Cameroun : Le 6 Avril, une date inoubliable pour Paul Biya.

by Franck Bekima
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Le 6 Avril 1984 – 6 Avril 2021, 37 ans après… Il s’agit d’une date qui est bien loin d’être ignoré par la plus haute sphère représentative de l’État Camerounais. C’est alors qu’un coup de force avait été commandité par l’ancien président ayant cédé son siège à l’actuel président Paul Biya, comme prévoyait la constitution. Des éléments de la Garde Républicaine devenue plus tard garde présidentielle avaient tenté d’arracher le pouvoir aux mains de Paul Biya juste deux ans après le départ d’Ahmadou Ahidjo.

Dans cet article, afrik-inform.com vous propose l’intégralité du discours des mutins.

Discours des Putschistes

“Camerounaises, Camerounais,

L’armée nationale vient de libérer le peuple camerounais de la bande à Biya, de leur tyrannie, de leur escroquerie, et de leur rapine incalculable. Oui, l’armée a décidé de mettre fin à la politique criminelle de cet individu contre l’unité nationale de notre cher pays. En effet, le Cameroun vient de vivre au cours de ces quinze derniers mois qu’a duré le régime Biya les heures les plus noires de son histoire. Son unité mise en péril, la paix interne troublée, sa prospérité économique compromise, la réputation nationale ternie.

Chers compatriotes,

Vous avez tous été témoins de l’horrible comédie jouée par le pouvoir défunt qui se permettait de parler de libéralisme, de démocratie, d’intégration nationale, alors que, chaque jour, son action bafouait de façon scandaleuse ces hautes valeurs. Les libertés des citoyens telles que dénoncées par la Déclaration des droits de l’homme n’étaient jamais respectées.

La Constitution était ballottée au gré des considérations de la politique politicienne. Le gouvernement et ses agents propulsés à la tête des rouages de l’Etat, agissaient avec comme pour seule devise non de servir la nation, mais de se servir. Oui, tout se passait comme s’il fallait se remplir les poches le plus rapidement possible, avant qu’il ne soit trop tard.

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Et, en effet, c’était bien de cela qu’il s’agissait. Enfin, vous pouvez juger du discrédit jeté sur le Cameroun par la parodie de justice que constitue le dernier procès. Aussi, il était temps de trancher le nœud gordien. C’était aujourd’hui. Aujourd’hui, grâce à Dieu, mes chers compatriotes, le cauchemar est terminé. L’armée, sous l’impulsion de jeunes officiers et sous-officiers prêts au sacrifice suprême pour la nation, regroupés au sein du Mouvement “ J’OSE ”, entend redonner sa pleine signification à l’unité nationale et rétablir la détente et la concorde entre les citoyens.

Le peuple camerounais et son armée viennent de remporter aujourd’hui une grande victoire sur les forces du mal et cette victoire sera célébrée par l’histoire avec l’honneur qui lui est dû. Dès maintenant, le Conseil militaire supérieur est amené à prendre un certain nombre de décisions au regard de la sécurité nationale. Et le Conseil militaire supérieur demande au peuple camerounais de le comprendre. En premier lieu, les liaisons aériennes, terrestres, maritimes et les télécommunications sont suspendues jusqu’à nouvel ordre. Le couvre-feu est institué sur l’ensemble du territoire national de 19 heures à 5 heures.

Par ailleurs, la Constitution est suspendue, l’Assemblée nationale est dissoute, le gouvernement est démis ; tous les partis politiques sont suspendus ; tous les gouverneurs de provinces sont relevés et, enfin, sur le plan militaire, les officiers supérieurs exerçant le commandement d’unités opérationnelles sont déchargés de leurs fonctions. L’officier subalterne le plus ancien dans le grade de plus élevé prend le commandement.

Vive les Forces armées nationales ! Vive le Cameroun !”

Au lendemain du Putsch le président donne un discours. Il est bon de souligner que ce fut l’une des allocutions les plus courtes du président de la République depuis son accession au pouvoir en 1982.

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«Camerounais, Camerounaises, le Cameroun vient une fois de plus de traverser une période délicate de son histoire. Hier en effet, le 6 avril, vers trois heures du matin, des éléments de la Garde républicaine ont entrepris la réalisation d’un coup d’Etat, concrétisé par la coupure des liaisons téléphoniques et l’occupation des points stratégiques ou sensibles de Yaoundé, Palais de l’Unité, immeuble de la radio, aéroport, etc., avec pour finalité la main mise par la violence sur le pouvoir politique.»

Quatre jours plus tard, le ton monta encore, la situation de crise est précise, le président vient d’échapper à la mort. Il entend établir les responsabilités et l’identité des acteurs du putsch manqué.

Selon lui, «l’histoire retiendra que les forces ayant participé au rétablissement de la situation comprenaient des Camerounais de toutes origines, sans distinction de leur appartenance ethnique, régionale ou religieuse.» il ajoute que «La responsabilité du coup d’Etat manqué est celle d’une minorité d’ambitieux assoiffés de pouvoir et non celle de telle ou telle province ou de Camerounais de telle religion.»

Le 11 avril 1984, le président Paul Biya dissout la Garde Républicaine.

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