NIGER : LA LOI SUR QUOTA EN VOIE DE DISPARITION

by Larissa Tchinda
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Au Niger, les femmes exigent plus de représentativité dans les instances de prise de décision.
Dans ce pays d’Afrique subsaharienne ou elles représentent environ 49,6% de la population, seules 5 femmes sont ministres, sur 33 que compte le nouveau gouvernement ; soit un pourcentage minime de 15%. Un pourcentage qui reste bien en deçà du quota prévu par la loi, qui établit à 25%, le minimum pour chacun des 2 sexes.

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En effet, il y a deux ans, le Niger s’engageait à faire de la femme une actrice à part entière du processus du développement socio-économique et politique”. En adoptant en conseil des ministres un projet de loi visant à rehausser les quotas de femmes de 15% à 25% pour les fonctions électives et de 25% à 30% pour les fonctions de nomination aux emplois supérieurs de l’Etat.
Communément appelée loi sur le quota, la n°2000-008 du 07 juin 2000 instituant le système de quota dans les fonctions électives, au gouvernement et dans l’administration de l’État découle d’une volonté de mettre en oeuvre les engagements de l’Etat du Niger dans le sens d’éliminer certaines discriminations basées sur le sexe.

En fin de semaine dernière, la Coordination des ONG et Associations Féminines Nigériennes (CONGAFEN) a justement rencontré le premier ministre Ouhoumoudou Mahamadou Afin d’aborder la question du non-respect de la loi sur le quota, notamment dans la formation du nouveau gouvernement. Pour Kako Fatima, présidente de la congafen, « La loi sur le quota a été révisée pour porter de 25% à 30% le pourcentage des postes de nomination et de 15% à 25% pour les postes électifs. Nous avons constaté que cela n’a pas été respecté en ce qui concerne la formation du gouvernement ».

A l’Assemblée nationale, 48 femmes sont députés sur les 166 députés élus (en attendant les 5 de la diaspora), soit 28,92%.

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Situé au dernier rang notamment 188eme du classement de l’Indice de développement humain dans le monde, le Niger est aussi très loin de la lutte contre la discrimination et surtout la promotion de la femme.

La récurrence des conflits armés et les catastrophes climatiques affectent sévèrement le développement économique et humain tandis que la fécondité déjà très élevée ne cesse de s’accroitre.

Au Niger, seules 23% des jeunes filles âgées de 15-24 ans sont alphabétisées. Tandis que les dépenses liées à l’éducation représentaient 4,4% du PIB. Le Niger est également classé 151, soit l’avant-dernier du classement de l’Indice d’inégalités de genre.

L’âge médian au premier mariage est de 15,7 ans, le plus bas du Sahel, ce qui a des conséquences considérables sur la santé et le développement des jeunes filles. Le système éducatif, l’accès à l’information et aux services de santé reproductive sont des facteurs essentiels à leur autonomisation.

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