Farmajo et Mohamed Roble

Somalie : le chef de l’Etat retire les pouvoirs exécutifs à son Premier ministre devenu visiblement un rival.

by Abdoulaye Raman
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Les relations entre le chef de l’Etat somalien, Mohamed Abdullahi Mohamed et le Premier ministre, Mohamed Hussein Roble ne sont plus au beau fixe depuis quelque temps. La raison est que le chef du gouvernement agit désormais sans tenir en compte l’avis du chef de l’exécutif. Ce qui a conduit au retrait de ses pouvoirs exécutifs.

Les prérogatives qui ont été enlevées au Premier ministre sont celles de destitution et/ou de nomination de dirigeants jusqu’à ce que les élections aient lieu.

Pour Farmajo, le Premier ministre Mohamed Hussein Roble a pris « des décisions imprudentes pouvant ouvrir la voie à l’instabilité politique et sécuritaire », décisions prises de son propre chef. Sans avoir consulté le président de la République, il avait le 5 septembre dernier limogé le chef des renseignements du pays ; décision qui avait par la suite été jugée irecevable.

C’est dans ce contexte qu’aura lieu la désignation des membres de la Chambre basse, dernière étape avant l’élection du chef de l’Etat selon le système électoral indirect somalien, entre le 1er octobre et le 25 novembre.

Farmajo est actuellement entre la pointe et l’enclume. Se débarrasser actuellement de son Premier ministre avant la tenue des élections serait une faute grave. Cela pourrait participer à ruiner l’accord sur lequel sont basées les élections. De plus, il bénéficie du soutien de plusieurs hommes politiques, notamment de l’opposition.

« Les affrontements coup pour coup entre ses deux plus hauts dirigeants risquent de bouleverser le peu de stabilité dont le pays a joui, tout en détournant les hommes politiques d’autres priorités », ajoutait l’ICG, en appelant les partenaires et bailleurs de fonds de la Somalie à « désigner publiquement les saboteurs, les menacer de sanctions s’ils ne changent pas de cap et préparer des mesures ciblées ».

L’impasse électorale et cette énième crise au sommet de l’Etat détournent également l’attention de l’insurrection jihadiste shebab qui secoue le pays depuis 2007.

Évincés de Mogadiscio en 2011, les shebab contrôlent toujours de vastes zones rurales du pays et mènent régulièrement des attentats dans la capitale.

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