Afrique : La fédération russe s'aventure dans le pré-carré français.

Afrique : La fédération russe s’aventure dans le pré-carré français.

by Abdoulaye Raman
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Le vieux continent est l’objet de convoitise des puissances occidentales notamment la France, l’Angleterre, l’Allemagne, le Portugal et l’Espagne et la Russie. L’Orient et le Moyen-Orient ne sont pas en reste à travers le réveil de la chine, le Japon et quelques pays arabes. Seulement, la France qui se réconfortait à l’idée d’avoir acquis une certaine hégémonie se voit entrain de perdre progressivement ses lettres de noblesse à travers l’arrivée d’un autre géant, la Russie. Celle-ci vient avec des offres alternatives permettant à tous les Etats qu’elle vise de pouvoir de se régaler.

L’indépendance des Etats du pre-carré français a longtemps été un véritable leurre. Les puissances occidentales sont à tout jamais restées les maîtres et les nations africaines, des esclaves. Sauf que depuis le début de cette dernière décennie, le vieux continent développe un éveil de conscience appréciable et fait face à de nouvelles nations qui pensent qu’il faut de l’équité dans un partenariat. La Russie a fait un retour triomphal en 2014 en Afrique après avoir fait des premiers clins d’œil en 2006 par une visite de Vladimir Poutine. Pour asseoir des partenariats sous plusieurs formes les plus en vue ont toujours été les coopérations militaires. Bien que selon certains médias français, la Russie userait des intrusions officieuses par des militaires en civil pour attendre des objets geoeconomiques ; une des choses qui étaient reprochées à la France notamment le pillage du sous sol.

La Russie se taille la part du lion en Centrafrique et se positionne peu à peu en Afrique subsaharienne telle que en Centrafrique, au Mali, au Nigeria, Angola, Burkina Faso, Afrique du Sud et Bénin Botswana pour ne citer que ceux-ci.

D’un principe général, il est d’une nécessité impérieuse pour l’Afrique de diversifier ses partenariats pour sortir du joug colonial. Et, pour ne plus jouer les seconds rôles sur le plan économique, politique, social et militaire dans le monde. Selon plusieurs observateurs des questions de relations internationales, il est judicieux pour l’Afrique de s’allier à la Russie ou à la chine qui se présentent désormais comme de véritables obstacles à la jouissance de la France. L’exploitation du bois, des ressources minières, l’exportation des produits vivriers à des prix dérisoires devra désormais répartir sur de nouvelles bases de négociation.

Alors, l’Afrique doit faire avec la Russie. Pour rappel, début mai 2021, le ministère de la défense centrafricaine a signé un contrat avec la Russie dans l’optique de déployer sur le sol de Bangui 600 instructeurs militaires Russes pour encadrer ses forces de défense sur place. C’est un dossier qui a retenu l’attention de l’ONU au point où la France, l’Estonie, l’Irlande, le Royaume-Uni et les Etats Unis dont fait tarder la procédure dans l’optique de vérifier si le instructeurs étaient armés. Il revenait donc à l’ambassadeur de Russie en république Centrafricaine d’apporter la preuve du contraire. Des éléments qui selon des analystes démontrent la crainte des puissances occidentales, voyant les URSS qui asseoit sa puissance.

De même lors de l’élection présidentielle dans le pays en décembre 2020. Au moment où les rebelles menaçaient de faire trembler les élections, le président Archange Touadera a souscrit à une aide militaire russe pour assurer la tranquillité et la sérénité des échéances. En parallèle, le gouvernement centrafricain a accordé des permis miniers, pour l’exploitation de l’or et du diamant notamment, à des sociétés russes associées à l’homme d’affaires Evguéni Prigojine.
Des faits qui choqueraient la France qui veut tout pour elle et rien pour ses supposés partenaires d’affaires.

Que gagne l’Afrique dans le partenariat avec la Russie ?

Contrairement aux contrats signés par plusieurs pays d’Afrique francophone noire avec la France il y’a un peu plus d’un demi siècle, les négociations d’aujourd’hui ne peuvent qu’etre que fructueuses car les clauses sont au bénéfice des deux parties. Celà démontre à suffisance que les africains sont de plus en plus émancipés. Au regard de la coopération militaire, la Russie est d’une aide imparable pour les pays d’Afrique subsaharienne en proie au terrorisme.

