CAMEROUN : OCTOBRE, LE MOIS DE L’HORREUR ET DE LA TERREUR?

by Larissa Tchinda
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Au Cameroun, le mois d’octobre censé être un symbole d’unité et de fraternité, de cohésion et de célébration, semble depuis un moment avoir choisi de faire bon ménage avec le malheur. De la catastrophe d’Eseka, au drame de Ngouache, en passant par la crise anglophone avec en prime le carnage de Kumba, le Cameroun est en passe de malédiction chaque mois d’octobre depuis 2016.

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Les larmes et le sang semblent avoir trouvé leur mois de célébration au Cameroun. Depuis 2016, Octobre se démarque comme étant le mois de douleurs intenses, le mois de deuil national, affectant l’ensemble de la communauté internationale.

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Le 1er octobre 2016, des dizaines d’avocats originaires des régions du Nord-ouest et du Sud-ouest du Cameroun, ont manifesté à Bamenda, chef-lieu du Nord-ouest. Ces avocats anglophones protestaient contre le manque d’une version anglaise de textes indispensables à leur corps professoral, l’affectation dans les régions anglophones de magistrats maîtrisant la langue anglaise. dans le même ordre, la création au sein de la Cour suprême d’une section spéciale chargée des recours contre les décisions rédigées en anglais et la création d’un département «Common Law» à l’Ecole de la magistrature.

Cette date symbolique de réunification, qui marque en principe l‘union et l’unicité du peuple camerounais, marquera ainsi en 2016, le début de la crise dite anglophone ; cette crise sanglante qui jusqu’aujourd’hui arrache des vies et menace la tranquillité de tout un pays.

Le 1er octobre 2017, plusieurs manifestations ont été organisées dans les régions anglophones, malgré les mesures de sécurité prises par les autorités de ladite région. Les manifestants ont été dispersés à coups de gaz lacrymogènes et à balles réelles. D’après Amnesty International, «plus de 20 personnes ont été illégalement abattues par les forces de sécurité».

Dans un communiqué, le Réseau des défenseurs des droits humains en Afrique Centrale (Redhac) dressait un bilan d’au moins cent manifestants décédés suite aux «tirs à balles réelles des forces de défense et de sécurité et par suffocation de gaz lacrymogène absorbé en grande quantité».

Le même jour, aux premières heures de la matinée, la prison de Kumbo, est attaquée et incendiée. Cinq prisonniers sont abattus selon le porte-parole du Gouvernement. Dans la même veine, le 2 octobre 2017 plusieurs personnes essayaient de traverser la frontière pour le Nigéria voisin pour échapper aux affres que perpètrent les groupes armés. Toujours durant la même période, plusieurs autres personnes étaient interpellées et entassées dans des prisons.

Le 8 novembre 2017, un Couvre-feu est décrété suite à une attaque, par des activistes «lourdement armés» contre les forces armées camerounaises à Bamenda, faisant deux morts parmi les soldats. Le 28 novembre 2017, une attaque aux armes légères fait état de quatre morts parmi les soldats dans un village du Sud-ouest. Cette attaque intervient un jour après la publication d’une vidéo par les groupes armés se réclamant d’”Ambazonia”, une république imaginaire se trouvant dans le nord-ouest et sud-ouest du pays.

Le 29 novembre 2017, une nouvelle attaque dans la localité Otu, Sud-ouest, près de la frontière avec le Nigéria cause la mort de deux personnes parmi les forces de maintien de l’ordre. Indigné, le gouvernement promet de riposter. Depuis ce moment, les attaques se sont multipliées dans ces régions en crise. Des milliers de morts et de blessés graves tout comme les milliers de déplacés internes, rien ne va plus.

Le 24 Octobre 2020, toujours dans le cadre de cette crise, des hommes armés encore non identifiés ont pénétré le Mother Francisca International Bilingual Academy à Kumba, dans le Sud-ouest. Ces derniers ont tué au passage 07 élèves et ont laissé une douzaine de personnes gravement blessées. Le bilan insoutenable. Il s’agit ici des personnes innocentes dont des enfants tués ce jour. Un carnage qui a très rapidement suscité du remue au sein de toutes les couches sociales au Cameroun et dans le reste du monde. Tous sont décidés à dire STOP à cette guerre.

Un regard rétrospectif nous plonge aussi sur des épisodes tristes de l’histoire au Cameroun, surtout pour le mois d’octobre. Le 21 Octobre 2016, un déraillement survient à 13 h 30, près de la gare d’Éséka sur la ligne de Douala-Yaoundé. Le nombre de Wagons initialement prévus avait été augmenté en lieu et place de 9 comme à l’accoutumée. Selon le communiqué officiel, le bilan était de 79 morts et 551 blessés. Ce qui a laissé plusieurs familles au bord des larmes.

Le 29 octobre 2019, la ville de Bafoussam dans la région de l’Ouest est endeuillée elle aussi. Cette fois, il s’agit d’un glissement de terrain à Gouatchié1, situé à environ 1 532 m d’altitude2. Le bilan fait état de 43 morts et de nombreuses autres victimes. Cette catastrophe survient suite à une pluie diluvienne qui s’est abattue la veille  aux environs de 22h.

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