COVID-19 ET AGRICULTURE : LE CALVAIRE DES CULTIVATEURS DE TOMATE AU CAMEROUN.

by AFRIK INFORM
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C’est une véritable descente aux enfers que subit depuis quelques semaines les cultivateurs de tomates au Cameroun. Habitués pour la plupart à l’exportation de leurs produits vers les pays voisins de la sous-région, l’interruption des chaînes d’approvisionnement par la fermeture des différentes frontières a mis les moyens d’existence de ces agriculteurs en coupe réglée en créant sur le territoire national une situation de surproduction de la tomate.

•••Chute drastique du prix de cageot•••

La conséquence directe de cette surproduction est la baisse considérable du prix du cageot de tomates sur le marché Camerounais. Autrefois vendu à 5000 ou 6000 fcfa, il coûte désormais 800 FCFA dans les capitales économiques et politiques du pays et 400 FCFA dans les zones rurales.

Un gros creux de la vague pour ces cultivateurs dont les dépenses de production au panier s’élèvent parfois à 4000 FCFA pour certains, 3150 FCFA pour d’autres: « ce prix de revient englobe à la fois le coût de location des champs, le coût des semences, de l’entretien de la plante et le coût des récoltes », nous explique Cedric Siewe, jeune cultivateurs de Tomate au Quartier Awae à Yaoundé.

C’est donc un gouffre profond pour ces personnes qui ont fait de cette activité leur source de vie. Pour certains, la situation est bien plus compliquée. C’est à la faveur de nombreux emprunts qu’ils étaient parvenus à investir dans la culture de ce légume, comptant que la commercialisation se passerait comme à l’accoutumée: « c’est ainsi que nous finançons notre production habituellement. Nous empruntons de l’argent dans les réunions, certains empruntent dans les banques en mettant en gage le titre foncier de leur terrain. Ce n’était jamais un problème parce qu’on arrivait à rembourser immédiatement après les récoltes et on trouvait notre compte. Aujourd’hui la situation est extrêmement grave. Moi non plus je ne sais où mettre la tête. J’ai des dettes dans plusieurs réunions comment je les rembourse? C’est chaud!», alarme le jeune cultivateurs d’Awae avec qui nous nous sommes entretenu.

Selon certaines sources un cultivateur aurait mis fin à sa vie dans la ville de Foumbot la semaine dernière à la suite de cette chute brutale des prix sur le marché. Il aurait emprunté douze millions de FCFA pour investir dans la production de la tomate cette année. Le drame actuel de son secteur d’activité l’aurait ainsi poussé à la dépression, y voyant une impasse pour le remboursement de ses dettes. Pourtant, si les jours sont sombres pour les cultivateurs, l’atmosphère est festive chez les consommateurs qui n’ont pas du tout l’air de se soucier de cette situation alarmante. Pour eux, c’est plus une période de vache grasse et il faut profiter au maximum avant que la situation ne se rétablisse.

•••Le rêve à l’aide de l’Etat•••

Le sort n’est pas tout à fait scellé. Il reste une dernière issue pour les cultivateurs de tomates. Ils s’en remettent au gouvernement qui pourrait « acheter et transformer ces fruits en jus et en sauce consommable sur plusieurs mois ». Cela pourrait permettre aux jardiniers d’amortir, à défaut de les recouvrer, les dépenses de production et de procéder au remboursement tout au moins partiel des emprunts effectués. Mais l’Etat Camerounais a-t-il réellement les moyens industriels pour envisager cette solution ? La Société des Conserveries Alimentaires du Noun (SCAN) qui avait été conçue pour la transformation des tomates et autres fruits a depuis longtemps croulé sous un mauvais management et a ses restes abandonnés dans la ville de Foumbot. L’espoir des cultivateurs pourrait être vain!

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