Cependant, la chose semble ne pas être vue sous le même prisme. Les avis sont mitigés sur le continent. La Russie après plusieurs année au lendemain de la deuxième guerre mondiale veut rentrer dans la conquête du vieux continent. Celà remonte à 2006 lorsque le président Vladimir Poutine vient en visite en Afrique du Sud. Selon Sergey Sukhankin « le déplacement du président russe répondait à un ensemble de calculs géoéconomiques et géopolitiques, notamment liés au groupe informel des BRICS (Brésil, Russie, Inde, Chine, Afrique du Sud), mais ne s’est cependant pas traduit pas des mesures concrètes significatives». Une analyse qui loin d’être baisée entre en droite ligne avec la rhétorique selon laquelle il n’existe pas d’amitié entre les nations mais des relations d’intérêts. Bien plus, c’est plutôt en 2014 que la Russie va réellement s’implanter en Afrique à la suite d’une tournée de Dmitri Medvedev en Égypte, au Nigeria, en Angola et en Namibie où il déclarerait d’ailleurs que le devoir de la Russie est désormais de rattraper tout ce qui a été perdu. La vaste conquête est donc lancée qu’est-ce qui pourrait bien la retenir ?

Bien entendu, la fédération de Russie ne viendrait pas en enfant de chœur. Ce sera soit du 50-50 ou en cas de négligence ou de moindre manque d’intelligence, elle passera encore plus dans les grands.

La lutte de positionnement de la Russie face à la France

D’après une étude Russe citée dans le rapport de l’Ifri, <> . A titre d’exemple, entre 2014 et 2019, les URSS ont signé dix-neuf accords de coopération militaro-technique avec des pays africains ; ce qui tant bien que mal contribuent à diminuer des le terrorisme ambiant ou permet encore d’anéantir les groupes armés.

Délaissée et humiliée par l’Europe selon Hélène Carrère d’Encausse,
la Russie depuis la fin de l’URSS fait des bras ouverts du continent africain une aubaine pour affirmer son hégémonie vis-à-vis de l’Europe toute entière. L’on rappelera que la France tient sa domination des contrats aveugles qu’elle fît signer aux africains à l’époque coloniale ; ce qui les a assujetti pour la plupart pendant plus d’un demi-siècle et ce jusqu’à date. La lutte pour le leadership entre la France et la Russie permettrait à l’Afrique de redéfinir les bases de partenariat. Elle permettra tout de même de tailler les clauses à leurs convenances.

Selon Judith Tchamba, << la Russie n’a pas besoin de l’Afrique pour se sentir grande si on prend en compte les facteurs de puissance à savoir la population, l’économie, le territoire et la culture…>>

La Russie aux côtés du Mali

Le Mali connait une fragilité Politique, économique et sécuritaire depuis au moins presque 5 ans déjà. La cerise sur le gâteau a été le putsch du mois d’août 2020. Un coup de force qui a a fait partir Ibrahim Boubacar Keita. Comme si cela ne suffisait pas, le 24 mai 2021, la junte a débarqué le premier ministre nommé pendant la période transitoire qui suit son cours. Plus loin, il y’a aussi la crise du Covid-19 qui est diamétralement venue fragiliser l’économie du pays et le climat des affaires aussi. La Russie veut entre-temps se positionner comme un allié nécessaire et du moment pour aider les militaires maliens au front contre les rebelles et aider la junte dans la stratégie géopolitique pour la gestion de la transition. Dans ce balai d’instabilité, la France parcontre ménace de retirer les soldats français déployés sur le sol malien si jamais le pays décidait de d’avoir des attitudes des jihadistes. Un ultimatum qui est jugé comme étant un aveu de faiblesse face à son nouveau rival.

La Russie est loin d’avoir fini sa conquête sur le vieux continent. Les ressources minières qu’il regorge sont l’une des véritables raisons suscitant les appétits de Kremlin. Pour Sergey Sukhanki, « la Russie n’a pas de stratégie africaine globale (elle cherche essentiellement à saisir les occasions qui se présentent dans certains pays), ce qui signifie qu’à long terme, elle ne sera pas en mesure d’enregistrer des avancées décisives sur le continent… À ce stade, le retour de la Russie en Afrique, particulièrement prononcé après 2014, apparaît comme une réaction plutôt que comme la manifestation d’une stratégie globale tournée vers l’avenir ». Une présence qu’il faut néanmoins prendre au sérieux, conclut Sergey Sukhanki

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