Cameroun – LETTRE OUVERTE D’UN GROUPE DE NOTABLE BAMILEKÉS À MGR DIEUDONNÉ WATIO.

by AFRIK INFORM
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《Nous ne sommes pas des malfaiteurs. Rien ne sera plus comme avant.

Monseigneur,
Au mois de juin, vous avez adressé un message au monde entier, à propos d’un de vos prêtres qui avait parlé de quelques aspects de la tradition africaine dont nous sommes gardiens. Nous faisons l’économie de la copieuse et indigne humiliation publique que vous avez infligé à ce monsieur qui est votre prêtre, avec qui vous aviez certainement une rancune et haine que tu tenais à régler.

Nous voulons vous dire brièvement que vous avez démontré que vous ne connaissez pas votre tradition, et vous la jugez du haut, avec une condescendance qui démontre que vous n’avez aucune humilité.

D’ailleurs, pendant que vous accusez votre Abbé de manquer d’humilité, vous faites preuve en même temps d’un défaut criard d’humilité, de retenue, et de regard critique. Ce prêtre avait ouvert une porte pour mieux nous connaître. Vous l’avez violemment fermé. Nous comprenons que la thèse que vous avez écrite servait seulement pour avoir un parchemin. C’est de la malhonnêteté, excusez le terme, mais c’est vrai.

En ce moment, nous vous rassurons que les africains retournent massivement aux sources. Vous nous montrez, comme pasteur que cela ne vous plaît pas. Vous ne pouvez rien contre ce qui est vrai dans l’histoire.

Au cours de la réunion que nous avons tenu en début de ce mois de juillet à Bafoussam, nous avons décidé de vous écrire pour vous avertir que rien ne sera plus comme avant.

Étant donné que vous considérez négativement les traditions dont nous sommes gardiens, nous avons décidé de ne plus vous faciliter la tâche à notre niveau : dons ou legs de terres, procédures foncières et autres. Vous n’aurez plus notre collaboration. Ces mesures pourront être étendus à d’autres niveaux, jusqu’au jour où vous demontrerez clairement que vous avez agi maladroitement.

Monseigneur, vous avez un regard maladroit sur nous et notre travail au service du bien. Ne confondez pas ce que nous sommes avec ce que les sorciers font. Pourquoi baptisez-vous les jeunes qui font le nyang-nyang? Vous avez récemment enterré personnellement de riches laïcs polygames qui ont rang de chefs d’initiation. Certains vous ont donné des millions en public, mais régulièrement en privé. Vous recevez l’argent des gardiens de la tradition et ensuite vous allez insulter un prêtre qui parle de tradition.
De grâce monseigneur Watio, si vous avez un problème à régler avec votre prêtre, n’y mêlez pas ses racines africaines comme alibi.

Pour conclure, vous avez parlé de sagesse. Mais nous, gardiens de la tradition africaine, nous remarquons que vous en avez manqué. On ne parle jamais mal de ce qu’on ne connait pas. On le dit même en classe (philosophie). Nous ne parlons jamais mal d’un collaborateur en public : même l’évangile que vous expliquez parle de correction fraternelle. Vous avez institutionnalisé la correction publique sur votre radio.

Ceux d’entre nous qui vont à l’église continueront à le faire. Mais nos mesures demeurent envers L’Eglise. Nous partagerons avec les autres patriatches et chef traditionnel afin qu’ils jugent de la pertinence de notre point de vue. Mais soyez rassurés, rien ne sera plus comme avant.

Que nos ancêtres présents devant Dieu garde notre pays.》

Amicale des notables et patriarches de la Mifi
kwetkangmifi@gmail.com

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