Cameroun : Drainage à Makèpè Missoké : A quand la reprise des travaux abandonnés?

by Abdoulaye Raman
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Bien que la saison sèche ait installé un beau climat dans la ville au bord du fleuve, le littoral, les populations du quartier Makepe Missoke ne parviennent pas à oublier le souvenir triste du 21 août 2020. C’est une date à laquelle des ménages ont payé le prix fort du manque de canalisation d’eau. Elles disent que le lancement de travaux de drainage en vue de leur éviter des inondations était à dessein car n’ayant pas été finalisé.

Il fait beau temps sur tous les toits de Maképè, un des quartiers populeux de la ville de Douala. Le soleil qui brille désormais au quotidien laisse sur le visage des riverains un sourire plutôt conditionnel. Elles ont la crainte d’un lendemain bouleversant à l’effet des pluies torrentielles qui s’abattront bientôt et feront d’inombrables dégâts au passage.

Après des cris lassés de détresse et des doléances adressées au pouvoirs publics, des travaux de drainage ont été entrepris. gouvernement a entrepris. Sauf qu’il y’a deux ans, SATOM, l’entreprise habilitée a disparu du chantier sans en laissé des nouvelles, à en croire les riverains.

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L’entreprise n’a pas livré le drain. Les raisons sont jusqu’ici non élucidées et les populations croupissent dans la peur de revivre les même scénarios après le retour de pluies. Entre temps, ce sont les habitants qui endurent le calvaire. Certains riverains arguent même que depuis que Satom a débuté les travaux et laissé à mi-chemin, la situation est allée de mal en pis. C’est un cris d’au secours qu’ils poussent chaque fois que le ciel s’assombrit, donnant l’impression qu’il pleuvra d’un moment si peu probable.

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Les meubles, les lits, les ustensiles de cuisine et appareils électroménagers sont coutumiers des inondations et les propriétaires ne savent plus à quel saint se vouer. La dernière pluie ravageuse en date est celle du 26 février dernier. Bien que n’étant pas si forte, les habitants du quartier n’étaient pas épargnés des pleurs : inondations encore. Pourtant, ils avaient la ferme conviction que les pouvoirs publics s’appesantiront un tant soit peu sur leur sort et tâcheront de faire reprendre les travaux au plus tôt avant que la saison pluvieuse ne s’installe en grande reine.

Interrogés tour à tour, le discours est le même. “Il faut qu’on finisse la construction du drain”. Bien loin d’être une utopie, certains croient et caressent même l’espoir de voir les travaux reprendre avant le retour des pluies. “Pour nous les gens du quartier, nous voulons qu’on termine les travaux qu’on a commencé et laissé au petit marché de makepe”, souhaite un chef de famille dans une cabane dont le sol et les murs ont visiblement été endommagés par des inondations. Il rajoute par ailleurs que: “Si on continue le drain on ne va plus ressentir l’inondation.” Un vœu qui pour son épouse à ses côtés a plusieurs fois été émis à l’endroit des pouvoirs publics mais qui jusqu’ici tardent à réagir. Plus loin, tous les deux rassurent qu’au début des travaux de drainage, la vie semblait revenir à la normale mais une fois que ces derniers ont cessé, la souffrance a refait surface.

Dans la quête permanente des réels facteurs qui auront aggravé la situation dans ce quartier, le constat est tel que, le cours d’eau dans lequel se déversaient les courants torrentiels pendant les pluies a été étouffé par la construction d’une grande école. En effet, il s’agit du nommé Nanfack qui au profit des ses bâtisses a fait dévier la direction que le cours d’eau avait au paravent ; ce qui a considérablement impacté le lit d’eau. Le point de confluence des eaux, quittant de maképè et des environs de l’hôpital général pour trouver leur embouchure dans le fleuve Wouri a été touché. Depuis lors c’est les pleurs.

Si pour nombre d’habitants à l’intérieur du quartier l’on est dans l’attente de des conditions meilleures, d’autres par contre bien qu’ayant bénéficié de la pose des pavés pour atténuer la boue ne semblent toujours pas satisfaits. “Malgré les pavés qui sont arrivés, s’il y’a pas de drain, on sera toujours dans les problèmes. Quand il y’a inondation, les pavés là sont couverts”, declare M. Mangwa. Pour lui, la seule et unique chose qu’ils attendent tous c’est le drain.

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En dépit de l’acceptation du gouvernement camerounais de voir ces riverains occuper cet espace bien qu’étant marécageux, il n’en demeure pas moins que si rien n’est pas avant le retour des pluies qui paraît de plus en plus imminent, l’on ne pourrait contenir toutes ces familles qui seront de nouveau victimes des affres de l’inondation. En somme, il faut d’urgence terminer les travaux de drainage, Makèpè Missoke.

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