Cameroun : une promesse ambitieuse de routes bitumées et un avertissement financier inquiétant
Le Ministre des Travaux publics, Emmanuel Nganou Djoumessi, a transmis récemment au Premier ministre une feuille de route ambitieuse pour l’exercice 2026, s’engageant à livrer environ 475,9 km de nouvelles routes construites à travers le pays tout en alertant sur des défis financiers majeurs pour les entreprises du secteur.
475,9 km de routes promis à l’achèvement
Dans cette correspondance consultée par la presse, le Mintp distingue :
- les chantiers à conduire à achèvement,
- les projets à accélérer dans leur exécution,
- et une série de nouveaux axes à lancer en 2026.
Parmi les axes prioritaires figurent :
- la pénétrante Est de Douala ;
- les corridors stratégiques Maroua–Bogo–Pouss et Mora–Tchakamari ;
- la route Mbalmayo–Sangmélima et l’axe Awae–Esse–Soa ;
- la réhabilitation de ponts, notamment sur le Wouri ;
- six ponts métalliques modulaires répartis sur divers tronçons.
Le ministre inclut également des tronçons allant de Ngaoundéré à Paro, Magada–Guidiguis–Yagoua ou Edéa–Mouanko, ainsi que des projets urbains tels que l’entrée nord de Yaoundé et la traversée de Douala.
Une alerte forte sur trésorerie et endettement des entreprises
Toutefois, derrière ce plan ambitieux se cache une alerte inquiétante sur la trésorerie de l’État et l’endettement croissant des entreprises de travaux publics, contraintes par des retards de paiement et des niveaux de financiarisation insuffisants pour soutenir l’exécution simultanée de nombreux chantiers.
Le ministère aurait souligné dans sa correspondance que la capacité des entreprises à démarrer ou achever certains travaux dépend directement d’une meilleure organisation des flux de trésorerie et d’un allégement de la dette accumulée par les acteurs du secteur.
Défis persistants dans l’écosystème routier camerounais
Cette annonce intervient alors que le secteur des infrastructures routières au Cameroun fait face à plusieurs contraintes de financement et de maintenance :
- l’effort budgétaire routier reste sous pression, malgré des projets de bitumage ambitieux annoncés chaque année ;
- des critiques soulignent que les ressources disponibles couvrent souvent seulement une partie des besoins pour l’entretien et l’achèvement des travaux ;
- l’écosystème est également affecté par la nécessité de libérer rapidement les emprises foncières et d’améliorer la planification financière.
L’urgence de réformes structurelles pour les infrastructures
Les engagements pris par Nganou Djoumessi s’inscrivent dans une dynamique plus large de développement des infrastructures routières au Cameroun, dans le cadre des stratégies nationales qui visent à renforcer l’intégration territoriale et la fluidité du transport. Mais l’équilibre entre ambition et réalité budgétaire demeure fragile.
Les experts du secteur appellent à une réforme profonde de la gouvernance des travaux publics, notamment pour :
- améliorer l’accès au financement des entreprises locales,
- renforcer les mécanismes de trésorerie et de paiement dans les marchés publics,
- accélérer les procédures de passation des marchés,
- et renforcer la maintenance des routes déjà existantes.
En résumé : promesse élevée, défis financiers sérieux
Livraison promise : 475,9 km de routes en 2026.
Réalisations ciblées : plusieurs axes structurant nationaux et urbains en cours d’achèvement ou d’accélération.
Défis : trésorerie publique sous tension et dettes accumulées des entreprises du secteur routier.
Objectif global : modernisation du réseau routier camerounais malgré des contraintes financières persistantes.

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