GABON – CAN 2017 : DES STADES POUR RIEN

Alors que la Coupe d’Afrique des Nations s’achève, de plus en plus des voix s’élèvent pour dénoncer l’empressement avec lequel a été décidée la construction de certaines infrastructures, leur conférant le statut d’éléphant blanc. Le stade d'Oyem, semble en devenir l’illustration, lui qui est niché au cœur de la forêt.

Habib Hassan

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L'avenir du stade d'Oyem, construit à la périphérie de la 4e ville du Gabon au cœur de la forêt équatoriale, suscite quelques questions, alors que la série de six matches de la CAN-2017 qu'il devait accueillir s'est achevée dimanche. Locomotive pour l'urbanisation de la région du nord-Gabon ou alors "éléphant blanc" ? Après RD Congo-Ghana, l'une des affiches des quarts de finale, quand se déroulera la prochaine rencontre d'envergure dans l'enceinte d'Oyem ? Il faudra attendre déjà que les travaux soient complètement terminés... d'ici "juin 2017", selon les responsables du chantier. Achevé à "95%", l'écran flambant neuf de 20.000 places, impeccable à l'intérieur et répondant aux normes de la CAF et de la Fifa, a donné un spectacle peu commun durant la première quinzaine de la compétition. Aux abords de l'enceinte, les tractopelles et la centaine d'ouvriers chinois, employés par la société de construction, étaient toujours à pied d'œuvre pour la mise en place d'espaces verts et pour livrer les parkings et l'hôtel d'une vingtaine de chambres initialement prévus. Alors que ce spectacle peut sembler inquiétant, les officiels du gouvernement eux semblent sereins.

"L'objectif du gouvernement sera de faire de ce stade un pôle économique pour la région du Woleu-Ntem (nord-est du Gabon)" avec la création de "2000 emplois" pour "fin 2017", explique par exemple Franck Domingo, chef de projet de la construction du stade d'Oyem. On se souvient aussi de ces déclarations de l'ancien ministre des sports Blaise Louembe, lors de la pose de la première pierre en septembre 2015 qui en parlaient comme d’une "véritable opportunité pour faire de cet endroit, le point central d'un schéma directeur d'aménagement urbain d'où pourra éclore une nouvelle ville avec des logements sociaux, des commerces, des écoles et autres équipements collectifs".

En attendant, selon des habitants des villages voisins de ce stade, ni "l'eau" courante, ni "l'électricité" censées être apportées ne sont encore arrivées. Pour la plupart de villageois, la CAN et ce stade sont un motif de fierté, mais ils sont en colère, car rien de ce qui a été promis n’a été réalisé. Mais ce qui inquiète davantage les habitants, c'est l'utilisation prochaine et la rentabilité incertaine d'un stade qui aura coûté environ 75 millions d'euros selon plusieurs sources, sachant que pour la CAN, il n'y a pas vraiment eu affluence, combien de fois pour le championnat gabonais, avec un coût du taxi plus élevé que le billet de match ? Rendez- vous dans dix ans.

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