AFRIQUE – ECONOMIE : LE FMI LANCE UNE VENDETTA CONTRE LES CHEFS D’ETAT QUI CACHENT LEURS DETTES EN AFRIQUE DE L’OUEST. AFRIK-INFORM

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Le Fonds monétaire international (FMI) mène une campagne active contre le système des garanties souveraines, utilisées par de nombreux Etats africains pour masquer leur niveau réel d’endettement. Des négociations ont été lancées par la nouvelle directrice du Fonds, Kristalina Georgieva, avec plusieurs pays de la sous-région, et le sujet a été longuement abordé dans les coulisses de la “conférence de haut niveau” organisée les 2 et 3 décembre à Dakar au sénégal, à laquelle participaient, entre autres chefs d’Etat, le Malien Ibrahim Boubacar Keïta, l’Ivoirien Alassane Ouattara, le Burkinabè Roch Marc Christian Kaboré et le Béninois Patrice Talon.

Par Yves Konan Camara

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En effet, les neuf chefs d’Etat ouest africains invités à Dakar par la nouvelle directrice du FMI Kristalina Georgieva ont été dûment chapitrés sur l’abus des garanties d’Etat. Les garanties souveraines sont largement utilisées dans les contrats d’énergie ou de BTP. Les Etats s’engagent sur un montant d’achat envers le promoteur d’une centrale ou d’une raffinerie et l’entreprise, forte de cette promesse, emprunte sur les marchés internationaux.

Sur le papier, il ne s’agit que d’une caution mais, pour le FMI, ces garanties sont comptabilisées comme de la dette, au même titre que les emprunts internationaux. Une classification que les Etats ouest-africains ne respectent pas toujours : les missions du Fonds font régulièrement apparaître des garanties qui ne figurent pas au passif des comptes d’Etat.

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Face à l’augmentation générale du niveau d’endettement en Afrique de l’Ouest, l’institution a donc entrepris des négociations directes avec plusieurs pays de la sous-région, aux premiers rangs desquels la Côte d’Ivoire, le Bénin, le Togo et le Liberia, pour limiter le recours aux garanties, voire suspendre des assurances données à certains opérateurs économiques et que le FMI juge indues.

Ces pourparlers ne visent aucune entreprise nommément, mais ciblent tout particulièrement le secteur du BTP, qui fait un usage de plus en plus immodéré des garanties. Le groupe Ebomaf (Entreprises Bonkoungou Mahamadou et fils) au Burkina Faso, a ainsi obtenu plusieurs marchés assortis de garanties d’Etat. George Weah, le président du Liberia, a octroyé un contrat de 500 millions $ à Ebomaf pour des projets routiers de 337 kilomètres assorti d’une assurance de l’Etat libérien. Même chose en Côte d’Ivoire, où Ebomaf dispose d’une garantie de 179 milliards F CFA (272 millions €) pour des chantiers dans le nord du pays.

Mahamadou Bonkoungou, le fondateur d’Ebomaf, est également le propriétaire de la compagnie aérienne Liza International, dont les avions sont souvent affrétés gracieusement pour les présidents de la sous-région.

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