SOUDAN – OMAR EL BÉCHIR RISQUE UNE PEINE DE MORT

by Abdoulaye Raman
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Il s’agit d’un procès historique pour le Soudan, et même pour le monde arabe. En effet, il s’ouvre ce mardi 21 juillet le procès de l’ex-président soudanais Omar el-Béchir. Il risquerait une peine de mort pour son putsch de 1989 contre le gouvernement qui avait été démocratiquement élu.

Dans l’histoire la plus récente, l’auteur d’un coup d’Etat réussi n’a jamais comparu devant un tribunal. Comme illustration, le guide libyen Muammar Kadhafi, qui avait de toutes forces renversé la monarchie en 1969 a été assassiné en août 2011, tandis que Saddam Hussein, l’Irakien et l’égyptien Hosni Moubarak considérés comme des despotes ont été jugés pour d’autres motifs.

Il est donc à dire que M. Béchir tout comme n’importe quel citoyen va se présenter devant le tribunal. Il sera accompagné de 10 militaires et 06 civils, tous impliqués dans la même affaire. L’on peut citer parmi ceux-ci le vice-président Ali Osman Taha et le général Bakri Hassan Saleh. Il convient tout de même de rappeler qu’après une instruction qui a été menée par le bureau du procureur, son jugement se fera par une cour spéciale composée de trois juges.

Le 30 juin 1989 à Khartoum la capitale du Soudan, le réveil était plutôt troublé par des lugubres mouvements. À l’aube, les citoyens soudanais pouvaient depuis leurs lits écouter à la radio, une diffusion exclusive des marches militaires. À quelques centimètres des maisons, des crépitements d’armes çà et là et les bruits effroyables des bottes. Tous ces va-et-vient n’avaient qu’un seul objectif. Des soldats, armés jusqu’aux dents, ont tenu en respect le palais présidentiel et le siège du gouvernement.

Toujours dans le même sillage, l’état-major de l’armée, les locaux de la radio et de la télévision publique sont le foyer des mouvements d’hommes en treillis. C’est donc à partir de ce moment que les cinq millions d’habitants que comptait la ville se sont rendus compte par le biais de la radio que le soudan est en train de subir sa quinzième tentative de coup d’Etat depuis son indépendance en 1956. Coup d’Etat réussi.

Après avoir conquis le pouvoir par force, le colonel Béchir, devenu ensuite général, l’a conservé pendant 30 ans. Il a donc été renversé le 11 avril 2019 à la suite d’un mouvement contestataire populaire ayant duré 4 mois et depuis lors, il est emprisonné. Notons que le Soudan s’engage également à le mettre à la disposition de la Cour pénale internationale (CPI) afin qu’il soit jugé pour crimes de guerre et génocide dans le cadre du conflit au Darfour en 2003-2004, qui ont fait en moyenne 300.000 morts et des millions de déplacés.

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