Guinée Conakry – Concertations nationales : les participants sont satisfaits.

by Abdoulaye Raman
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La transition est la seule chose en vue, et pour ce faire, la junte qui a renversé le président Alpha Conde, le 5 septembre dernier a organisé des concertations nationales, réunissant des leaders de partis politiques et de la société civile. Au cours de cette rencontre qui se poursuivra jusqu’à vendredi 17 septembre, la satisfaction est le maître-mot face de l’initiative prise. Même le RPG, parti du président déchu était présent.

Un nouveau vent a commencé à souffler en république de Guinée Conakry. Cela est sans doute passé par la décision du président, le Lieutenant-Colonel Mamady Doumbouya d’entamer : les concertations nationales avec toutes les forces vives du pays. Durant ce rendez-vous historique, la parole est donnée à qui veut la prendre ; ici, dans l’optique d’apporter soit des critique sur les intentions du CNRD ou des suggestions et des appréciations positives quant aux reformes engagées depuis le coup de force du 5 septembre dernier.

« C’est une transition qui doit aller au minimum à 24 mois. Minimum pour la simple raison que l’adoption d’une nouvelle constitution, son élaboration, son adoption et sa vulgarisation et la mise en place d’institutions qui doivent supporter la constitution avant les élections – on ne peut pas massacrer ces étapes » ; a déclaré Dansa Kourouma, Président du Conseil national des organisations de la société civile. En effet, il n’est pas question pour cette organisation de mettre la pression sur la nouvelle équipe dirigeante en place, car les choses se feront progressivement, et ce, avec l’aide et la collaboration de tous les Guinéens.

La patience est le terme sur lequel les participant quelles que soient les chapelles politiques ont longuement épilogué. « Nous ne voulons pas qu’on impose un calendrier qui va être trop court. Pour bien balayer cette maison de la Guinée qui est trop sale, il faut beaucoup de balais, il faut être patient. Je ne dis pas de donner assez de temps à la transition parce que l’appétit vient en mangeant, mais il faut qu’on pense à un délai raisonnable pour pouvoir régler des questions qu’on n’a pas pu régler depuis l’indépendance jusqu’à nos jours » ; ajoute Kpana Emmanuel Bamba, Président de la Ligue guinéenne des droits de l’homme.

Les femmes ont su se démarquer durant le conclave. Au chef de la junte, elles ont exprimé le vœu de d’être incluses dans les diverses activités autour de la transition et au-delà. Elles veulent par ailleurs appartenir dorénavant aux hautes sphères de décision dans le pays comme on le voit dans d’autres pays africains.

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« Nous voulons participer à la rédaction des textes, nous voulons participer à la gestion du pays, et pourquoi pas ? Demander le poste de Premier ministre pour une femme. Depuis 63 ans que la Guinée est indépendante, aucune femme n’a jamais occupé le poste de la primature » a dit Mariama Satin Diallo Sy, ancienne ministre de la Guinée, porte-parole de la Coalition des femmes de la société civile.

En dehors de la réunion qui aura connu la présence de tout le monde, le président de la transition Mamady Doumbouya a convié les leaders des partis politiques à une autre à huit-clos où il a et d’une oreille très attentive face aux différentes propositions.

Le rendez-vous historique qui procure de la fierté

Pour recoller les morceaux, il aurait fallu qu’il y ait une personne à même de prendre les choses en main aux fins de transporter les aspirations du peuple qui avait grand besoin du changement. Les interventions des uns et des autres étaient colorées de fierté à l’endroit du président de la transition.

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« Dans votre allocution tout à l’heure, j’ai retenu un seul aspect marquant. C’est le fait de dire que nous avons tous échoué à un moment donné de notre histoire. Cela me prouve que vous ( Mamady Doumbouya Ndlr) avez la grandeur de l’auto critique, que vous avez la grandeur de la remise en cause » ; déclare Siaka Bary, président du MPDG.

Plus loin, les honneurs pour la bravoure de la junte ne vont pas s’arrêter là. « Nous savons tous que chaque fois que l’armée guinéenne a sauvé la démocratie dans notre pays, les civils l’ont confisqués, ballonnés et foulés à terre, cette valeur cardinale » ; salue Elie Kamano avec beaucoup d’entrain le président de la transition.

Si pour la communauté internationale l’acte posé par le chef du groupement spécial des forces républicaines, le Lieutenant-Colonel est ignoble et anti-démocratique, ce qu’il convient de rappeler est que, les guinéens en leur majorité ont vu en cela le redressement de la démocratie qui souffrait depuis bien longtemps entre les main du désormais ancien président Alpha Conde à qui l’on récuse le fait d’avoir brigué un troisième mandat controversé.

Les concertations en vue de tabler sur les mécanismes idoines pour la transition au sommet de l’Etat guinéen se poursuivent jusqu’à vendredi 17 septembre 2021.

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