La décentralisation

Cameroun : la décentralisation des discours fête son 1er anniversaire.

by Kevin Fotso
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Un an après la tenue des dernières élections municipales et législatives au Cameroun, le fameux processus de décentralisation est toujours en cours de téléchargement. Au-delà des discours, le transfert des compétences aux collectivités territoriales décentralisées reste un leurre. Au grand dam des maires qui avaient annoncé monts et merveilles et populations pendant la campagne électorale.

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Le 09 février 2020, les camerounais se sont rendus aux urnes pour élire les députés de la nation et les maires. Une élection aux saveurs particulières car près de deux mois avant cette consultation, le parlement camerounais adoptait la loi 2019/024 du 24 décembre 2019 portant code général des collectivités territoriales décentralisées. Fruit du grand dialogue national, ces avancées théoriques d’une décentralisation attendue depuis 1996 à travers la loi n°96/06 du 18 janvier de la même année avaient reçu un écho favorable auprès de la classe politique camerounaise.

C’est donc avec enthousiasme que les différents candidats vont battre campagne en rassurant les populations du vent de changement que le pays était sur le point de connaitre et dont les communes allaient être les principales bénéficiaires. En perspective, une plus grande autonomie des maires sur la gestion des circonscriptions communales avec en prime l’engagement de “Yaoundé” de transférer au moins 15% des recettes de l’Etat aux Collectivités Territoriales Décentralisées.

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Plus d’un an après, qu’est ce qui a concrètement changé ?
RIEN !

Ce n’est pas scientifiquement approprié de répondre de manière directe à ce type de question. Sauf que la décentralisation est malheureusement restée théorique. Au Cameroun, elle colore les discours et flatte l’égo des orateurs qui, la plupart du temps, sont les seuls à donner l’impression de croire à ce qu’ils racontent. Le 30 janvier 2020, à la faveur d’une rencontre des Communes et Villes Unies du Cameroun à Douala, les maires ont par la voix du président de cette association Augustin TAMBA, sollicité « la mise à disposition des 15 % du budget de l’état ». Mais le mal est beaucoup plus profond. Dans l’ensemble, les exécutifs municipaux décrivent une incapacité à avoir la main mise sur les biens de la commune. Pas de transfert de fonds, pas de transfert de compétences.

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L’image de Médard Tchuente, le quatrième adjoint au maire de la commune de Njombe Penja molesté par les employés d’une carrière à pouzzolane traduit à la perfection cette impuissance. Cet handicapé moteur qui se déplace en fauteuil roulant avait été trainé au sol parce qu’il réclamait aux gestionnaires de cette carrière de reverser une taxe à la commune de Njombe-Penja.

En attendant de voir l’application des textes, souhaitons tout de même joyeux anniversaire à la « décentralisation des discours », en formulant le vœu, comme il est de coutume avant de souffler sur la bougie, que le code général sur la décentralisation donne un sens à ce processus qui évoluent à pas d’escargot.

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