RCA – Révision de la constitution : le régime, l’opposition et la société civile en désaccord.

by Abdoulaye Raman
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En Centrafrique, depuis au moins un mois, les échanges autour de la reforme de la loi fondamentale sont intenses au parlement. L’Assemblée nationale en principe devrait y tabler. Seulement le peuple y trouve un réel problème sur l’avenir du pouvoir.

Le débat est houleux. La reforme constitutionnelle met en désaccord trois entités en l’occurrence le parti au pouvoir, l’opposition et la société civile car la révision du texte de 2016 pourrait déboucher sur le maintien de l’actuel chef de l’État aux affaires, lui permettant ainsi de briguer un 3e mandat à la tête du pays.

Certes, cette réforme peut être approuvée, soit par la voie parlementaire – ce qui est décrié par l’opposition qui souligne qu’en l’absence de Sénat, l’Assemblée seule ne peut modifier la loi fondamentale – soit par référendum. Fidèle Gouandjika, le ministre conseiller spécial du chef de l’Etat Faustin Archange Touadera, l’a proposé comme solution jeudi 30 juin.

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Selon lui, « ce que veut le peuple souverain, c’est une nouvelle Constitution et non une modification simpliste d’une Constitution qui a été mal écrite ». Un proposition qui sans doute doit induire référendum.

Du côté de l’opposition, le juriste et opposant Dominique Erenon, pense que peu importe la voie utilisée, cette révision est une diversion pour la population car, « les préoccupations des Centrafricains sont ailleurs : la sécurité, l’autorité de l’Etat, les problèmes d’eau et d’énergie… Il n’y a pas de carburant». Dans le même sillage, il souligne qu’il est inconcevable que l’on brandissent au mépris de nombreux problèmes que connait le peuple, la volonté de réviser la Constitution. Toujours selon lui, «les Centrafricains attendent des formes plus efficaces de la gouvernance publique pour que leur quotidien, que leur vie change.»

La plateforme de la société civile G16 quant à elle rejoint ce même ordre d’idées. Pour son porte-parole Ben Wilson Ngassan cette proposition de révision constitutionnelle est incohérente car, les élections locales ont été reportées sine die. Par ailleurs, il s’interroge. Si aujourd’hui le gouvernement dit qu’il n’y a pas d’argent dans le pays pour organiser les élections locales où en trouverait-on pour organiser le référendum constitutionnel. Il argue donc que cela en dit long sur la volonté du pouvoir en place de se maintenir coûte que coûte aux affaires.

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Dans la foulée, il y’a qur la société civile ne parle pas le même langage. Du côté du Front républicain, organisation de la société civile proche du pouvoir en place, on estime au contraire que les propos de Fidèle Gouandjika le conseiller de Touadera « cadrent parfaitement avec la demande d’ouvrir une consultation populaire » sur la Constitution.

Cela étant, une autre organisation de la société civile, la COSCIPAC, n’est pas allée de main morte. Elle
appelle à une mobilisation dont le but est de demander la démission du chef de l’Etat Faustin Archange Touadéra.

Seulement, la manifestation est interdite pour des raisons de sécurité. Pour accompagner la logique gouvernementale, la société civile proche du pouvoir et favorable à la révision de la constitution, pour sa part reporté sa manifestation pour vendredi prochain.

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