Cameroun – Transformation de la tomate : Le gouvernement annonce la réouverture de la SCAN

by Kevin Fotso
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Le gouvernement camerounais vient d’annoncer la réouverture imminente de la Société des Conserveries Alimentaires du Noun. Ceci intervient au lendemain d’une crise sévère qui a eu des incidences sur le monde rural et le marché local.

Avril 2020, le Cameroun est coupé du monde en raison des mesures restrictives imposées par la propagation de la pandémie à Coronavirus. C’est au cours de cette période que les premiers cultivateurs de tomates commencent à compter les cageots. Dans les grands bassins de production comme le Moungo, la Menoua ou le Noun, les paysans ne se doutent pas à cet instant de l’intensité de la crise qu’ils sont sur le point de subir.

En effet, la tomate produite en énorme quantité était en grande partie destinée au marché sous-régional. Dans les années antérieures, les cageots de Bafou ou Foumbot prenaient la direction de Libreville, Malabo, Bangui, N’Djamena … Sauf que cette fois ci, c’est impossible ! Une crise de surproduction va donc voir le jour. Les prix des produits seront divisés en quatre. Les prix du cageot qui se vendaient entre 10 000 Francs CFA et 12 000 Franncs CFA  vont dégringoler jusqu’à 4 000 Francs CFA voir 3 000 Francs CFA. Au grand désarroi des paysans qui pour les uns n’ont pas été capables de rembourser les crédits contractés tandis que d’autres préféraient laisser pourrir la tomate dans les champs à défaut de la vendre à un prix dérisoire.

C’est pour prévenir ce type de crise à l’avenir que le gouvernement a annoncé la réouverture de la SCAN qui est spécialisée dans la transformation de la tomate à l’échelle industrielle. Une solution qui évitera au marché local du fruit rouge de dépendre exclusivement de l’importation. 10 ans après sa fermeture, la Société des Conserveries Alimentaires du Noun va devoir relever le défi de produire les concentrés de tomate “made in Cameroun” dans un contexte marqué par l’ultra présence des produits étrangers dans nos marchés depuis fort longtemps.

D’après Taatdjene Thomas, CEO de Taatdjene FOOD Industries, “Les erreurs du passé doivent absolument être corrigées en adoptant par exemple le modèle de collaboration entre producteurs et industriel, développé par la SODECOTON”. Dans l’univers de l’agro-industrie, les acteurs invitent également le gouvernement à relancer la rizière de Santchou, fleuron de notre économie dans les années 70 et 80, mais dont les activités sont interrompues depuis 1997.

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