Cameroun : Paul Biya n’a plus tenu de conseil des ministres depuis janvier 2019.

Cameroun : Paul Biya n’a plus tenu de conseil des ministres depuis janvier 2019.

by Abdoulaye Raman
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Le dernier conseil des ministres que le président Paul Biya a présidé remonte à janvier 2019. C’était d’ailleurs le tout premier de ce nouveau septennat. Qu’est-ce qui peut justifier qu’il y’ait une faible fréquence de tenue de conseils et des informations absentes quant à la périodicité de ces derniers ? des interrogations qui fusent de partout. D’aucuns vont même jusqu’à évoquer l’hypothèse de l’absence du président à Etoudi ou encore son inaptitude à conduire le pays.

Si descendre sur le terrain pour la supervision des chantiers prévus ou entamés jusqu’à la livraison constituerait un réel souci ; l’on est à même de dire que le rassemblement de tous les ministres de la république autour d’une table est l’un des moyens à partir desquels le chef de l’Etat Paul Biya parvient à attirer l’attention de ceux sur qui il a placé sa confiance quant à certains manquements dans le cadre de l’exercice des fonctions auxquelles ils ont été affectés. Sauf que, les choses semblent être situées aux antipodes des attentes de plus d’une personne.

Conseil des ministres : Ce que Paul Biya a dit aux ministres du  gouvernement Dion Nguté Joseph 1 en 15 minutes

Le conseil des ministres est une réunion prévue par la constitution camerounaise en vue de se concerter et adopter certains actes importants recommandés par le chef de l’Etat. Dans le cas d’espèce, sont généralement le président de la république, le premier ministre, les ministres sans ou avec portefeuille.

C’est exactement le 16 janvier 2019 que s’est tenu au palais présidentiel d’Etoudi à Yaoundé la capitale camerounaise, le dernier conseil des ministres pour ce nouveau « septennat des grandes opportunités » encours depuis 2018. Une grande rencontre qui a bien évidemment été suivie par un remaniement ministériel. Lequel remaniement s’est fait au moment où les remous sur la lenteur et les détournements des fond liés à la constructions des infrastructures battaient leurs ailes.

Dans un pays ou le développement peine à être mis en branle sur tous les plans à l’effet de certains haut commis de l’Etas inconséquent, le conseil des ministres qui apparait comme étant un cadre de concertation de prise de décision importantes devient nécessaire voire même impérieux. C’est à partir de là que certaines velléités son mises à nu en vue de faire des ajustements multiformes.

« le conseil des ministres est parmi les organes de concertation et apparait comme l’organe le plus élevé dans la coordination interministérielle »m explique le le Dr Ambroise Louison Essomba. Les camerounais se posent bien de questions. Celle de savoir les raison de la non tenues des conseils ; quoi de plus normal. « Quand nous lisons l’instruction générale du 4 juin 1998m il en ressort que c’est une institution qui se tient périodiquement » ; ajoute t-il. Si l’on s’en tient aux propos du Dr Ambroise Louison Essomba, aucune disposition ne tables sur la périodicité de la tenu des conseils ministériels au Cameroun. Selon d’analyste politique, la loi camerounaise rend facultative la tenue de cette instance qui regroupe tout les membres du gouvernement de Joseph Dion Ngute. Il précise notamment dans le même ordre d’idées que « cette instance ne peut pas remettre en cause les actes du président de la république. C’est peut-être ce qui peut justifier qui n’y ait pas cette tenue permanente du conseil des ministres. »

Dans un cas bien général connu de tous les camerounais, cette grosse réunion de concertation au sommet du gouvernement, présidée par le chef de l’Etat intervient le plus souvent à la suite d’un remaniement ministériel pour favoriser une prise de contact entre le président et les nouvelles recrues au sein du gouvernement. Le conseil ministériel du 16 janvier 2019 en est une parfaite illustration. En outre, cela s’opère aussi généralement après qu’il y’ait eu un mouvement d’humeur impactant la scène politique nationale ou menaçant l’intérêt supérieur de l’Etat.

Paul Biya ne veut-il plus contrôler et diriger le pays?

Le moins que l’on puisse dire est que les camerounais se posent cette question avec acuité et mettent surtout ce pan sus-évoqué en avant. Dans plusieurs pays africains à l’instar de la cote d’ivoire dirigée par le président Alassane Dramane Ouattara ; les conseils des ministres se tienne tous les mois en vue de l’évaluation des travaux des différents chefs de département ministère et des recommandation pour le respect des feuilles de route élaborées pour l’atteinte des objectifs fixés par le sommet de l’Etat dans sa politique.
Même s’il faille admettre que la pandémie joue un rôle significatif, empiétant sur la tenue de certains rassemblement sur l’étendue du territoire, il n’en demeure pas moins vrai qu’avec l’évolution des technologies, il est plus évident aujourd’hui de tenir de réunion en visioconférence qu’en présentiel.

Considérant que le conseil peut être présidé par le premier ministre dans un cas exceptionnel et suivant un ordre du jour ben établie, bon nombres veulent savoir les raisons pour lesquelles le président ne veut pas déléguer pas cette tache à ce dernier. Surtout au moment où de fortes accusations de détournement de fonds affectés pour la gestion de crise sanitaire actuelle bat son plein. « si le président de la république n’est pas disponible ; il peut déléguer de manière expresse la présidence de cet organe au premier ministre chef du gouvernement », précise le Dr Ambroise Louison Essomba.

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« Pour l’heure on n’arrive donc pas réellement et sérieusement à expliquer ce qui peut justifier la non tenue de cet organe pourtant important dans le cadre la coordination verticale de échanges au sommet de l’Etat », s’interroge t-il.
Si l’on reconnait que selon les textes de la constitution, le premier ministre Joseph Dion Ngute n’est pas en droit de faire pression sur son patron pour que cette réunion dont le bien-fondé n’est plus à démontrer, à quand pourrait-elle alors être évidente ? Une question dont les uns et les autres chuchotent dans le long des rues. Tout compte fait, seul le président de la république, Paul Biya saura en temps opportun réagir.

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