CAMEROUN – CATASTROPHE : UN TRAIN EN SURCHARGE DERAILLE, DES MORTS PAR DIZAINES

 

C’est un vendredi noir que vient de vivre le Cameroun. Une forte pluie a entrainé la rupture d’une buse sur la Route Nationale N°3 qui relie Douala la capitale économique à Yaoundé la capitale politique, paralysant complètement le trafic routier entre ces deux grandes métropoles dès les premières heures de la matinée. Des voyageurs impatients se sont donc rués dans les gares ferroviaires mais un train bondé et très surchargé a fini par dérailler en mi journée. Le bilan est lourd, avec des morts par dizaines
Par Achille Assako
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Les populations des deux principales villes du Cameroun se sont réveillées avec des images apparemment anodines d’un sinistre survenu sur la route nationale N° 3, vulgairement appelée « Axe Lourd Douala – Yaoundé circulant sur les réseaux sociaux. Ces images faisaient état de ce qu’une buse sur cette route, à un peu plus d’une soixantaine de km de la capitale Yaoundé a été totalement détruite par les eaux d’une petite rivière, non loin de la localité de Manyai rattachée à la commune de Matomb. Et chacun y sera allé de son commentaire, tout en dérision, se demandant comment le trafic allait désormais se comporter, maintenant que la principale dorsale ralliant la capitale à la capitale économique était rompue. Une question très importante, quand on sait que cette route draine à elle seule la majorité du trafic partant de la ville portuaire de Douala… 
 
 
Les voyagers sans doute pressés de rallier l’une ou l’autre ville se sont donc rués vers les gares ferroviaires, mais mal leur en prendra. La Camrail, entreprise du Groupe Bolloré qui est le concessionnaire de la voix ferrée camerounais a dû faire face à cet afflux de nouveaux clients, décidant au passage d’accroître, au point de les doubler, le nombre de voitures affectées au train 152. Et cela ne sera pas suffisant, devant la pression populaire, un surplus de voyageurs sera admis dans les voitures, obligeant Camrail à faire asseoir 3 personnes sur des fauteuils de 2. 
 
Le train parti de Yaoundé vers 11h en surcharge aurait du rallier Douala 4h plus tard, mais 1h 30 plus tard, il déraillait à l’entrée de la garde de la localité d’Eséka. D’après des témoins, « le train a perdu ses freins alors qu’il abordait une descente et il serait apparemment devenu incontrôlable, gagnant en vitesse au point de ne pas respecter les aiguillages de la gare d’Eséka, avant de dérailler dans l’enceinte de la gare ». 
Des témoignages tombent d’heure en heure, dont celui du chanteur et homme de radio Koppo, rescapé qui, en larmes dira ne pas « comprendre que les autorités disent qu’il n’y a pas de mort alors qu’une femme est bien morte devant moi ». D’autres témoins rescapés comme l’homme de culture Pat Goldman, fondront en larmes sur les antennes de radio Balafon, l’une des rares chaînes avec Equinoxe télévision à évoquer cette catastrophe en breaking news, donnant une première évaluation d’au moins 50 morts qu’ils ont eux même comptabilisé.
D’autres témoins rescapés de ce train fou contactés par Afrik-inform affirment que « des wagons se sont détachés et sont tombés dans le ravin à l’entrée d’Eseka », mais jusque là, il n’est pas possible de confirmer cette information qui viendrait gravement alourdir le bilan de cette catastrophe ferroviaire qui promet d’être très sanglante comme le confirme une source près de l’hôpital d’Eseka qui ajoute que cet établissement est désormais « en sous effectif pour gérer l’afflux de morts et de blessés » .
Du côté des autorités, le mot d’ordre reste le même, celui de ne rien dire. Le Ministre des Transports Edgard Alain Mebe Ngo déclarera même sur les antennes de la radio nationale que « des heures plus tard, il est impossible de donner un bilan exact de cette tragédie ». Aux dernières nouvelles, il était en route pour le lieu du déraillement par hélicoptère.