CAMEROUN – CULTURE : MAALOX, UNE GROSSE TACHE DANS L’UNIVERS MUSICAL LOCAL

by AFRIK INFORM
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On avait fini par accepter son style décalé, contestataire et anti-système. Celui qui, pour certains jeunes camerounais passe pour un rappeur (car disant des textes sur des chansons aux paroles controversées) vient de franchir un nouveau cap, faisant de l’injure publique son nouveau mode d’expression. Collègues artistes, fans, journalistes, prélats, vivants ou morts, tous goûtent aux injures publiques de Maahlox, au point que certains se demandent bien sous l’emprise de quelle drogue vit le personnage au quotidien.

Par Habib Hassan

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A observer la carrière de Maahlox, on peut aisément se dire que c’était plaisant au début, puis c’est devenu lassant et depuis quelques mois, c’est plutôt inquiétant. Car effectivement, à la sortie de son single au titre évocateur « La bière c’est combien ici » en 2013, chanson qui faisait l’apologie de la consommation d’alcool par les jeunes, on avait assisté à une censure immédiate de la part des médias officiels et même certains privés du Cameroun. Cela faisait sourire, parce qu’en réalité, les observateurs avertis y voyaient plutôt une tentative timorée et maladroite de réponse au King, le king Kong Stanley Enow qui affolait les compteurs avec son titre « Hein Père ». Un bloggeur décrivait déjà cette chanson sur la bière comme « la pire initiative artistique et musicale que puisse avoir un rappeur en ce moment » là. Cf https://www.lwn-mag.com/la-biere-cest-combien-ici-des-millions-de-cerveaux/

Auréolé de son presque succès éphémère sur internet, sentant le filon, Maahlox remettra ça avec de titres cadencés qui trouveront leur public, un public avide de chansons amorales et simplettes, consommées plus facilement au bout d’une douzaine de verres de bière, avec des titres comme « Arrêtez brenda », « fouillez fouillez », « Choupo Moting ne sort pas », « alexandre Song dans ton dos »… chansons passées inaperçues puis, « ça sort comme ça sort » et « tuer pour tuer » … chansons devenues plus ou moins populaires mais dont les relents sexuels et abrutissants pour les esthètes de la musique et du hip hop choqueront une bonne partie de l’opinion camerounaise, lassant du même coup ceux qui avaient pensé que le chanteur décalé changerait de fusil d’épaule. Que non, il choisira de s’enfoncer un peu plus dans la gadoue, alors que d’autres jeunes chanteurs aux textes moins grossiers et bien mieux structurés montaient dans l’estime du public. Maahlox qui voulait avoir pour seul adversaire Stanley Enow se devait désormais de faire face à une flopée de talentueux jeunes chanteurs et rappeurs (Réniss, Ténor, Minsk, Daphné, Franko, Blanche Bailly, Mister Leo, Locko, Dynastie Le Tigre, Bad Nova, Michael Kiessou …) dont les concepts et les textes enchantaient les foules. Et pour continuer à exister, il commettra un autre titre puant le sexe fétide « Tu es dedans », avec des passages d’anthologie renvoyant au vagin féminin, … « tu dis que le dedans est sale mais tu es toujours dedans… tu dis que le dedans sent mais tu es toujours dedans…. Mon totem c’est le rat, c’est pour ça que je cherche le trou… le docteur dit que le dedans est sale, mais est ce qu’on entend ça alors… » Edifiant. Mais putride.
Tant que cela se passait en chanson, le public camerounais semblait tolérer les écarts et s’en amuser (car il faut le dire, contrairement à tous ces jeunes ci-dessus cités, la carrière de cet « artiste » n’a pas véritablement et durablement décollé à l’international, malgré de très brèves apparitions dans des spectacles pour le public local, dans des soirées peu courues hors des frontières camerounaises, dans des bars) .

