AFRIQUE – COLONISATION : CINQ (05) FEMMES MÉTISSES POURSUIVENT LA BELGIQUE EN JUSTICE POUR CRIMES CONTRE L’HUMANITÉ.

by Manuella Etock
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Noëlle, Simone, Léa , Monique et Marie – José toutes âgées entre 70 et 74, ans accusent l’État belge de crime contre l’humanité et exigent réparation. Toutes de mères congolaises et de pères belges à la fin des années 40, elles déclarent avoir été enlevées par l’État belge et avoir été victime de violence et de sévices sexuels.

60 ans après les faits, ces dames ont décidé de mettre sur la place publique ce qu’elles avaient jusqu’ici gardé Secret.

Pendant la période coloniale, le Congo belge devenu aujourd’hui la République démocratique du Congo comptait de nombreux métisses, enfants nées de mères noires et de pères blancs. Ces enfants étaient pour la plupart arrachés à leurs mères et mis dans les institutions religieuses pour avoir une éducation différente. Les plaignantes affirment d’ailleurs << qu’il s’agissait des rapts d’enfants organisés par l’État belge et mis en œuvre avec le concours de l’église>>.

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C’est dans cette logique de séparation que les 5 femmes aujourd’hui mais enfants âgées de 2 ans hier ont été séparées de leurs mères et misent dans l’institution des sœurs de saint- Vincent de Paul à Katendu dans le sud du pays.

Malheureusement pour elles, le séjour dans l’institut ne sera pas long car en 1961, en pleine guerre civile au Kasaï, les religieuses de l’internat sont rapatriées en urgence laissant ainsi derrière elles les cinq jeunes filles avec d’autres enfants beaucoup plus jeune qu’elles .

Cet abandon sera le début de leurs calvaire. Elles seront récupérées par les milices congolaises et subiront pendant plusieurs années des violences sexuelles de toute nature.

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60 ans après, dames Noëlle, Simone, Léa, Monique et Marie-José ont décidé de poursuivre en justice l’État belge en mettant en avant ” l’enlèvement systématique d’enfants pour des raisons raciales considéré comme un crime contre l’humanité” déclare Michèle Hirsch l’une des avocates des dames.

Les plaignantes exigent 50.000 euros chacune de réparation à l’État belge et aussi la désignation d’un expert chargé d’évaluer le préjudice moral subi. La première partie du procès a eu lieu ce jour en attendant les réponses des avocats de l’État belge .

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