Pésenter Amadou Sanogo

Mali : l’ex-putschiste et chef d’Etat éphémère Amadou Sanogo désormais libre.

by Abdoulaye Raman
0 comment

Alors qu’il était en détention provisoire depuis au moins six ans puis remis en liberté, pour avoir été impliqué dans la tuerie de 21 « bérets rouges », l’ancien putschiste malien Amadou Haya Sanogo vient de bénéficier d’un arrêt de poursuites judiciaires ce lundi par un tribunal. Sauf que ce dernier et ses co-accusés sont libres sans aucun verdict. Une situation qui fâche.

En principe, selon la loi malienne, la durée maximale d’une détention provisoire est fixée à trois ans. Or, celle de l’homme qui aimait bien s’assimiler au général de Gaulle ou encore au commandant Massoud, s’étendait déjà à plus de six ans. Le garder en résidence surveillée à Sélingué, dans la région de Sikasso, devenait injustifiable. Le tribunal a donc décidé de l’arrêt des poursuites contre lui et ses co-accusés sans qu’un verdict ne soit rendu.

A lire aussi : Mali : 10 soldats maliens tombent lors d’une attaque djihadiste.

“Le Tribunal ordonne que les procédures contre les accusés soient terminées”, a déclaré le président du tribunal Gaoussou Sanou, ajoutant que les accusés devraient être libérés. Une décision qui a par ailleurs été saluée par la défense. Entretemps, l’avocat du putschiste a une appréhension qu’il se fait au sujet du procès qui jusqu’ici était pendant.

A lire aussi : MALI : LE PREMIER MINISTRE RECOMMANDE AUX MINISTRES DE DECLARER LEURS BIENS AVANT LE 5 DECEMBRE 2020.

“Le Mali n’a pas besoin d’un procès qui va aboutir à des assassinats, à des atrocités. Le pays a compris et le pays a pris une loi d’entente nationale qui vient d’être appliquée. Les lois sont faites pour être appliquées. Je dis encore merci à tout le monde, surtout aux magistrats qui ont eu le courage de rendre cette décision”, explique Me Tiesolo Konaré, avocat d’Amadou Sanogo.

Son avocat se félicite de la décision du tribunal qui serait en parallèle avec la loi de réconciliation adoptée en 2019, portant amnistie sur les crimes spécifiques commis dans le pays pendant la crise de 2012.

Une décision du tribunal qui ne fait pas l’unanimité.

La partie civile estime qu’il n’est pas propre pour la mémoire de ceux qui ont perdu leurs vies, de libérer Amadou Sanogo et ses co-accusés qui avaient fait un putsch contre Amadou Toumani Touré. “Libérer Amadou Sanogo qui a massacré des gens, enlevé les femmes et les a violés. C’est une honte. Cette date doit être inscrite dans l’histoire du Mali. Je vais saisir la justice internationale. Là-bas, le droit sera dit”, déclare Amina Soumaré, de la partie civile. Dans le même ordre d’idées, le porte-parole des bérets rouges se dit insatisfait surtout au regard de l’attitude et des aveux des accusés devant le tribunal. “Je suis choqué. Je ne m’attendais pas à ça parce que normalement, Fousseyni Diarra a dit clair et net devant tout le monde qu’il avait tiré des rafales sur les enfants. Il n’a même pas regretté”, souligne Ismaïla Fané, porte-parole des Bérets rouges, un corps d’élite de l’armée malienne.

A lire aussi : MALI  : L’OPPOSANT SOUMAILA CISSE RESPIRE DESORMAIS L’AIR DE LA LIBERTE .

Pour rappel, cette affaire, qui vient de connaître un arrêt ce lundi, a longtemps fait perdre le sommeil au gouvernement malien. Mais le mois que l’on puisse dire, c’est que l’accusation ne saurait pas s’arrêter en si bon chemin si selon elle le droit n’est pas dit comme ils entendent. Toutefois, cette décision, de disculper Amadou Sanogo pourrait susciter au sein des défenseurs des Droits de l’Homme au Mali une rancœur inébranlable et dont les dégâts peuvent s’étendre sur plusieurs années. D’ailleurs, Aguibou Bouare, président d’une ONG malienne, déclarait déjà qu’“une loi d’entente nationale ne peut être invoquée pour assurer l’impunité”. Ce qui conviendrait donc à dire qu’à l’avenir, plusieurs autres personnes pourront commettre des crimes et des infractions, espérant une réparation par le biais de l’adoption d’une loi.

Enregistrez votre adresse e-mail sur notre site pour recevoir automatiquement nos articles.

Afrik-inform.com, l’information en un clic.

Leave a Comment