CAMEROUN: LUTTE POUR L’ALTERNANCE : CES ARTISTES QUI S’Y MÊLENT.

by AFRIK INFORM
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Porte-paroles des sans-voix, plusieurs artistes-musiciens camerounais utilisent leur talent pour dénoncer le pouvoir et les injustices du terroir. Au travers de textes souvent crus et révolutionnaires, ils n’hésitent pas à affronter le gouvernement en place, avec tous les dangers encourus. Certains risquent leur vie pour faire valoir leurs convictions. D’autres passent par les cases prison et cellule.

Au rang de ceux-ci, le rappeur Valsero; chanteur populaire et farouche opposant au Président Paul Biya. L’artiste a surtout connu son envol grâce à son titre « lettre au Président » paru en 2008 et qui a beaucoup contribué à bouleverser la conscience de la jeunesse face à la situation politique de son Pays et la misère de sa condition. Depuis lors il a fait de son rap un vecteur de dénonciation, de mobilisation et d’engagement politique. Cet engagement l’aura conduit en Prison le 26 Janvier 2019 où il a passé 09 mois aux côtés de Maurice Kamto.

Plusieurs mois après sa libération le général Valsero maintient le cap. Entre ses « suppositoires » et ses séances de « dézombification sous fond d’exorcisme », l’artiste ne s’arrête pas de faire du RAP. Il a publié ce 25 Juin 2020 un nouveau single intitulé « Les Loups sont de sortie »; un titre très apprécié par les internautes sur les réseaux sociaux et qui appelle ses camarades de lutte à plus de voracité dans le combat qui est le leur, tout en peignant sous un mauvais jour le régime au pouvoir.

Pour Valsero, « La musique est le meilleur moyen de sensibiliser le peuple à la révolte et de dire qu’on peut avoir mieux si on l’exige ». Elle est selon lui la meilleure chance « d’agir sur les mentalités » des camerounais.

•••Richard Bona et la lutte contre la crise anglophone•••

Dans cette bataille anti-système d’autres artistes ont appris à lever la voix. C’est qu’en fait, la guerre dans les régions anglophones a profondément modifié le regard que portent les artistes sur le Cameroun. Cela a poussé ces derniers à délaisser une forme totale d’exaltation pour consacrer du temps à la dénonciation de la violence et de la barbarie. Tel est le cas du grand bassiste Richard Bona qui a dernièrement fait de son art son cheval de bataille contre le pouvoir de Yaoundé. En moins de quatre mois seulement l’artiste a composé et produit deux titres sur la situation sociopolitique au Cameroun. Le premier titre, « ngarbuh » rend hommage aux sinistrés de ce village qui périrent en février dernier sous le feu d’un groupe de soldats de l’armée camerounaise. Le second quant à lui, « allô Fokou », met à nu la brutalité d’un système allergique à quelle que critique que ce soit; qui « incite à la haine à l’heure de son bilan » et « brûle les villages au lieu de dialoguer ». Ce second titre très couru a connu au moins 220 reprises, chacune y allant de sa propre inspiration, dans le cadre d’un challenge que l’auteur avait lui-même initié.

La rupture entre Richard Bona et le régime au pouvoir naît définitivement lorsqu’après le décès de sa maman le gouvernement a tout mis en œuvre pour empêcher au fils de retourner au Cameroun rendre un dernier hommage à son parent. Depuis lors beaucoup d’eau a coulé sous les ponts. En Juillet 2019 il a fait annuler une invitation qui avait été préalablement adressée au Chef de l’Etat Paul Biya par des Japonais pour un sommet international à Tokyo, arguant qu’il s’abstenait d’y chanter si celle-ci était maintenue.

À côté de ces deux artistes il y’a des vieilles voix de la musique révolutionnaire telle que celle de Longue Longue qui a régulièrement payé le pris fort de son engagement. Seulement, l’artiste est resté droit dans ses bottes: « ma liberté de penser ne changera jamais », aime-t-il à le dire régulièrement. Le 19 Juin dernier, à la demande de Maurice Kamto, il avait été reçu par le trésorier national du MRC, le Professeur Alain Fogue et Olivier Bibou Nissack Porte-parole du leader de ce Mouvement pour qui l’artiste a beaucoup de respect. Le motif de cette rencontre était soutenu par un mot d’encouragement de Maurice Kamto à l’endroit du « Libérateur » au regard de toutes les frustrations dont il est victime suite à son activisme.

Ainsi, malgré un environnement politique difficile, miné par les intimidations, les arrestations, les tentatives de corruption, mais aussi la censure dans les médias, la voix de l’artiste révolutionnaire n’est pas entièrement éteinte au Cameroun. Bien au contraire, elle semble se lever davantage. On peut le voir avec Charlotte Dipanda et Kareyce Fotso qui ont récemment brisé le silence pour apporter de l’intérêt à la situation de leur pays.

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