Cote d’ivoire : Laurent Gbagbo et Ble Goudé seront fixés sur leurs sorts ce jour.

by Abdoulaye Raman
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L’ex-président Laurent Gbagbo et son homme de main ont été acquittés depuis le 19 janvier 2019 à la CPI à la cour pénale internationale. Sauf que depuis lors, ils n’ont jamais eu la possibilité de retourner dans leur pays, la cote d’ivoire. Ce mercredi, la cour va tabler sur leur acquittement définitif ou non.

Le procès de ces deux leaders politiques de la cote d’ivoire a été ouvert devant la plus haute cour de justice à la Haye en janvier 2016. Ils étaient d’alors accusés de crime contre l’humanité à la suite des élections présidentielles de 2010 en cote d’ivoire. Une période qui a froidement été sanglante. La CPI doit statuer ce mercredi sur ces acquittements. Elle pourrait confirmer leurs acquittements et ainsi mettre un terme à l’affaire, le cas échéant, ouvrir la voie à un nouveau procès, souhaité par l’accusation.

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Ce qui interpelle plus l’attention de tout le monde devant la cour, c’est l’intervention de la procureure Fatou Bensouda. Son bureau présente de nombreux documents et appelle près de 80 témoins à la barre, dont des responsables militaires et politiques. L’objectif majeur ici est de démontrer aux yeux de tous que l’ancien président et Charles Blé Goudé faisaient partie d’un « cercle restreint », qui avait établi un « plan commun » pour se maintenir au pouvoir, au lendemain de résultats contestés fin 2010 ; ce qui pourrait justifier les violences postélectorales.

Selon le premier substitut du procureur, Eric MacDonald : « Les preuves montrent que Laurent Gbagbo recevait des informations sur la préparation et la conduite d’attaques, et qu’il donnait des instructions ». Il poursuit en disant qu’il n’est pas utile de démontrer qu’un plan commun a été établi en tant que tel : un plan commun peut ne pas être écrit, ni explicite. Mais il peut être déduit à partir des faits. « Notre thèse est que Laurent Gbagbo avait donné des ordres qui ont abouti à la commission de crimes. Par exemple, le 15 décembre 2010, en envoyant des troupes contre des opposants politiques qui marchaient dans les rues d’Abidjan, Monsieur Gbagbo était +au minimum+ au courant que des crimes allaient se produire », rajoute t-il.

La partie de Laurent Gbagbo reste catégorique en ce que le procureur n’a pas suffisamment de preuves pour attribuer de manière rigoureuse les victimes aux quatre incidents allégués de ce procès. Ils remettent par ailleurs en question l’indépendance et la fiabilité des expertises médico-légales présentées par le procureur.

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Pour rappel, le secrétaire général du FPI par la voix de Laurent Gbagbo avait annoncé en début du mois de mars le retour de ces derniers à la mi-mars ; sauf qu’à la dernière minute, il y a eu un changement dû à la prononciation définitive sur leur acquittement ou non pour ce jour. Il faut donc dire qu’ils sont attendus par presque toutes les communautés ivoiriennes aux fins de tabler sur les possibilités de recoller les morceaux après une élection présidentielle largement contestée à l’effet d’un nouveau mandat de l’actuel président.

Le délibéré sera rendu en direct à 15 h ce mercredi après-midi, à La Haye.

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