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CAMEROUN - JUSTICE : LES AVOCATS CESSENT LEURS ACTIVITÉS SUR L'ENSEMBLE DU TERRITOIRE NATIONAL. AFRIK-INFORM

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01 septembre 2019

CAMEROUN - JUSTICE : LES AVOCATS CESSENT LEURS ACTIVITÉS SUR L'ENSEMBLE DU TERRITOIRE NATIONAL. AFRIK-INFORM

 

Réunis en session ce samedi 31 Août au siège de l'ordre des avocats du Cameroun par le bâtonnier, les avocats camerounais ont constaté des graves violations dans l'exercice de leur fonction et ont décidé de stopper leurs activités pendant 5 jours sur l'ensemble du territoire national.

 

                        Par Romaric TENDA

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Le ton est sévère et le constat est amère d'après l'ordre des avocats du Cameroun qui dénonce dans le document ci-après les conditions d'exercice de leur métier au Cameroun. Réuni en son siège ce samedi 31 Août, c'est à l'unanimité que les avocats de l'ordre ont fait des constats qui démontrent que le Cameroun est peut-être l'un des premiers pays au monde à bafouer les droits les plus élémentaires de ses avocats.

En effet, l'ordre fait sept Constats totalement dégradant et qui oppriment les avocats camerounais chaque jour dans l'exercice de leur fonction. Ainsi donc, l'ordre constate premièrement que "très souvent, le libre accès des avocats à leurs clients dans les lieux de détention (SED, commissariat de police, brigades de gendarmerie et prison), leur est refusé". On se souvient que dans un entretien accordé à Canal2 International au cours de l'émission "Paroles d'homme", l'avocate Me. Alice NKOM s'était indignée du fait de s'être vue refouler aux portes de la prison principale de Kondengui de Yaoundé alors qu'elle souhaitait rencontrer ses clients Maurice Kamto et ses alliés détenus en ce lieu depuis plusieurs mois aujourd'hui. L'avocate avait alors traitée dans une comparaison flagrante avec le régime d'Ahidjo, celui de Paul Biya de dictatorial. En dehors du cas de cette avocate réputée, plusieurs de ses autres confrères ont dénoncé ce type de refoulement aux portes des prisons du Cameroun.

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Le second constat réalisé par l'ordre des bâtonniers est que les droits de la défense consacrés par les lois et traités internationaux ratifiés par le Cameroun sont tout le temps violés aussi bien dès la phase d'enquête préliminaire que celle d'instruction de jugement. Ce constat met surtout en exergue le cas des prisonniers anglophones qui se retrouvent devant la barre à être interrogés et jugés dans une langue. Le plus souvent, la justice procède à des tortures pour faire passer aux aveux les clients. Elle transforme les garde à vue judiciaire, en garde à vue administrative, sans omettre la non réponse à certaines requêtes des avocats, et le refus de délivrer les décharges laissant traces écrites des correspondances.

L'ordre constate aussi l'exigence des frais de justice abusifs, ainsi que les frais de transport exorbitants; l'accaparement des dossiers par certains chefs de juridiction, l'interpellation et la détention arbitraire des avocats dans l'exercice de leur fonction, la récurrence des violences physiques sur les avocats par les éléments de force de l'ordre; et en fin, les entraves et les violences physiques contre les avocats.

Sept constats graves qui empêchent aux avocats d'exercer librement au Cameroun sans être maltraités. Pour rappel, on se souvient que pour avoir revendiqué l'amélioration de leur traitement, les avocats s'étaient faits tabasser en zone anglophone. Des évènements qui ont poussé l'accentuation de la crise qui secoue le Cameroun depuis plus de 3 ans aujourd'hui avec de nombreux morts et déplacés et une situation humanitaire précaire dénoncée par les organisations internationales.

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Fort de tous ces constats, l'ordre des avocats du Cameroun est monté au créneau et a pris trois résolutions fortes. Ainsi donc, il (l'ordre) décide de la suspension du port de la robe et de la non-fréquentation des cours et tribunaux sur toute l'étendue du territoire pendant cinq jours. Une décision qui ira du 16 au 20 septembre 2019. En outre, il décide aussi qu'à l'expiration de la première décision, d'autres mesures pourraient être prises, s'il y a lieu. Et pour finir, l'ordre invite les représentants du bâtonnier territorialement compétents à veiller à l'exécution de la présente résolution.

Cette sortie des avocats devrait interpeller les autorités camerounaises à prendre au sérieux le mot d'ordre de grève lancée. Rappelons que depuis le début de la crise anglophone et la tenue de l'élection présidentielle, les avocats se plaignent systématiquement chaque weekend soit par écrits, soit dans les médias nationaux, mais rien n'y fait. Le régime de Yaoundé reste toujours sourd et muet.

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