AFRIQUE- LITTÉRATURE : LE CHÔMAGE VOLONTAIRE.

  L'ouvrage de 36 pages de Michel Kenmogne est un cri d'alerte dans un continent ou les jeunes ont plus besoin d'un programme d'ajustement culturel qu'autre chose. Son parti pris est de démontrer que le chômage en lui même n'existe pas. Mais reste la résultante d'un choix comme le soulignait déjà Emmanuel KANT dans l'existence précède l'essence. A sa manière, il trace le sillon pour l'émergence de l'Afrique. Dans la société traditionnelle, toute jeune personne non victime d’une situation d’incapacité physique ou mentale invalidante et qui demeure inactive était considérée comme un paria. En effet l’oisiveté et l’indolence étaient vivement décriées. Car il y avait d’une part des champs incultes pour y pratiquer l’agriculture, de vastes plantations naturelles de raphia permettant d’extraire le vin blanc, des tiges de bambous nécessaires aux cérémonies et aux œuvres d’art, et d’autre part, la possibilité de s’adonner au petit élevage de porcs, chèvres ou moutons, lapins, poulets (pondeuses ou chair), cobayes ou hérissons et j’en passe, ainsi que la possibilité d’exercer un petit commerce quelconque. L’entraide et le travail communautaire étaient privilégiés et la charité aux personnes valides presqu’inexistante. Aujourd’hui, les terres incultes existent toujours, la possibilité d’exercer un petit élevage ou un petit commerce demeure.

Cependant, le goût et le chemin de la facilité, la recrudescence du don et de la charité sans contre partie, l’esprit individualiste et la tolérance de l’oisiveté par la société actuelle, doublés de l’introduction et de la multiplication en son sein des jeux de hasard et des paris divers contribuant à entretenir un espoir fallacieux, ont détourné la majorité de jeunes de l’idée essentielle selon laquelle seul le travail crée la richesse. Ainsi, les principales causes qui conduisent des personnes dans une situation de chômage que nous qualifions en connaissance de cause de « volontaire », sont de manière résumée : - L’éducation familiale de base ; - Les dons et la charité sans contrepartie ; - L’oisiveté ; - Le désir de devenir riche trop vite ; - L’absence d’esprit communautaire ; - La minimisation du capital initial à investir ; - L’absence de courage et de patience ; - La confusion de propriété des biens matériels (attente impatiente de l’héritage) ; - L’insuffisance de connaissances sur les vérités essentielles, une construction mentale inappropriée et une formation inadaptée.

En fait, cet ensemble de raisons laisse croire que dans la plupart de nos pays, les individus chôment, alors qu’en réalité, c’est le travail qui chôme. C’est pourquoi nous devons œuvrer pour sortir le travail du chômage. Et pour le faire, nous devons tous apprendre à vivre et savoir pour agir. En effet, la connaissance des vérités essentielles par les individus et la construction de leur mental constituent le déclic pour l’action. a Agir dans le sens de l’efficacité dans la recherche d’emploi pour la catégorie de personnes qui n’aiment pas prendre le risque ; a Agir dans le sens de l’efficacité dans la création d’emploi pour les individus qui ont un penchant pour le goût du risque. Pour faire face à cette situation, l'auteur expose dans les stratégies de recherche d’emploi et les stratégies de création d’emploi, pour que le savoir être et le savoir faire se conjuguent effectivement avec l’action pour qu’enfin au sein de nos sociétés le travail sorte effectivement du chômage.

Michel KENMOGNE est un Spécialiste en Gestion comportementale Stratège, Ecrivain-conférencier.