Mali : Assimi Goita abandonné par la Cédeao et l’Uemoa

by Abdoulaye Raman
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Réunis dimanche 9 janvier à Accra la capitale du Ghana pour un huitième sommet depuis le coup d’Etat d’aout 2020, le président en exercice de la Communauté de Etats de l’Afrique de l’Ouest (Cedao), Nana Akufor Addo, les chefs d’Etat et représentants membres ont pris des mesures très lourdes avec effet immédiat contre le gouvernement de transition. La réaction du Mali, elle aussi a été rapide.

C’est un huitième sommet extraordinaire des chefs d’Etat de la Cedeao d’une autre envergure comparativement aux sept derniers qui ont été tenus, toujours sur la situation du Mali après le coup de force perpétré par le Colonel Assimo Goita et ses camarades, renversant ainsi le président, Ibrahim Boubacar Keita pour sa mal gouvernance.

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Une série de mesures prises pour faire pression sur le gouvernement de transition pour qu’il cède la place à un civil dûment élu selon la constitution et dans un délai raisonnable. Parmi la batterie de nouvelles mesures annoncées « avec application immédiate » : la fermeture des frontières terrestres et aériennes avec le Mali ; la suspension de toute transaction commerciale, à l’exception des produits de première nécessité, des médicaments, des produits pétroliers et de l’électricité, et le gel des avoirs du Mali à la Banque centrale des Etats d’Afrique de l’Ouest dans toutes les banques commerciales de la région.

En effet, ces mesures drastiques contre l’Etat malien surviennent après que le pays ait annoncé une prolongation d’une durée de 5 ans de la transition. En réponse, la Cedeao a dans un communiqué paru le 1er janvier, notifié l’organisation d’un sommet extraordinaire sur le 9 janvier.

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Réaction immédiate du gouvernement de transition malienne

La junte malienne n’a pas laissé de rebond pour répondre à leurs différents voisin qui ont décidé de sévir tant qu’elle n’aura pas fait leur volonté. Dans un un communiqué daté du 9 janvier 2022, le ministre de l’Administration et de la Décentralisation, par ailleurs porte-parole du gouvernement a réagit sur la télévision nationale dans un flash d’information spéciale. « Le gouvernement de la république malienne a appris avec stupéfaction des sanctions économiques et financières prises à l’encontre du Mali à l’issue des sommets extraordinaire de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest (CEDEAO) et de l’Union Economique et Monétaire de l’Afrique de l’Ouest -africain (UEMOA) tenus le 9 janvier 2022 à Accra en République du Ghana », déclare le Colonel Abdoulaye Maiga.

Le porte-parole du gouvernement n’a pas manqué de mentionner dans son allocution que ces mesures prises par l’organisation sont de nature à piétiner tous les efforts consentis par le gouvernement transitoire en vue de créer un commun accord avec elle sur la situation politique du pays qui semble retrouver la tranquillité depuis quelques temps.

Les militaires ont condamné fermement ces sanctions qu’ils jugent « d’illégales » et « d’illégitimes ». Plus loin, la junte s’interroge sur ces soudaines décisions, surtout au moment où les forces armées font des prouesses depuis peu face aux bandes armées dans le pays ; chose qui n’était pas possible il y’a un peu plus d’une décennie. Il faut rappeler que le terrorisme fait de milliers de victimes dans le pays depuis l’ère Ibrahim Boubacar Keita.

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Le Mali rappelle ses ambassadeurs accrédités dans la Cedeao

Après l’embargo, le gel des avoirs des entreprises publiques et parapubliques, le gouvernement malien qui estime que ces mesures sont inadmissibles pour un Etat souverain a décidé de rappeler au pays tous ses représentants accrédités dans les Etats membres de la sous région Cedeao. Bien plus, le pays a également décidé de la fermeture des frontières terrestres et aériennes avec ces Etats concernés.

Si le reste des 14 nations membre de l’Afrique de l’ouest ont décidé de rendre le pays difficilement gouvernable au gouvernement d’Assimi Goita, il faut souligner, que des mesures ont été prises pour ne pas que le peuple malien manque de produits de premières nécessité durant l’embargo.

« Le gouvernement du Mali tient à rassurer l’opinion nationale que des dispositions ont été prises pour assurer l’approvisionnement normal du pays par tous les moyens appropriés », rassure le ministre Maiga dans son communiqué avant de conclure que le Mali tirera les conséquences de ces violations répétées des textes, des principes et objectifs de ces organisations (Cedeao et Uemoa). Il se réserve aussi le droit de réexaminer sa participation à ces entités.

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