Algérie : les législatives anticipées engendrent des manifestations d’étudiants.

by Abdoulaye Raman
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Plusieurs centaines d’étudiants algériens accompagnés de leurs enseignants ont investi les rues de la capitale Alger pour hostilité contre la décision du président Abdelmajid Tebboune d’anticiper les élections législatives pour juin prochain. Une décision qui survient juste après que le Parlement ait été dissout.

Ce sont des étudiants en furie, assistés par des sympathisants et enseignants d’universités du siège des institutions. De la Place des Martyrs, au pied de la Casbah (vieille ville), jusqu’à la Grande poste, lieu de rassemblement emblématique du Hirak, les rues ont vibré selon la volonté de ces deniers. Ils fustigent la dissolution du parlement. “Le problème réside dans la légitimité et la dissolution du Parlement. C’est une pièce de théâtre”, ont-ils crié.

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Cette dissolution du parlement algérien a été effective le 21 février dernier. Peu de temps après le président Abdelmadjid Tebboune a convoqué le corps électoral en vue d’anticiper les élections au parlement qui en principe lui permettront de s’imposer face au mouvement du Hirak de retour après un an de suspension à l’effet de la pandémie de la Covid-19.

Une manifestation qui se passe dans la paix et la sérénité.

Conscients des méfaits du désordre et les conséquences qui peuvent s’en suivre lors des manifestations, les étudiants ont été disciplinés. Ils ont des revendications qui sautent à l’entendement du gouvernement et vont au-delà de la cause initiale des marches dans les rues, scandant un slogan propre au Hirak, pour une “Algérie libre et démocratique” et un “Etat civil et non militaire”-

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“Nous ne voulons pas une opération cosmétique, mais un changement radical et profond du système en place depuis l’indépendance” du pays en 1962, a déclaré Abdeldjabbar, un étudiant de 24 ans. Le système électoral et le gouvernement en place sont querellés et ne persuadent pas réellement les électeurs sur la crédibilité des élections.

“Ces élections ne me concernent pas, je ne voterai pas dans ces conditions, je ne voterai pas tant que ce pouvoir sera en place. Je voterai quand nous aurons un Etat de droit, je voterai quand ma voix comptera vraiment, car pour le moment, ce n’est pas le cas”, s’est indigné Maassoum, âgé de 22 ans.

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Le contenu des protestations aura été suffisamment éludé mais la durée du défilé devant le Parlement était très courte. Pour rappel, comparativement aux manifestants du Hirak qui envahissent les rues les vendredis depuis le deuxième anniversaire du soulèvement populaire du 22 février, les étudiants, sont désormais coutumiers des manifestations les mardis.

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