CAMEROUN: LA POLICE SAUTE SUR D’EX EMPLOYES DE DEUX ENTREPRISES MANIFESTANT PACIFIQUEMENT SUR LE PONT DU WOURI.

Écrit par Afrik-Inform. Publié dans Société

La ville de Douala s’est réveillée ce Lundi 17 Octobre coupée de sa banlieue ouest...

La ville de Douala s’est réveillée ce Lundi 17 Octobre coupée de sa banlieue ouest Bonabéri. Des manifestants ont occupé les trottoirs du pont du Wouri de façon pacifique aux premières heures de la matinée, avant l’assaut des forces de l’ordre qui a débouché en affrontements et échauffourées.
Par Habib Hassan
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Il est un peu plus de six heures ce Lundi matin lorsque des manifestants par dizaines rallient le pont sur le Wouri de Douala, ouvrage d’art reliant du long de ses 500m la ville de Douala à sa très vaste banlieue de Bonabéri. Ces manifestants sont ceux de deux entreprises, la PLACAM (Placages du Cameroun) et le CNIC (Chantier Naval et Industriel du Cameroun), environ une centaine sur les 500 concernés par leurs revendications qui portent pour PLACAM sur le versement de leurs indemnités de licenciements par leur patron de nationalité italienne et pour le CNIC, sur le versement de 2 milliards de francs Cfa versés par l’état comme indemnités de licenciement des ex-temporaires.
 
Ces deux groupes de mécontents se sont donc retrouvés sous la houlette d’un « porte-parole », Michel Bouba président d’un parti politique, le Rassemblement républicain et démocratique du Cameroun (Rrdc) que de mauvaises langues trouvent trop proche des caciques du parti au pouvoir, le RDPC du président Paul Biya.
 
D’après les témoignages recueillis par afrik-inform.com, le mouvement pacifique des grévistes sur le pont du Wouri, d’abord encadré par la police dès les premières heures de la matinée a connu un tournant violent sur les encablures de 8h, avec l’arrivée des forces anti-émeutes. Celles-ci ont tenté de disperser les manifestants munis de leurs pancartes qui appelaient le gouvernement à l’aide en tirant des grenades lacrymogènes et assourdissantes, et à coup de matraques, mais cela n’a apparemment pas eu l’effet escompté. 
 
Malgré les blessés dont certains graves enregistrés dans leurs rangs lors de cet assaut, les manifestants quitteront le pont du Wouri sur lequel la circulation était rendue impossible, pour traverser le Rond-point Deido situé à environ 1km à l’Est du pont et rallier le carrefour Feu Rouge Bessengue situé lui aussi à 1km du Rond-point Deido. Objectif, se rendre à Radio Balafon, une des radio les plus écoutées à Douala dont le siège se trouve à ce carrefour et qui relayait pratiquement en direct sur ses antennes cette manifestation. Rendus au bas de l’immeuble de Radio Balafon, ils seront stoppés net par une escouade de gendarmes et de policiers, et leur « porte-parole » qui donnait une interview à Cyrille Bojiko le promoteur de Radio Balafon se fera interpeller par les gendarmes. Ce dernier manquera lui aussi de se faire embarquer par les gendarmes au motif «qu’il était en train de causer avec le meneur de la grève ». 
 
La situation reste tendue bien que sous contrôle par les forces de l’ordre. 
 
Nous y reviendrons.