Cameroun : Que s’est-il réellement passé au parquet de Foumbot.

by Abdoulaye Raman
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La ville de Foumbot, située dans le département du Noun à l’Ouest du Cameroun a été le théâtre d’un mouvement d’humeur violent et meurtrier ce lundi 3 mai. Des populations en furie ont pris d’assaut le tribunal de première instance de Foumbot, le mettant en feu. Qu’est-ce-qui a bien pu provoquer cette horreur qui a laissé de lourdes conséquences au passage?

C’est une situation qui a été incontrôlable par les autorités judiciaires de la circonscription. Il semblerait que la justice Camerounaise n’a toujours pas renoué avec les bonnes et meilleures habitudes quant au traitement des détenus ou prévenus, à lire les commentaires qui ont circulé durant ces heures. La manière avec laquelle les détenus sont pris en charge est contraire à l’orthodoxie en la matière. La goûte d’eau aurait donc débordé le vase ce lundi 3 mai 2021 dès les premières heures de la matinée et il fallait en découdre.

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En effet, à l’issue d’une décision de justice, quatre revendeurs de produits pharmaceutiques dans la rue ont été condamnés à 3 ans de prison ferme avec une amende de 3 millions de FCFA pour chacun à payer. Cela n’est pas le problème. Il est ailleurs. Le nommé Jean Louis, un des condamnés souffrait déjà d’une insuffisance rénale et requérait dans les brefs délais une prise en charge sanitaire dans afin de recouvrer sa santé normale et poursuivre sa purge. Sauf que, en dépit d’avoir présenté son dossier médical au procureur de la république de Foumbot, sous couvert de son médecin traitant, il n’a pas eu de retour favorable lui permettant d’être extrait de sa cellule pour un centre de santé. Le procureur ne lui a pas procuré un agrément lui permettant d’aller se faire soigner.

N’ayant plus d’autres issues, le sieur Jean Louis, très connu dans la ville, est resté sans soins dans sa cellule jusqu’à ce que son état se dégrade. Après l’avoir découvert allongé au sol entre les quatre murs de sa cellule, l’on tenté de l’emmener dans un centre de santé à l’improviste. Mais hélas, il va passer de vie à trépas sur le chemin de l’hôpital. C’est donc cette situation qui viendra mettre le feu au poudre dans cette localité.

Pris de colère, les jeunes des quartiers environnants, vont s’en prendre à la fois au procureur de la république et au bâtiment public. Par une bonne grâce, les le patron des lieux a pu prendre la poudre d’escampette ainsi que les magistrats qui y étaient avant que les populations n’incendient le tribunal.

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Le Groupement Mobile d’Intervention (GMI) de Bafoussam a été alerté. Il est intervenu des minutes après avec des antiémeutes pour tenter de disperser ces foules en furie bien que n’ayant pas été facile. C’était comme une véritable scène de guérilla. Une vive altercation entre le forces de maintien de l’ordre et les manifestants. Jets de grenades lacrymogènes par les FMO, riposte des assaillants avec de projectiles (cailloux, morceaux de bois, et autres objets). Une scène qui aura duré au-moins 5 heures d’horloge, faisant un bilan de 1 morts côté assaillants et 5 blessés, si l’on ne prend en compte la mort du vendeur de produits pharmaceutiques à là sauvette.

Voulant s’imprégner de la situation, le préfet du département du Noun et le commandant de brigade de Foumbot ont loupé la mort de justesse au moment où les flammes envahissaient les compartiments du bâtiment administratif. Le parquet a donc été réduit en cendre et aucun document n’a pu être récupéré.

Selon des appréhensions des uns des autres, ce n’est pas la promptitude du gouverneur de la région de l’ouest, Awa Fonka Augustin à se rendre sur les lieux depuis Bafoussam qui aura installé l’accalmie. L’on concède ce mérite au monarque Ibrahim Mbombo Njoya le sultan roi des Bamoun, arrivé sur le terrain illico presto à la demande du numéro 1 de la région. En tant que père de famille au moyen des paroles tendre et conciliatrices, il a su calmer les ardeurs des jeunes échauffés. Bien plus, il leur a demandé de formuler des lettres qui lui parviendront au palais sous peu afin qu’une esquisse d’arrangement soit mise en exergue.

A entendre les manifestants en furie et les commentaires sur la toile, le procureur de la république en service au tribunal de première instance de Foumbot est coutumier de l’abus d’autorité sur les usagers depuis son arrivée. C’était le moment de exprimer le mécontentement au regard de son comportement.

Mais que dit donc la loi en matière de d’évacuation d’un détenu malade !

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Selon la loi Camerounaise, lorsqu’on a fait l’objet d’un mandat de dépôt ou d’incarcération, et que pendant l’exécution dudit mandat on est malade, on doit suivre son traitement à la maison d’incarcération ou de dépôt (prison).
Mais toutefois, lorsque la détérioration sanitaire dûment constatée par l’autorité judiciaire suite à la présentation du dossier médical du concerné par son médecin traitant et son état physique s’avère grave, la loi donne la latitude au magistrat de décerner au profit de ce dernier un mandat d’extraction lui permettant de suivre son traitement dans un centre de santé sous le contrôle d’un gardien de prison.

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