Tchad : Des échanges de tirs lors de l’arrestation de l’opposant Yaya Dillo à son domicile.

by Abdoulaye Raman
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C’est une scène de tentative d’interpellation de l’opposant Yaya Dillo Djerou, digne d’un film hollywoodien dans la capitale Tchadienne ce dimanche. Après un refus de 48h de se présenter devant les autorités judiciaires, il s’est entouré d’hommes armés pour la riposte.

Des échanges de tirs ont été largement entendus au domicile de celui qui s’est présenté comme candidat pour la présidentielle d’avril prochain face au président sortant Idriss Deby Itno. L’on ne pouvait qu’avoir un réel incident à cet effet. “Il y a eu deux morts et cinq blessés dont trois parmi les forces de l’ordre”, lors d’une tentative d’interpeller l’opposant Yaya Dillo Djerou à son domicile, a précisé Chérif Mahamat Zene, porte-parole du gouvernement. La mère de l’opposant est morte lors de l’assaut des forces de l’ordre.

Dans la même note, il réitère que les forces de défense et de sécurité ayant reçu des tirs d’armes qui venaient du domicile de l’opposant, “n’ont pas eu d’autres choix que de riposter en légitime défense”.

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“Ma maison est encerclée par l’armée et la police. Il est 5 h 14 min”, a-t-il écrit sur sa toile Facebook. Une heure plus tard, l’ancien ministre et parent d’Idriss Déby Itno a indiqué, toujours sur Facebook, qu’ils viennent de “tuer sa mère et plusieurs de ses parents”, avant de mentionner qu’un “blindé à enforcé sa porte principale”. Une déclaration qui en partie est située aux antipodes de celle contenue dans le communiqué du porte parole du gouvernement.

Pour rappel l’opposant Dillo est visé par deux mandats d’arrêt. La première plainte est celle portant diffamation et injures à l’encontre de la Première dame Hinda Déby Itno. Ce dernier avait dénoncé une convention signée entre l’épouse du chef de l’Etat et le gouvernement dans le cadre de la lutte contre l’épidémie de coronavirus.

Après le refus catégorique de se présenter devant les autorités judiciaires, Dillo s’est fait assister d’une escapade d’hommes armés à son domicile pour assurer sa sécurité. Les force de défense et de sécurité dans le souci de faire respecter les lois de la république ont été contraints dans d’arriver à sa résidence. Selon TV5 Monde, l’on ne sait s’il a finalement été arrêté ou pas.

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Bien plus, depuis depuis la mi-journée de dimanche 28 février jusqu’à ce lundi, l’accès à internet a été brouillé dans tout le pays. Difficile de véhiculer des informations ou de communiquer.

Le climat politique semble pour le moins très tendu au Tchad. Cela peut bien se matérialiser par l’interdiction sans réserve de toute manifestation depuis 3 mois déjà ; ce qui fâche les leaders des partis politiques. Dans la foulée, l’opposant du parti Les transformateurs a tenu à s’exprimer sur sa toile Facebook au regard de la situation que traverserait son confrère de l’opposition. Yaya Dillo “paie un prix lourd, mais chacun de nous va continuer à payer ce prix lourd. Ceci est révélateur du fait que ce pays est totalement malade”, peut-on lire sur le compte Facebook de l’opposant Succès Masra, leader du parti Les Transformateurs, lui aussi resté près d’une semaine réfugié dans le périmètre de l’ambassade des Etats-Unis pour échapper à la police depuis la marche organisée le 6 février. Ceux-ci contestaient alors le sixième mandat consécutive du Maréchal.

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Quelques jours plus tôt, c’est-à-dire jeudi dernier, avant la tentative d’attestation de M. Dillo, le chef de l’État s’était déjà prononcé sur ce que l’on qualifierait non de non respect des lois de la république. “Chaque Tchadien et Tchadienne est tenu de respecter les lois du pays. Quand vous vous mettez en travers de la loi, ne vous étonnez pas. Vous n’êtes pas au-dessus de la loi”, avait-il mis en garde tout contrevenant. Mais une sortie qui semblait pourtant être adressée à un de ses puissant concurrents faisant l’objet des poursuites judiciaires jusqu’à date.

Pour l’instant, aucune information réelle ne filtre sur la situation de cet opposant dont la tentative d’arrestation a fait large écho. Toutefois, le pays se fait des interrogations sur ce qui pourrait advenir avant la tenue de l’élection présidentielle du 11 avril prochain.

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