CAMEROUN – CRISE ANGLOPHONE : UN PAUL BIYA MAGNANIME FAIT (FINALEMENT) LIBERER LES LEADERS DE LA CONTESTATION.

 

A la surprise générale, et alors que se profilait une nouvelle audience dans ce qu’il était convenu d’appeler le « procès de la crise anglophone » au Cameroun, le président camerounais Paul Biya a ordonné l’arrêt immédiat des poursuites contre les leaders de cette contestation qui secoue deux régions majoritairement anglophones au Cameroun depuis Novembre 2016.

 Par Habib Hassan

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 C’est avec étonnement qu’a été lu le communiqué du Secrétaire Général de la Présidence du Cameroun sur les antennes de la radio publique camerounaise, la CRTV Radio, ce Mercredi 30 Aout... Ledit communiqué précisait que le Président de la République Paul Biya a décidé de l’arrêt des poursuites contre des leaders anglophones détenus pour leur présumée implication dans les revendications socio-politiques ayant secoué les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest en novembre 2016. Le communiqué présidentiel ajoutait que cet arrêt de poursuites concernait « des leaders de la contestation et certaines autres personnes », sans autres forme de précision, laissant penser que certaines des personnes interpellées dans le cadre de cette crise n’allaient pas bénéficier de la grâce présidentielle…

Les leaders identifiés, l’ex Avocat Général auprès de la Cour Suprême du Cameroun, Paul Ayah Abine, Me Kongho Felix Agbor (avocat), le Dr Fontem Neba (universitaire) et les autres incarcérés (parmi lesquels un animateur de radio et des journalistes) dans le cadre de la crise anglophone étaient poursuivis pour des faits de coaction, d’actes de terrorisme, hostilité contre la patrie, sécession, révolution et insurrection dans le cadre des mouvements sociaux qui ont eu lieu dans les régions du Nord-Ouest et du Sud-Ouest. Ils étaient incarcérés à la prison centrale de Yaoundé ou gardés dans les cellules du Secrétariat d’Etat à la Gendarmerie depuis huit mois. Ils avaient déjà intenté une action pour obtenir leur remise en liberté, sans succès.

Les remises en liberté étant immédiates, le tribunal militaire de Yaoundé a vu se dérouler des audiences dès cette mi-journée du Jeudi conduisant à la libération des principaux leaders Ayah Paul Abine, Fontem Neba, Agbor Bala et autres … qui se sont retrouvés libres à l’issue d’audience au cas par cas devant le tribunal militaire de Yaoundé. Au total, 60 protestataires (sur une centaine de personnes interpellées) de la crise anglophone viennent de recouvrer la liberté. Un geste qui devrait détendre l’atmosphère dans les deux régions majoritairement anglophones du Cameroun, à quelques jours d’une rentrée scolaire qui semblait ne plus pouvoir y avoir lieu, tant les écoles de cette zone subissaient de plus en plus des incendies criminels.