Cameroun – édito: Le 22 de tous les enjeux !

by Kevin Fotso
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Personne ne saurait vous dire avec exactitude ce qui se passera le 22 septembre prochain. Sauf à prétendre avoir des dons de voyance. Ce qui est sûr, par contre, c’est que le MRC a réussi à voler la vedette aux élections régionales. Pour le moment en tout cas, tous les regards de l’appareil politico-administratif au cameroun semblent tournés vers la date du 22. Que se passera t’il ? Notre petite idée sur la question réside dans la première phrase de cet éditorial D’Afrik-Inform. Quels en sont les enjeux ?

« PAUL BIYA DOIT PARTIR !»

C’est le mot d’ordre des mobilisations programmées par le MRC ce 22 septembre. Marches pacifiques ou inssurection ? Faisons fi des éléments de language utilisés d’un camp à un autre pour qualifier ce qui se prépare et revennons en aux enjeux. Pour le MRC qui conteste la victoire du président BIYA depuis 2018 et qui qualifie le gouvernement en place « d’illégitime », il est question de légitimer sa capacité de mobilisation dans la rue et de faire préssion sur le régime de yaoundé. Du moins, Le parti politique conduit par Maurice Kamto joue gros ! Conscient de ce défi, le Mouvement pour la Renaissance du Cameroun s’est entouré de plusieurs partis et mouvements alliés parmi lesquels le Popular Action Party de Paul AYH ABINE, « AGIR/ACT » de Christian Penda EKOKA, le « Cadre Citoyen de Concertation » de Djeukam TCHAMENI ou encore le MODECNA de Bruno DEFFO. Coté stratégie, aucune information ne filtre sur les marches. On ne connait ni les itinéraires, ni les villes dans lesquelles elles se dérouleront. Pour limiter les fuites, la cellule de communication du parti a même restreint les interventions médiatiques. Le suspense est entretenu par l’état major du professeur Maurice Kamto.

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« EN TAPANT SUR UNE RUCHE D’ABEILLE, VOUS SAVEZ CE QUI VOUS ATTEND QUAND VOUS NE POUVEZ PAS FUIR »

Comme en janvier 2019, au momment où la préssion du MRC se faisait grandissante, c’est le ministre de l’administration térritoriale Paul ATANGA NJI qui a donné le ton de la replique du pouvoir en place. Au cours de son dernier point de presse à cet éffet, le MINAT n’a pas manqué de rappeler que l’état mettra tout en œuvre pour faire asseoir son autorité. On note aujourdhui une forte militarisation des principales métropoles camerounaises notamment à Yaoundé, Douala et Bafoussam.

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Mais avant l’assaut final, c’est une guerre des nerfs à laquelle se livre le MRC et le RDPC. Les sorties des membres du gouvernement se multiplient depuis quelques jours pour condamner ce qu’ils qualifient « d’entreprise insurrectionelle visant à renverser les institutions ». On n’a eu droit au cours théorique du Professeur Fame NDONGO, aux publications de Grégoire OWONA et à la mise en garde du ministre MALACHIE pour ne citer que ceux là. C’est aussi le cas pour les organisations politiques revendiquant une appartenance à la majorité présidentielle comme le « G20 » de Me MOMO et Bapoh LIPOOT.

À LA CONQUETE DU MIEL

La saison est ouverte ! Dans le camp des abeilles et celui des apiculteurs, on s’active en utilisant les moyens en sa possession. Un vis à vis qui n’est pas de nature à apaiser des tensions dans un contexte national marqué par la dégradation du climat socio-politique depuis quelques années. Au-delà des enjeux politiques, des différentes revendications avancées que sont la revision du code électoral et la résolution de la crise anglophone pour ce qui est du MRC et de l’ambition gouvernementale de parachever le processus de décentralisation à travers la tenue d’une élection régionale, il ne faut pas oublier que l’enlisement de la crise pourrait totalement paralyser le pays. Au Cameroun, les régions anglophones sont en proie à une guérilla et BOKO HARAM continuent de mener des offensives dans le septentrion. Sans parler des risques sur le plan économique si la situation venait à dégénérer. Quel est le prix à payer pour avoir du miel de qualité ? Que pourrait occasioner l’agréssivité des abeilles ?

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