présenter des hommes et des femmes parmi lesquels les pickpockets se dissimulent

Cameroun : le calvaire des usagers dans les marchés face aux pickpockets.

by Abdoulaye Raman
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Les marchés ou même les rues sont bondés de jeunes hommes qui dépouillent de commerçants, des clients ou tout type de personne non vigilante. Ils sont appelés « pickpockets ». Ces derniers utilisent habituellement des outils tels que des lames et des ciseaux pour leurs besognes.

Le marché Mboppi, situé dans la ville de Douala, au Cameroun, est un des pôles économiques importants dans la sous-région CEMAC en matière d’importation. C’est aussi dans ce marché que quelques années en arrière voleurs à la tire trouvaient leur quartier général. En réalité, le pickpocket est une forme de vol qui consiste à subtiliser des objets que des usagers dans le marché portent sur eux, notamment dans leurs poches, sans éveiller l’attention de ceux-ci.

Pour ce faire, ces derniers usent d’une certaine dextérité. C’est aussi la raison pour laquelle il est souvent difficile de se rendre compte qu’on a été dépouillé un peu plutôt ; sauf au moment où l’on se trouve dans une situation où l’on doit effectuer des achats. les affluences ou des embouteillages dans des surfaces de commerce sont pour eux des atouts. C’est par là qu’ils se dissimulent et soutirent, des portefeuilles, bijoux, téléphones portables ou autres objets de valeur.

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Sous le regard impuissant de certains passants ou des commerçants devant leurs étalages ou magasins, ces derniers opèrent parfois en toute quiétude sous le prétexte qu’ils feraient du mal à quiconque voudra s’interposer. C’est la panique totale et l’on a la peur de dénoncer. D’aucuns évoquent comme raison, qu’en-dehors de leur position géographique qui est le marché, ces pickpockets sont dangereux.

« Moi personnellement, je ne peux pas avoir le courage de dénoncer un cas de vol devant mon comptoir parce que ces gars-là sont dangereux » confie Bertrand Yonzou, vendeur à la sauvette au marché Mboppi avant de rajouter ces jeunes voleurs leur « donnent souvent des ultimatums à propos des dénonciations ». Des victimes, il y en a chaque jour même si le taux de vole a considérablement baissé depuis au moins un an dans cette grande ère commerciale de la ville et surtout depuis décembre dernier, période à laquelle ces badauds opèrent le plus. Eu égard à ce phénomène alarmant, nombre de personnes ayant été victimes ou pas prennent des précautions afin de ne pas tomber dans la même nasse.

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« Lorsque je constate qu’il y a des pickpockets dans le marché, je prends toutes les mesures possibles pour bien garder mon sac à main ; je le tiens de façon plus sécurisante. Quand je marche, je reste vigilante et j’évite de passer où il y a trop d’affluences », nous explique Phalone Kengne, rencontrée au moment où elle effectuait ses achats.

Ayant parcouru tout le marché, afrik-inform n’est parvenu à rencontrer une victime d’un cas de vole à la tire le vendredi 26 février 2021. cela peut en effet se justifier par le fait que car depuis un bon bout de temps, une bonne partie de vendeurs à la sauvette s’est levée comme un seul homme pour dire non afin de faire reculer ces actes ignobles. « les femmes se sont déjà tant plaintes. Quand moi, je vois, je les arrête. Même si c’est dans mon couloir où je fais le marché, quand je vois, j’interviens », lance Ives. Dans le même sillage, il appelle les autres à « avoir le cœur d’intervenir puisque c’est pour le bien de tout le monde ».

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Si cette pratique malveillante qui avait oignon sur rue il y a quelques années dans ce vaste marché n’est presque plus d’actualité, il faut saluer ici le travail de globule qu’abattent les forces de sécurité habilitées pour la circonstance. Rendus au poste de police, l’officier de police Atangana nous a donné les détails avec les statistiques de l’année 2020 jusqu’au moment où nous quittions le poste de police du marché Mboppi.

« Ici, en ce qui concerne le banditisme-là, il y avait ça avant, comme ça ne peut ne pas être. Quand on entre au marché, tout le monde n’a pas les mêmes impressions. Ceux qui n’ont rien à faire viennent pour voler », explique dan un premier temps l’officier de police Atangana en service au poste de police en charge de la sécurité au marché Mboppi. Le plus souvent, les personnes inculpées ou soupçonnées sont les « apacheurs » qui postent devant les magasins pourtant il n’en est rien. Cela s’explique quelquefois par le fait que ces voleurs passaient le plus grand temps à leurs côté, usant du même statut qu’eux.

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Avec des rondes que font en permanence les agents de maintien de l’ordre sur tous les point névralgiques du marché des hors la loi ont considérablement reculé et il est rare depuis un bon moment que l’on se plaigne d’avoir été soutiré. « L’année qui finit là, nous n’avons pu avoir dix cas » de vol, dit l’officier Atangana. « Parfois, nous quittons ici à 4h ou à 5h. On ne leur donne pas la chance, au point où ils ne parviennent plus à bien s’organiser », poursuit-il.

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Le phénomène de pickpocket n’est pas seulement une affaire de lieu de commerce. C’est une pratique qui est aussi répandue sur presque tous les secteurs d’activité où l’on peut être discret, en l’occurrence dans les agences de voyage ou des arrêts-bus. Toutefois, les professionnels de la sécurité recommandent le plus souvent beaucoup de vigilance pour échapper à ces pickpockets ou encore voleurs à la tire.

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