Cameroun : les réseaux sociaux et la publication des nudes, ça va dans tous les sens.

by Abdoulaye Raman
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La dernière vidéo en date remonte au 6 juillet 2021. Il s’agit d’un groupe d’hommes et de femmes majeurs s’apprêtant à se livrer à une partie de jambes en l’air en toute collégialité « partouze » dans une pièce close. Ces derniers ont été surpris et pris en images par des corps habillés qui ont par la suite diffusé la vidéo sur la toile au grand mépris de la loi qui régit la cybercriminalité bien que l’acte posé en lui-même par les acteurs du film soit peut-être de mauvais goût.

Plus une semaine ne passe sans que l’on ne se heurte à des vidéos sur la toile qui sont contraires à l’orthodoxie en la matière. Des exercices qui, autrefois étaient sacrés sont désormais mis aux grands jours ; ce qui désacralise d’ailleurs le caractère. Les réseaux sociaux auraient du mal à être bien utilisés au Cameroun.

Les interrogations fusent de partout depuis que cette vidéo est devenue virale sur la toile. Il y en a qui estiment que c’est que tout à fait normal que des gens se retrouvent à un endroit précis pour effectuer leur besogne sans pour autant requérir une autorisation. Pour d’autres, il s’agit là d’une atteinte grave à la pudeur, aux valeurs humaines et sociétales escomptées par tout le monde. Entre proxénétisme et prostitution, les langues se délient.

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Se prendre en image, filmer son proche avec ou sans son consentement ; diffuser sur la toile sans tout au moins requérir l’approbation de l’intéressé, tels sont les différentes attitudes qui garnissent le quotidien de certains Camerounais. Pire encore, certains sont outrés de réaliser que ces personnes qui sont censées tenir le bâton pour influencer ce genre d’écart soient les premières à tenir les rênes sous le prétexte d’un chantage. L’on ignore encore quel peut être de bien-fondé de tels actes ignobles. À cet effet, que dit le législateur camerounais.

Selon Me KONGNE NFONCHI Alex Stéphane, la loi du 21 décembre 2010 relative à la cybersécurité et la cybercriminalité prévoit en son article 74 qu’ « est puni d’un emprisonnement d’un à deux ans et d’une amande d’un à cinq millions quiconque au moyen d’un procédé quelconque porte atteinte à l’intimité de la vie d’autrui en fixant, enregistrant ou transmettant sans le consentement de leurs auteurs des données électroniques ayant un caractère privé ou confidentiel. » Pour apporter des éléments d’étayage à cet article, l’on dirait que ces hommes en tenue en fait irruption dans un domicile sans qu’il n’y ait une quelconque plainte pour violation de domicile, ont filmé des personnes nues sans leur consentement et par la suite ont mis sur la place publique ces images. C’est donc un acte qui ne saurait pas être dissocié de l’atteinte à la vie privée. Or, même s’il faille avoir l’avis des auteurs de video de « sextape ou de partouze » pour les diffuser, cela obéit à un cadre bien précis ; c’est-à-dire les publier sur des sites appropriés.

Toujours sur le même sujet, le conseiller juridique et doctorant en droit rebondit. Il estime que cet exercice, filmé par ces gendarmes, ne saurait pas être taxé d’outrage à la pudeur à partir du moment où ces derniers n’ont pas été surpris en public. « Le simple fait de les voir nus ne veut pas forcément dire qu’il étaient entrain de faire des ébats sexuels », lance-t-il avant de rajouter dans le même ordre d’idées que « ça peut etre qu’ils avaient des photos à faire ou toute autre chose. Ça pouvait même être pour des pratiques. On va aller sur la base que ces personnes qui étaient sur le point de vouloir avoir des rapports d’une nature un peu particulière au regard du nombre de partenaires. On ne va pas à ce niveau dire que c’est une atteinte à la pudeur, non. »

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Cependant, ces gendarmes qui s’arrogeaient le mérite d’avoir démantelé un réseau de pratique sexuelle qui n’implique d’ailleurs pas les mineurs, ont été surpris par la décision qu’a prise le ministre de la Défense, Joseph Beti Assomo. Le chargé de la défense au Cameroun a intimé l’ordre d’interpeller ces derniers qui vont subir la rigueur de la loi.

De l’utilisation des médias ou réseaux sociaux au Cameroun

Les réseaux sociaux au Cameroun tout comme dans plusieurs pays dans le monde constituent une réelle porte d’accès à la personnalité ; visibilité, notoriété, publicité et de tout autre aspect qui puisse être bienveillant. Seulement, au Cameroun, ces outils ne sont toujours pas utilisés à bon escient ou à des fins valeureusement profitables. Entre propension de discours de haine et diffusion des images et des videos peu orthodoxes une catégorie de personne s’y plait.

« Les réseaux sociaux sont un outil indispensable ans le partage d’information de nos jours. Mais malheureusement l’on constate que ses utilisateurs manquent de clairvoyance et de maturité quant à son utilisation », constate Fatima Loumpit, camerounaise résidente à Hambourg en Allemagne. Cette camerounaise de la diaspora dont l’essentielle de ses activités lucrative repose sur le web estime qu’ « il est important de mettre en place une sorte de rééducation sociale quant à l’utilisation des réseaux sociaux. » Bien plus, elle précise que «cette “mauvaise” utilisation est due pour la plupart à l’oisiveté. »

Outre le cas de la video de ces hommes et femmes surpris dans une pièce close, il y’en a qui font aussi légion, et ce, depuis un peu plus d’un mois et demi. De quoi occuper les journées de ceux ou de celles qui n’attendent que ça pour divulguer.

Toutefois, les autorités compétentes s’étant saisies du dossier devront sévir conformément aux usages de la loi camerounais afin que cela interpelle d’autres véreux.

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