AFRIQUE : CES CHEFS D’ÉTATS AFRICAINS TOUJOURS CONTESTÉS, MAIS JAMAIS DÉTRÔNÉS

by Larissa Tchinda
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Face à une population africaine de plus en plus jeune, et dont les désirs sont tournés vers une ère de renouveau, les tensions montent de plus en plus. Chacun veut faire entendre sa voix, mais surtout, beaucoup d’entre eux aspirent à l’émergence toujours au ralenti depuis l’accession au pouvoir de ces présidents.

C’est un secret de Polichinelle : ” Le président doit partir” est devenu depuis quelques années déjà le mot d’ordre d’une bonne partie d’africains à l’approche d’élections présidentielles dans leurs pays. Les plus contestés semblent cependant être les plus sereins. Ils cumulent de plus en plus, des années de règne à la tête de leurs pays.

PAUL KAGAME DU  RWANDA

En 20 années de règne, Paul Kagame est considéré comme l’artisan de la « reconstruction » du Rwanda, complètement détruit et vidé par le génocide. Il chasse les dirigeants « hutus » ayant organisé et conduit le génocide des Tutsis, et contribue à la mise en place d’un régime où les femmes ont une place parfois majoritaire. Ses opposants qualifient son régime de « tutsi », alors même que la référence politique « Hutu – Tutsi » est anticonstitutionnelle depuis l’adoption de la constitution de 2003

Entre 1996 et 1997, Paul Kagame est accusé d’ingérence dans les affaires internes du Zaïre du maréchal Mobutu et d’en violer la souveraineté nationale. Cette ingérence débouche sur la première guerre du Congo et la chute de Mobutu.
Le gouvernement de Kagame est accusé d’utiliser le prétexte de l’argument sécuritaire afin de surexploiter et même de piller les ressources naturelles de l’est du Congo, région où vivent les Banyamulenge, Congolais rwandophones, immigrés au Congo en 1896.

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À l’approche de l’élection présidentielle du 9 août 2010, plusieurs opposants de Paul Kagame ont été assassinés. Un certain nombre d’associations, dont Reporters sans frontières, ont à plusieurs reprises  demandé de faire pression sur le Rwanda pour qu’il n’y ait plus d’assassinat politique.

DÉNIS SASSOU NGUESSO DU CONGO

Au pouvoir depuis 1997 le président congolais est contesté pour avoir changé la constitution, lui permettant ainsi de se présenter à la présidentielle de 2016.

Bien que la constitution congolaise prévoit un âge limite et ne permet que deux mandats de 7 ans à la présidence, Denis Sassou-Nguesso a tout de même été réélu avec 60,4 % des voix alors qu’il est âgé de 73 ans. Dans un pays où le taux de chômage est de 40 %; plusieurs guerres intestines ainsi que son âge sont à l’origine de la boude. La population vit pour 70 % avec moins de 1 dollar par jour et ce, malgré les ressources portières, minières et pétrolières du pays.

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TEODORO OBIANG NGUEMA MBASOGO DE LA  GUINÉE ÉQUATORIALE

En 41 ans de règne, Teodoro Obiang Nguema Mbasogo est sans doutes le président africain le plus contesté du 21e siècle.

Le magazine Forbes assure qu’il est l’un des chefs d’État les plus riches du monde, avec une fortune estimée à 600 millions de dollars. Des sources officielles sont même allées jusqu’à l’accuser de considérer les biens de l’État comme sa propriété personnelle.
Le chef de l’État guinéen et sa famille possèdent, en région parisienne, plusieurs biens mal acquis supposés, dont au moins une propriété au nom de Teodoro Obiang Nguema et « onze véhicules (incluant deux Bugatti Veyron, une Ferrari Enzo, une Maserati MC12 et une Ferrari 599 GTO) au nom du fils du président, Teodorín Nguema Obiang, pour un montant estimé de plus de 5,7 millions d’euros, acquittés par des virements de sociétés intermédiaires.

Le 18 juin 2007, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire à l’encontre de Téodoro Obiang, Denis Sassou Nguesso, Omar Bongo, Blaise Compaoré et José Eduardo dos Santos et leur entourage, accusés par trois associations françaises (Survie, Sherpa et la Fédération des Congolais de la Diaspora) de « recel de détournement de fonds publics ».

