absence d’une vraie volonté politique de se pencher sur les vrais problèmes des Tunisiens ».

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Les troubles qui agitent certaines villes de Tunisie surviennent huit ans après l’immolation par le feu, en décembre 2010, d’un vendeur ambulant de Sidi Bouzid (centre), excédé par la pauvreté et les humiliations policières. Sa mort avait entraîné des manifestations qui s’étaient ensuite étendues à tout le pays, conduisant au renversement du régime de Zine El-Abidine Ben Ali Kasserine est l’une des premières villes où avaient éclaté fin 2010 des manifestations pour protester contre la pauvreté et la marginalisation. La police avait alors tué des manifestants.

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