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AFRIQUE DU SUD - VIOLENCE : BALLET DE JUSTIFICATIONS ENTRE GOUVERNEMENT ET OPPOSITION AU SUJET DES VIOLENCES. AFRIK-INFORM

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05 septembre 2019

AFRIQUE DU SUD - VIOLENCE : BALLET DE JUSTIFICATIONS ENTRE GOUVERNEMENT ET OPPOSITION AU SUJET DES VIOLENCES. AFRIK-INFORM

 

Les violences récurrentes en Afrique du sud divisent le pays, le gouvernement et la société toute entière.

Par Abdoulaye Raman

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« Nous ne pouvons pas laisser l'Afrique du Sud entre les mains des étrangers... Dans aucun autre pays au monde, vous ne trouverez aucune ville avec une population de plus de 80 % d'étrangers », déclaration de Bongani Nkongi vice-ministre en charge de la police sud-africaine au sujet de ces évènements malheureux sur le sol de la nation arc-en-ciel. Ces déclarations du ministre se situent aux antipodes de la sortie du président Cyril Ramaphosa qui a exhorté son peuple à cesser les violences sur les étrangers. Une réaction qui met toute l’Afrique en émoi, tellement cela fait scandale dans les autres pays africains pourtant plus que solidaires lors de la période d'apartheid.

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Mais aussi en branle, vu les réactions enflammées et inflammables sur les réseaux sociaux. Avec en point d'orgue les menaces de représailles dans certains pays où sont installés des intérêts économiques sud-africains. Au Nigeria, les attaques de ses enseignes obligent le géant MTN, leader des télécommunications en Afrique, a annoncé la fermeture "jusqu'à nouvel ordre" de toutes ses agences sur l'ensemble de ce territoire qui constitue son plus grand marché avec 190 millions d'habitants. Quant à la Zambie, des étudiants ont manifesté devant l'ambassade d'Afrique du sud.

Il faut dire que si pour certains cette situation qui sévit dans les grandes villes comme Pretoria et Johannesbourg est d’une grande nécessité, il convient de rappeler que d’autres battent en brèche les interventions des partisans du nationalisme extrême. «Nous pouvons chasser de notre sol tous nos frères africains. Mais vous verrez qu'il n'y aura toujours pas de travail en Afrique du Sud. Notre richesse est entre les mains des Blancs qui refusent d'investir pour créer plus d'industries », dit le leader du parti Economic Freedom Fighters (EFF), Julius Malema. Selon l’opposant, le problème ne viendrait pas de ses frères africains originaires d'autres pays et  il s’indigne des comportements regrettables qu'ils subissent, allant même jusqu'à remettre en cause sa fierté patriotique. « J'AI HONTE AUJOURD'HUI QU'ON M'APPELLE SUD-AFRICAIN. Les images atroces qui nous viennent de certaines villes du pays sont totalement insupportables : vous frappez des noirs, vous massacrez vos frères africains. »

Cette énième crise sera telle enfin celle qui permettra d'aller au fond du débat qui va mettre l'Afrique du sud face à ses contradictions et paradoxes ? La pression des pays frères  pèsera certainement pour voir plus clair en l'avenir.

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