CAMEROUN – CRISE ANGLOPHONE : COUVRE FEU A BAMENDA APRES LES ASSASSINATS DE GENDARMES.

 

Les autorités camerounaises ont décidé d'imposer un couvre-feu nocturne pour au moins deux semaines à Bamenda, l'un des épicentres de la crise anglophone dans le nord-ouest du Cameroun, où deux gendarmes ont été abattus mardi par des séparatistes présumés, selon une décision préfectorale signée ce Mercredi.

 Par Habib Hassan

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C’est un nouveau tournant dans le déroulement de la crise anglophone. Après une succession d’assassinats visant des gendarmes et ayant fait 3 soldats et un civil tués en quatre jours, le préfet du département de la Mezam, ayant pour chef-lieu Bamenda, « informe les habitants (de cette localité) que la circulation des personnes, des voitures et des motos, est interdite dans la ville du 8 au 23 novembre, de 22 heures (locales) à 5 heures (du matin) ».

 Dans une autre mesure, les autorités précisent que commerces et lieux publics seront fermés de nuit durant la même période. Elles promettent des sanctions à « toute personne ou groupe de personnes » qui violerait ces restrictions, qui ne concernent pas les véhicules administratifs, ceux des forces de l'ordre et de l'armée, ainsi que les ambulances.

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Mardi soir, deux gendarmes en faction devant une société de micro-finance ont été tués à Bamenda par des assaillants qualifiés de « terroristes sécessionnistes », selon le porte-parole du gouvernement, Issa Thiroma Bakary.

Une civile a été également tuée dans l'incident, de sources concordantes. Déjà, lundi, un autre gendarme avait été abattu lors d'une traque de séparatistes présumés à Jakiri (nord-ouest). M. Tchiroma a attribué cette attaque aux séparatistes, qui voulaient incendier un lycée.

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 Six personnes identifiées comme étant les assassins du gendarme de Jakiri viennent d’ailleurs d’être interpellées. Ces gendarmes sont les premières victimes enregistrées dans les rangs des forces de sécurité depuis le début de la crise anglophone.

 Le nord-ouest et le sud-ouest du Cameroun, deux régions anglophones sur les dix régions que compte le pays, sont en proie à une grave crise socio-politique depuis novembre 2016. S'estimant marginalisés par le pouvoir, des indépendantistes anglophones ont tenté le 1er octobre de manifester pour proclamer symboliquement l'"indépendance" de ces deux régions, surnommées "Ambazonie" par ses partisans.

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 Au moins quatorze personnes ont été tuées dans les violences en marge de cette proclamation symbolique, selon un bilan établi par l'AFP, ainsi que cinq prisonniers qui tentaient de s'évader.

Des ONG locales évoquaient des bilans bien plus lourds. Depuis l'étranger (Afrique du Sud, Etats Unis et Ggrande Bretagne), les leaders sécessionnistes ont appelé les populations de ces régions à former des groupes d'autodéfense pour combattre ce qu'ils qualifient de « force d'occupation », en référence aux milliers de policiers et soldats déployés par les autorités.

Selon le quotidien privé Le Jour, les autorités camerounaises ont émis des mandats d'arrêt internationaux contre 15 séparatistes anglophones installés à l'étranger. Le leader des séparatistes, « président auto-proclamé de l'Ambazonie », Sisiku Ayuk Tabe, ferait partie des hommes ciblés, a affirmé le même journal.