Mais le rubicond fut franchi lorsque dès 2016, l’artiste s’en pris violemment à plusieurs vedettes de la télévision camerounaise, Jean Jacques Ze, présentateur vedette du 20h de Vision4 Tv, Tchop Tchop, Kletus et Tony Nobody, tous animateurs et producteurs pour Canal 2 International, la première chaîne de télévision privée la plus regardée au Cameroun. Ces derniers avaient eu le malheur soit de désapprouver le caractère grossier des textes de ses chansons ou ses publications sur ses pages officielles sur internet, soit d’avoir eu un désaccord à la suite d’émissions ou de spectacles musicaux… Pas avare en injures (souvent en relation avec le sexe des géniteurs de ses victimes), Maahlox déversera son venin contre tous ceux qui osaient essayer de l’appeler au calme. Ceci, c’était avant même de s’en prendre violemment à la plus grande cérémonie de récompenses des acteurs culturels du Cameroun et d’Afrique Centrale, les Canal d’Or. La qualifiant de cérémonie réservée aux adeptes de la pédérastie, la rebaptisant k’Anal d’or, Maahlox n’y sera pas primé. https://www.lebledparle.com/culture/1102004-maahlox-ecrit-a-canal-2-international-enlevez-mon-nom-de-votre-grande-ceremonie-de-sorcellerie-les-canal-2-or
Faute de reconnaissance, la jeune génération prendra donc le pouvoir devant la première dame Chantal Biya lors de cette cérémonie. Il eut été d’ailleurs été bien hasardeux de l’inviter à se produire devant ce genre d’invitée, habitué qu’il est aux dérapages.

Faisant de la recherche du buzz son cheval de bataille, Maahlox (dont certaines mauvaises langues du milieu artistique disent de lui qu’il est un spécialiste du vol des textes de chansons) est inévitablement l’artiste qui a érigé l’insulte et l’injure comme mode d’expression quotidienne au Cameroun. Et parmi ses dérapages encore bien visibles et qui font de sa page Facebook officielle un déversoir nauséabond d’injures et autres grossièretés, on peut compter ses saillies contre ses collègues artistes qu’il affuble de tous les noms d’oiseau, tout comme ses fans qu’il n’hésite pas à rabrouer de la façon la plus rude, comme en témoigne la réaction ci-dessus, tout en injures adressée à une jeune femme.


Et des bloggeurs auront beau lui faire entendre raison, qu’apparemment, cela ne change rien. https://monsieurbuzz.over-blog.com/2017/04/ce-que-maahlox-n-a-pas-compris.html . Personne ne trouve donc grâce aux yeux de Maahlox, y compris les morts. Il n’a par exemple pas hésité à insulter la mémoire de l’évêque de Bafia soupçonné de suicide et dont la dépouille vient d’être tirée des eaux du fleuve Sanaga. Il l’aura qualifié ni plus ni moins d’ « imbécile et sale chien ». Morbide. 



Il est désormais clair qu’au pays de Manu Dibango, Blick Bassy, Etienne Mbappe, Krotal, Pit Baccardi, etc et que contrairement à ces autres artistes qui font le buzz par leur art au Cameroun (Petit Pays, Papillon, Mani Bela, Coco Argentée… etc) sans être insultants envers leur public, Maahlox est devenu un problème pour la musique de ce pays d’Afrique centrale. Ses relations supposées avec des herbes au pouvoir euphorisant ainsi que son niveau général de culture apparemment inversement proportionnel à sa maitrise de la langue française font de lui une véritable tâche dans l’univers musical du grenier à talents qu’est le Cameroun, une tache à très vite effacer. Aux hommes de médias, et au public de le sanctionner comme il se doit. Plus dure sera la chute.
NB : l’auteur de cet article sera bien sûr taxé d’homosexuel par cet « artiste ». Et sa génitrice aura aussi droit à son lot d’injures. Nous tenons à dire que nous y sommes habitués.

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