CAMEROUN :LUTTE CONTRE LE COVID-19, UNE RENTRÉE SCOLAIRE SUR FOND D’INCERTITUDE

by Bertrand Wandji
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Le Cameroun s’apprête à réouvrir les classes d’examens au primaire, au secondaire et dans les établissements supérieurs le 1 Juin prochain. Pourtant, la crise sanitaire liée à la pandémie de Covid-19 connaît aujourd’hui plus que hier, une avancée fulgurante au sein des communautés locales. Le Pays a enregistré officiellement un peu près de 1000 nouveaux cas en 5 jours. Cette flambée de chiffres fait de lui le pays ayant le pourcentage de propagation du virus le plus haut au monde avec 12% par semaine, suivi de l’Argentine et du Brésil qui ont quant à eux 8%.

Malgré cela le gouvernement a jusqu’ici décidé de maintenir l’échéance fixée au cours de la dernière conférence ministérielle. Pourtant, rien de concret n’est fait opportunément pour garantir le minimum de sécurité dans les salles de classe. Le ministre de l’enseignement secondaire, Madame Nalova Lyonga, a récemment adressé une demande à son collègue du ministère de la décentralisation et du développement local pour solliciter l’accompagnement des collectivités locales à la reprise des cours. Selon cette demande, la désinfection des établissements scolaires d’enseignement secondaire et universitaire est impérative et « induit des coûts non budgétisés ». Ainsi donc l’Etat n’aurait alloué aucune ligne financière aux mesures de sécurité préalables à toute reprise éventuelle des cours alors même que les cris de détresse du Ministre de la santé, le Docteur Manaouda, suscite de plus en plus d’inquiétudes au sein de l’opinion publique. Hier le Docteur annonçait sur son compte tweeter que le Cameroun entrait « dans une phase compliquée de la pandémie. Nous devons donc, plus que jamais, nous protéger, protéger nos familles et protéger les autres en observant les gestes-barrières ».

À cause de cette croissance continue, l’incertitude et le doute planent dans les esprits des enseignants et des parents d’élèves qui craignent que le retour dans les salles de classes ne débouche sur une contamination à grande échelle. Un doute légitime car, ce que l’on prend très peu en compte est que le retour à l’école impactera inéluctablement sur d’autres secteurs d’activité dont la forte opération constitue un risque majeur pour les infections.

Les syndicats d’enseignants du Cameroun ont par ailleurs critiqué la décision unilatérale du gouvernement quant à cette reprise de cours et exige que des moyens soient mis à la disposition des élèves et des enseignants pour leur protection dans les salles de classes (masques, gels hydroalcoolique, distanciation sociale, primes de risque) faute de quoi ils appèleraient leurs collègues à rester chez eux le 1er Juin. Certains enseignants militent quant à eux pour que leur ministère de tutelle sursoie à ce troisième trimestre de tous les risques et passe immédiatement à la phase des examens. Avec un taux de couverture des programmes de 60 pour-cent cette solution semble pour l’instant être la plus juste et la plus réaliste car après tout, à quoi servirait un autre trimestre qui ne se conclurait pas par des examens habituels?

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