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ROBERT GABRIEL MUGABE – ZIMBABWE
Très célèbre de par ses citations reprises des millions de fois sur le continent africain, Robert Mugabe fait partie des plus vieux présidents du monde à avoir dirigé un pays.
D’obédience marxiste, il participe à la fondation de l’Union nationale africaine du Zimbabwe (ZANU) et mène une guérilla contre le gouvernement d’Ian Smith en Rhodésie du Sud, ce qui fait de lui un des « pères de l’indépendance » du pays, qui devient le Zimbabwe. Après être devenu Premier ministre du pays, il en accède sept ans plus tard à la présidence, instaurant un régime présidentiel. Cette fonction lui permet de continuer à assurer l’essentiel du pouvoir, auparavant détenu par le chef du gouvernement.

Son engagement anticolonialiste assure sa popularité auprès d’une partie de sa population et du continent africain. Cependant, il est accusé de faire reculer les libertés individuelles et de favoriser le racisme antiblanc, notamment par une politique de confiscation de terres et d’expulsions.

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Sur le plan économique, son règne est marqué par une explosion du taux de chômage, par une hyperinflation, par des famines et par la décision des pays occidentaux d’imposer à son pays des sanctions économiques.

Pour battre en brèche toutes ces suspensions, il se rend au Vatican en 2005. Il est ensuite interdit de voyage sur le sol de l’Union européenne en raison de ses violations des droits de l’homme. Son pays est alors plongé dans une profonde crise, battant chaque mois des records d’inflation, atteignant + 1 600 % en janvier 2007 et même 1 730 % en mars 2007.

Sur le plan éducatif, Le Zimbabwe affiche un taux d’analphabétisation parmi les plus élevés en Afrique à la fin des années 2000 (83 % chez les adultes selon l’UNESCO en 2008-2012), En 2007, Robert Mugabe est le seul chef d’État africain à n’être pas invité par la diplomatie française au sommet France-Afrique de Cannes, qui se tient les 15 et 16 février.

Robert Mugabe a toujours affiché sa vive opposition à l’homosexualité, traitant les homosexuels de « porcs » ou de « chiens », et appelant la population à les dénoncer et les livrer à la police. Pour lui, l’homosexualité est « un péché contre nature ». Il s’est encore radicalisé entre 2008 et 2012, appelant à « castrer les homosexuels », ou à les décapiter.
Lors de la campagne des élections de 2013, il a promis que, s’il était élu, il « ferait vivre un enfer aux homosexuels »

Sous l’effet de la politique agraire du président Mugabe et des sanctions internationales résultant des atteintes aux droits de l’homme, le pays s’enfonce dans une crise sans précédent : 90 % des citoyens sont sans emploi dans les années 2010.
Entre atteintes massives aux droits de l’homme, à la liberté d’opinion et à la liberté de la presse, les expressions n’ont jamais manqué pour décrire de façon péjorative de la gouvernance de l’ex chef d’Etat zimbabwéen.
Malgré cela, il a quand même réussi à régner sur le Zimbabwe pendant 29 ans, 10 mois et 21 jours, jusqu’à ce force physique ne soit plus et qu’Anderson NNANGAWA l’enlève pacifiquement et que mort s’en suive en Septembre 2019.

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PAUL BIYA DU CAMEROUN

En fonction depuis le 6 novembre 1982 Paul Barthélémy Biya Bi Mvondo, président de la République du Cameroun, en 38 ans de règne a été réélu 6 fois.

Pourtant ce ne sont pas des critiques qui manquent à son égard. Très souvent qualifié de dictateur, le régime du président Biya a longtemps été accusé de restreindre les libertés fondamentales des camerounais et de commettre des violations des droits de l’homme.
La crise dite anglophone dans les régions du nord-Ouest et du sud-Ouest du pays, tout comme les nombreuses crises électorales notamment celle de 2018, ne l’ont pas aidé à blanchir cette image.

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En plus de son âge très critiqué, de ses séjours privés en Europe, de son silence ” stratégique “, des arrestations parfois taxées d’arbitraires, Paul Biya a, à chaque élection été inquiété, insulté, contesté, mais est toujours resté le président de la République du Cameroun.
Pour beaucoup, il n’y a pas une véritable force politique concurrente en face de lui. Selon le Dr Charly NDIAPI FOPA, Spécialiste en question de paix, de gestion des conflits et de développement, Paul Biya est ” un Sphinx politique qui sait lire les enjeux avec avance sur ses concurrents ; et par conséquent il sait redistribuer ses cartes par rapport à ce que les populations attendent de lui.”

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