Présenter le roi des Bamendjou

Cameroun – Fo’o Sokoudjou n’a pas loupé le préfet des Hauts Plateaux.

by Abdoulaye Raman
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Le gardien de la tradition Bamendjou, Sa Majesté Fo’o Sokoudjou fait l’objet d’une mise en garde par le préfet du département des Hauts Plateaux, YAMPEN Ousmanou. Un ultime ultimatum dont le roi n’a lésiné sur aucun moyen pour répondre, et ce, avec un ton martial.

Il est désormais établi qu’il existe une crise entre l’administration camerounaise et la chefferie traditionnelle qui joue un rôle déterminant. Elle est l’intermédiaire entre les populations et les administrateurs. Après la première mise en garde du commandeur du département des Hauts plateaux, le préfet YAMPEN Ousmanou en date du 24 juillet 2020, ce mercredi à été un jour palpitant dans la région de l’ouest.

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Comme du berger à la bergère, la réponse du roi n’a pas été tendre, tant les paroles sont dignes d’être celles envoyées aux ancêtres. Mais le plus important pour lui est que celle-ci atteigne la cible qui n’est nulle autre que monsieur le préfet. « Quand la lune sort, les aliénés pensent que c’est le jour qui se lève. C’est pourquoi certains se retrouvent toujours en train de marcher la nuit », a-t-on pu lire sur la toile Facebook de Fo’o Sokoudjou.

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Le préfet attire en effet l’attention de ce dernier, l’accusant d’avoir organisé une concertation politique sans une autorisation délivrée par les autorités compétentes. Selon le préfet, Sa Majesté Fo’o Sokoudjou Jean Rameau, roi de Bamendjou continue « à agir en marge des textes en vigueur, au travers de propos de nature à mettre en péril la stabilité des institutions républicaines et la légitimité de celui qui les incarne ».

Le natif de Koutaba installé en octobre 2020 en remplacement de Feliz Bilonougou décédé en janvier dernier argue dans le même ordre d’idée que le garant de la tradition Bamendjou s’est autoproclamé en donneur de leçon et incite ainsi les populations à la révolte et à l’insurrection. Si l’on s’en tient à la note de M. Yampen Ousmanou, le roi Sojoudjou devra désormais revoir sa façon de communiquer dans les médias classiques, sur la toile ou sur tout autre support de communication.

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Pourtant, selon Hilaire Kamga, Serge Espoir Matomba, Edith Kah Wala, Djeukam Tchameni, Mboua Massock et autres qui étaient présents à cette réunion, le mis en cause n’est en rien l’initiateur. Il s’était agi ici d’une organisation comprenant des politiques et des activistes dont le souci majeur est de se ressourcer auprès d’un sage. Au vu de la situation sociopolitique qui prévaut dans les régions anglophones actuellement, ils estiment qu’il était d’autant plus judicieux pour eux en tant qu’acteurs majeurs de la société camerounaise de se réunir chez le chef aux fins de tabler sur des solutions pouvant endiguer la crise.

Rappelons qu’eu égard à la première mise en garde du préfet en date du 24 juillet 2020, les membres du cadre de concertation (ccc) qui étaient présents chez le roi ont tenu à indiquer dans un communiqué datant du 25 juillet que cette concertation était une initiative portée par eux et adressée au roi qui a par l’a par la suite adoubée. Ils rappellent qu’elle « vise à promouvoir une conversation constructive entre les différents acteurs sociaux et politiques du Cameroun afin de parvenir à un consensus minimum qui puisse aider le pays à sortir de la crise multidimensionnelle dans laquelle il est emmêlé », peut-on lire dans le communiqué.

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Plus loin, ils rajoutent que la loi du 19 décembre 1990 sur les manifestations publiques n’oblige aucunement un père à déclarer à l’autorité administrative une réunion avec ses enfants. Par la même occasion, ces hommes politiques et de la société civile ont condamné « le ton arrogant et irrévérencieux » avec lequel s’est adressé M. YAMPEN Ousmanou à « une autorité traditionnelle respectable et respectée ».

Se référant à cette correspondance administrative, l’on est a même à se demander ce qui adviendrait si désormais le roi use des termes et expressions qui n’enchantent pas l’autorité. Pour l’heure, il s’agit selon nombre d’internautes une volonté du préfet à le museler.

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