NIGER: 34 MIGRANTS, DONT 20 ENFANTS MORTS DANS LE DESERT.

D’après le ministre nigérien de l'intérieur, Mohamed Bazoum, les victimes avaient été abandonnées en plein désert par des passeurs chargés de les convoyer dans les pays du Maghreb.

Dalvarice Ngoudjou

Journaliste / Geostratege 

Cette adresse e-mail est protégée contre les robots spammeurs. Vous devez activer le JavaScript pour la visualiser.

Les victimes recensées manifestement mortes de faim et de soif, sont 5 hommes, 9 femmes et 20 enfants. Elles seraient décédées entre le 6 et le 12 juin dernier. Mohamed Bazoum a demandé aux migrants subsahariens d'éviter de prendre ''le chemin dangereux du désert où sévissent des réseaux criminels et leurs intermédiaires.'' L'année dernière déjà, 33 personnes avaient été retrouvées mortes près de la frontière entre le Niger et l'Algérie, alors qu'elles essayaient de rejoindre la Méditerranée. Selon l'organisation internationale de la migration, environ 150 mille migrants ouest africains vont tenter cette année ce voyage à travers le désert. Le Niger pour sa part, a indiqué avoir besoin d'un milliard d'Euros pour lutter contre les réseaux clandestins de trafic de migrants vers l'Europe. D’après l'Organisation internationale pour les migrations (OIM), en matière de routes migratoires vers l'Union européenne, et en particulier vers l'Italie, le Niger est un pivot, puisque 60 % des migrants qui traversent la Libye pour rejoindre l'Europe par la Méditerranée centrale « sont passés par le Niger ». L'Algérie est devenue une destination privilégiée pour les migrants subsahariens, en lieu et place de la Libye. Plus de 7 000 Nigériens, dont la moitié sont des femmes et des enfants, ont été reconduit vers le Niger en 2015 en vertu d'un accord entre Alger et Niamey. Après l’accord signé entre l’UE et le Niger en mars, la route maritime depuis l'Afrique est redevenue la principale porte d'entrée clandestine en Europe. Mais elle est toujours aussi dangereuse. La semaine dernière, la Commission européenne a présenté un plan aux pays africains, proposant d’acheminer, d'ici 2020, 8 milliards d'euros pour l'aide au développement vers les pays d'origine qui accepteront d'endiguer l'afflux de migrants, faisant planer la menace de « conséquences » sur le plan commercial pour les nations africaines qui refuseront de coopérer.