Afrique: LA GUINÉE ÉQUATORIALE ÉRIGE UN MUR À LA FRONTIÈRE AVEC LE CAMEROUN.

by Thie Carlos
0 comment

 

À l’heure du décloisonnement mondial, l’Afrique, pourtant en quête d’unité et de panafricanisme, dresse des murailles entre ses fils et ses filles. C’est le cas de la Guinée Équatoriale qui vient d’achever la construction de son mur à la frontière qui la sépare du Cameroun.

Les travaux avaient débuté il y’a plus d’un an, pour une distance de 40 kilomètres sur le trajet entre Kye-Ossi au Cameroun et Campo en Guinée équatoriale, sans consultation préalable avec le gouvernement Camerounais. D’ailleurs l’on se souvient qu’en Juillet 2019, réagissant aux alertes de la population de Kye-Ossi, le patron des armées camerounaises, le général René Claude Meka, s’était rendu sur les lieux où il avait « constaté l’empiètement de la frontière » et observé « les velléités expansionnistes du voisin équato-guinéen » selon des propos recueillis par l’AFP.

Le gouvernement de Teodoro Obiang Nguema avait démenti ces informations quelques semaines plus tard, arguant par la voix de son ministre des Affaires Étrangères, Oyono Esono Angue, que « ceux qui parlent du mur le font par manque d’informations ». Il rajoutait toujours pour dissuader que « quand il y’a une mésentente, ça se résout pacifiquement et par voie diplomatique » avant de conclure en rappelant la nature des rapports entre son Pays et le Cameroun: «  nous avons de bonnes relations comme Pays voisins ». Pourtant un an plus-tard le mur est bien là, coupant les relations entre les deux États.

•••Des causes sécuritaires à l’origine•••

Officiellement, l’érection du mur vise à assurer la sécurité de cette frontière deux ans et demi après une tentative de Coup d’Etat conduite par des mercenaires tchadiens et centrafricains qui avaient cheminé par le Cameroun. Mais le Pays accuse également le gouvernement de Paul Biya de laisser de nombreux ressortissants d’Afrique de l’Ouest transiter par son territoire pour se retrouver illégalement sur le sol Guinéen. Il y’a aussi que de nombreux déplacés dus à la crise anglophone y affluent pour tenter d’y trouver refuge.

•••Le grand bluff de la libre circulation•••

L’accord de 2013 sur la libre circulation des personnes dans la CEMAC, ratifié en octobre 2017 par tous les États la sous-région tombe ainsi à l’eau, ruinant des efforts et des négociations entamées sur la question depuis deux décennies avec la création de la CEMAC en 2000 mais surtout depuis exactement 1972 avec l’ancêtre de cette institution, l’UDEAC(l’Union Douanière et Économique de l’Afrique Centrale). Au regard de cette actualité, il est clair que les Etats-Unis d’Afrique tant rêvés par les peuples africains ne sera pas pour demain !

Enregistrez votre mail sur notre site pour recevoir automatiquement nos articles.

Afrik-Inform.com, l’information en un clic.

Leave a Comment

Restez informés par email

afrik inform