PAMELA BADJOGO : CHANTER POUR EMANCIPER LA FEMME

by Larissa Tchinda
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Sur un groove qui revisite tous les âges d’or de la musique africaine, Pamela Badjogo est une jeune artiste d’origine gabonaise très portée vers les questions de genre. Elle s’insurge dans chacune de ses mélodies, contre les violences racistes et sexistes.
Dans cet entretien accordé à Afrik-inform, l’artiste se lâche sur son titre « Ngoka » qui a traversé les frontières africaines pour porter la voix de la femme dans le monde.

Afrik-inform : Bonjour. Pouvez-vous dire aux lecteurs d’Afrik-inform qui est Pamela Badjogo ?
Pamela Badjogo : Bonjour à tous les lecteurs et followers d’Afrik-i nfrorm. Pamela Badjogo est une artiste chanteuse d’origine gabonaise et citoyenne du monde désormais. Je suis auteure compositrice et guitariste. Je suis ravie d’être dans ce numéro d’Afrik-inform.

Afrik-inform : Quel est le message que vous passez dans votre chanson ‘’Ngoka’’?
Pamela Badjogo : ‘’NGOKA’’ est une invitation à la réflexion, une invitation à une prise de conscience quant aux nombreuses possibilités d’émancipation qui nous sont désormais offertes à nous les femmes africaines, même si nos coutumes patriarcales ne nous les proposent pas forcement. La lutte en faveur de l’émancipation de la femme est le plus grand combat contemporain actuel. Celles qui le veulent peuvent rejoindre le mouvement afin de faire de nos filles des futurs leaders de ce continent.

Afrik-inform : ‘’Ngoka’’, est-elle une expérience personnelle ?
Pamela Badjogo : NGOKA est une expérience à laquelle chaque femme africaine est confrontée dans sa vie à chaque fois qu’elle doit faire un choix important : le choix de son conjoint, le choix de son style vestimentaire, le choix de son métier, le choix de notre avenir. Pour ma part, j’ai décidé de faire des choix de vie en fonction de mes aspirations. J’ai un master 2 en microbiologie appliqué, un autre en épidémiologie, un DU de gestion d’entreprise mais j’ai choisi de faire la musique et peu importe l’opinion de la société trop patriarcale, et c’est ce que j’entends inculquer à ma fille et à toutes les petites filles pour lesquelles je suis marraine.
L’important c’est de travailler dur et de croire en notre rêve. Tous les grands de ce monde nous donnent ce conseil, ça prouve bien que ça marche!

Afrik-inform : D’où part l’inspiration de cette musique ?
Pamela Badjogo : ‘’Ngoka’’ part d’un chant traditionnel Bakaningui (ma langue maternelle), je le fais systématiquement dans tous mes albums, c’est en quelque sorte un devoir de mémoire ; et ma mère Leba Clotilde est pour beaucoup dans ce cheminement. Elle est ma parolière attirée!

Afrik-inform : Comment est-ce que la chanson‘’Ngoka’’ a été accueillie autour de vous ?
Pamela Badjogo : Dieu merci la chanson reçois énormément de réactions positives surtout au regard de tous les médias qui nous ont contacté ! Et nous en sommes très reconnaissants.

Afrik-inform : Que pensez-vous des violences et injustices faites à l’endroit des femmes ?
Pamela Badjogo : C’est ce pourquoi je me bats, et comme j’aime à dire, on ne lâchera rien. Il faut que ça change. Je me bats pour que nos jeunes filles grandissent dans un environnement plus serein et plus égalitaire.

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Afrik-inform : Pamela est-elle une artiste engagée ou une féministe?
Pamela Badjogo : Je n’ai aucune prétention d’endosser le rôle de féministe. La pierre que j’apporte à l’édifice est trop petite pour endosser un aussi grand rôle. Je me considère plus comme une femme libre et émancipée. Une personne qui éveille les consciences. Je laisse le choix à chacun de me classer là où il le souhaite (rire)
Afrik-inform : Un conseil au choix à l’endroit des femmes victimes de violences ?
Pamela Badjogo : Il est tant que ça change, de la même manière dont nous arrachons notre liberté après le bac ou à 18ans, nous devons œuvrer pour avoir aussi notre liberté de rêver de construire et de réussir en tant qu’être humain à part entière. Nous ne sommes pas des sous hommes mais des FEMMES et nous sommes 50% de la population mondiale. Donc notre voix compte à 50%.
C’est à nous d’arracher la confiance et de relever les défis qui se proposent à nous. A nos chers hommes je vous invite à nous soutenir de la même manière dont nous vous soutenons aussi dans vos nombreux projets. Mesdames ce n’est pas grave si au début on vous taxe de tous les noms, ces mêmes personnes reviendront vous féliciter quand vous aurez réussi.
Assumons nos choix et nos aspirations.

Entretien mené par Larissa Tchinda
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