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SOUDAN - SOCIETE : LA POPULATION DESCEND DANS LA RUE A CAUSE DE L'AUGMENTATION DU PRIX DU PAIN. AFRIK-INFORM

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28 décembre 2018

SOUDAN - SOCIETE : LA POPULATION DESCEND DANS LA RUE A CAUSE DE L'AUGMENTATION DU PRIX DU PAIN. AFRIK-INFORM

 

Depuis près d’une semaine, le Soudan est secoué par la population qui s’oppose à la vie chère et à l’augmentation du prix du pain. Une manifestation qui a croisé la résistance des forces de maintien de l’ordre qui depuis lors a déjà fait plus de 37 morts.

 

Par Gilles Noubissie

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En effet, ce qui parait banal pour certains, est très pris au sérieux pour d’autres. Et depuis plus d’une semaine déjà, on se demande à quand va se terminé ce conflit entre les manifestants et les forces de l’ordre, qui puise son origine dans l’augmentation du prix du pain qui a été multiplié par trois. Lorsque cette contestation a débuté, elle n’avait rien d’organisé, mais au fil du temps, des rassemblements ont commencé à se multiplier dans les villes du Soudan, sans leader, sans programme ni même une coordination. Leur seul problème était de faire savoir au gouvernement du président Omar el Bachir qu’elle ne partage pas cet avis qui veut l’augmentation des produits de première nécessité.

Le prix du pain qui avait déjà été doublé en Janvier 2018, a triplé le 18 Décembre dernier, ce qui n’a pas été apprécié par la population, et donc le 19 Décembre, les premières manifestations ont pris effet au nord de Khartoum, capitale soudanaise. En quelques jours, il y avait plus de dix foyers de contestation à travers le pays. Et de plus en plus de slogans hostiles au pouvoir soudanais, ceux du « printemps arabe ». Des hommes, des femmes, des enfants ont pris part à des manifestations à Dongola, tout au nord ; à Al-Qadarif, dans l’Est ; ou encore à El Obeid, dans le Kordofan du Nord. Des bâtiments du parti au pouvoir, le Parti du congrès national (NCP), ont été incendiés.

Ce lundi 24 Décembre, tous les établissements publics et même privés tels que les hôpitaux, les universités, les écoles étaient fermés et de nombreux enseignants, avocats, journalistes se sont joints à cette manifestation qui aujourd’hui est totalement devenue politique alors qu’au départ elle était purement sociale. Mardi 25 décembre, à Khartoum un cortège a même cherché à se rendre au Palais présidentiel pour déposer une demande officielle exigeant le départ du président el-Béchir, rapidement empêché par les forces de l’ordre qui ont, encore une fois, fait usage de leurs armes à feu.

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Le régime est désormais la cible de la colère. Beaucoup de manifestants estiment que la crise est due à la mauvaise gestion du gouvernement et à la corruption. Pour Marc Lavergne, spécialiste du Soudan, la population espère désormais une refonte des institutions du pays. « Les Soudanais ont conscience qu’Omar el-Béchir est la partie émergée de l’iceberg qu’est l’appareil, le système, le congrès national au parlement, et toute cette structure militaro-islamiste mise en place depuis 1989. ». (TV5 monde)

Rappelons qu’en 2013, la libéralisation des prix et du taux de change avait conduit à une première bouffée inflationniste, et à des manifestations durement réprimées. En janvier, cette année, un nouveau train de mesures d’austérité avait aussi entraîné des émeutes. En novembre, une délégation du Fonds monétaire international (FMI) était à Khartoum, pour discuter de certaines dispositions destinées à favoriser la reprise de l’aide financière. Parmi elles figurait la fin des subventions à des produits de première nécessité. La farine en fait parti.

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