GABON – MONARCHISATION DU POUVOIR : CRIS D’ALARME !

by Abdoulaye Raman
0 comment

À la faveur d’un décret présidentiel de 2019, Noureddin Valentin Ben, le fils du chef de l’État gabonais a été nommé Coordinateur général des affaires présidentielles. Au fil du temps, l’opposition fait un constat selon lequel il prendrait progressivement les rênes du Palais du bord de mer. C’est un choix digne d’une pilule amère à avaler par la coalition de l’opposition gabonaise.

À 28 ans seulement, Noureddin Valentin est fait responsable des affaires de toute une république. Une grosse charge qui est vue sous un autre prisme par le Camp d’en face. Ici, aucun dossier ne peut être validé sans qu’il ne soit avisé pour son quitus ou non. Coordinateur général des affaires présidentielles, il est devant la barre.

A lire aussi : GABON – POLITIQUE : JEAN PING APPELLE A LA DÉCLARATION DE LA VACANCE DE POUVOIR. AFRIK-INFORM

L’opération scorpion est une initiative au Gabon qui vise à mettre aux arrêts ou d’emprisonner toute personnalité soupçonnée de détournement de deniers publics. Ainsi donc, plusieurs ministres et cadres du palais ont été placés derrière les geôles en novembre 2019. C’est après ce réaménagement du gouvernement gabonais que le père Ali Bongo a décidé de rapprocher son fils Noureddin vers lui.

La nomination de Noureddin Bongo surgit un mois après le début de la vaste opération anticorruption qui a conduit au limogeage de l’ancien tout-puissant directeur de cabinet de la présidence, M. Brice Laccruche Alihanga en novembre 2019. La même opération Scorpion a conduit à l’arrestation d’une vingtaine de personnalités de premier rang, par lesquelles trois ministres, et 13 autres incarcérés pour détournements de fonds publics entre autres.

Si pour l’opposition la nomination de Valentin Bongo est l’expression d’une stratégie de « monarchisation » du pouvoir, le palais quant à lui rejette en bloc toutes ces hypothèses. Pour le porte-parole de la présidence, Jessye Ella Ekogha, cette nomination n’a pas été faite à dessein. Selon lui, le chef de l’Etat gabonais Ali Bongo Ondimba n’a pas nommé son fils Noureddin à la tête des services de la présidence pour en faire son “poulain” en vue de la présidentielle de 2023 qui approche d’ailleurs à pas majestueux, mais pour ses “compétences” dont il fait montre et surtout la “confiance absolue” qu’il a en lui.

A lire aussi :GABON – CORONAVIRUS : ALI BONGO INSTAURE LE CONFINEMENT TOTAL AVEC MESURES D’ACCOMPAGNEMENT.

L’état de santé chancelante d’Ali Bongo en majorité ce qui anime jusqu’ici les interrogations des Gabonais en général et les partis politiques de l’opposition en particulier. Pour eux, Ali Bongo a l’intention au vu de sa “faible mobilité” de faire du gré-à-gré. Peu de temps après sa prise de fonction, Noureddin s’est rendu à l’Elysée en février dernier où il a eu un tête-à-tête avec le conseiller Afrique d’Emmanuel Macron, Franck Paris. Ce qui démontre à suffisance que celui que bon nombre appellent « prince héritier » prend les choses en main.

En rappel, si aujourd’hui Ali Bongo est aussi sur le trône, c’est proprement à dire que lui aussi, il avait été propulsé au cours des années 2000 à de hautes fonctions dans l’administration. Il est démis le 30 août 2009 de ses fonctions de ministre de la Défense pour être candidat à la présidentielle après le décès de son père Omar Bongo.

A lire aussi : GABON: CONTRE TOUTES ATTENTES, L’ASSEMBLÉE NATIONALE ACTE LA DÉPÉNALISATION DE L’HOMOSEXUALITÉ.

Pour piétiner les appréhensions de l’opinion nationale et internationale, la présidence avait fait savoir que l’attribution des postes responsabilité au palais à des proches d’une famille n’est en rien une dévolution du pouvoir en préparation. Le cas des États-Unis d’Amérique où le président Sortant Donald Trump travaille en étroite collaboration avec des proches de la famille est pris comme un fort alibi.

Noureddin depuis sa nomination s’attelle de “veiller à la stricte application” des décisions prises par son père président depuis qu’il a été nommé.

Noureddin a-t-il vraiment des ambitions présidentielles?

Faut-il le dire, au courant des années 2014, il était comme ces styles de fils et filles de chefs d’État à ne pas jeter le regard envieux à la politique, et se faisait plutôt du bon beurre dans le monde des affaires. À cette époque, il était le DGA de Olam Gabon. Dans la foulé, il est aussi propriétaire Shanah Investment basé à Londres et de Mayena Foods de Libreville, une chaîne de restauration.

Si aujourd’hui, il a décidé de se mettre sous les feux de projecteur de la politique, il n’en demeure pas moins qu’il veuille être lui aussi en 2023 une autre perle qui constitue la chaîne Présidentielle de la “dynastie Bongo”

A lire aussi : GABON – DIPLOMATIE : FAURE GNASSIMBE, SEUL PRÉSIDENT AFRICAIN AU CHEVET DU PRÉSIDENT ALI BONGO DEPUIS SON RETOUR. AFRIK-INFORM

Par assimilation, Joseph Kabila a pris le pouvoir en RDC sous de fortes acclamations et Faure Gnassingbé par le fruit d’un forcing au Togo ont respectivement remplacé leurs papas en 2001 et 2015 après que ceux-ci soient décédés. Mais depuis que les données ont changé, et ce, avec l’avènement des peuples beaucoup plus éveillés, il est désormais très difficile, voire même impossible que ce genre de phénomène se reproduise. Qu’à cela ne tienne, le peuple gabonais devra faire face à la présence du fils Valentin Édouard Bongo auprès du père Ali Bongo.

Enregistrez votre adresse e-mail sur notre site internet pour recevoir nos articles.

Afrik-inform.com, l’info en un clic.