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Monde| Bakou, Pékin, Paris, Dakar : la tournée planétaire de Macky Sall pour succéder à Guterres

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À coups de sommets stratégiques et d’audiences bilatérales aux quatre coins du globe, Macky Sall mène une campagne hors norme pour s’emparer du Secrétariat général de l’ONU. Reste une épreuve de force majeure : transformer ce déploiement de force planétaire en un soutien politique indispensable chez lui, au Sénégal.

« Je remercie vivement le président Faye pour notre entretien convivial et constructif ».. Le vendredi 17 juillet 2026, en fin d’après-midi, l’ancien président sénégalais Macky Sall quittait le Palais de la République de Dakar après un entretien d’environ une heure avec son successeur, Bassirou Diomaye Faye. Quelques heures plus tard, il exprimait sa gratitude en des termes mesurés, propres au registre diplomatique qu’il s’efforce de cultiver depuis plusieurs mois : il évoquait un échange convivial et constructif, inscrit dans le cadre de ses consultations en vue de sa candidature au poste de Secrétaire général des Nations unies. Cette phrase sobre, presque protocolaire, résume à elle seule l’exercice d’équilibriste que mène l’ancien chef de l’État depuis le dépôt de sa candidature : convertir un retour politiquement sensible en simple étape diplomatique parmi d’autres.

Ce retour à Dakar n’était pourtant pas une visite comme les autres. C’était la première apparition publique de Macky Sall sur le sol sénégalais depuis qu’il a quitté le pouvoir, en avril 2024, au terme de douze années à la tête du pays. Accueilli à l’aéroport militaire Léopold-Sédar-Senghor par une foule dense de militants et de sympathisants de l’Alliance pour la République (APR), débout à bord d’un véhicule saluant une marée de partisans, l’ancien président a offert, le temps d’un après-midi, l’image d’un retour à la fois politique et personnel, avant de se rendre au Palais pour l’entretien proprement dit avec le chef de l’État en exercice.

Cette séquence dakaroise, resserrée sur quelques heures entre l’arrivée à l’aéroport vers 15 heures et le départ en soirée pour New York, condense à elle seule les tensions qui traversent la candidature de Macky Sall depuis son dépôt, en mars 2026 : une ambition internationale affichée avec constance, mais fragilisée par l’absence de soutien univoque de son propre pays et par les controverses politiques internes qui continuent de peser sur son image. C’est cette dualité, entre stature diplomatique internationale et fragilité politique nationale, que cet article se propose d’éclairer, en retraçant l’ensemble de la tournée mondiale menée par l’ancien président depuis le mois de mars.

Une candidature portée depuis Bujumbura, plus que depuis Dakar

La candidature de Macky Sall au secrétariat général des Nations unies présente, dès son origine, une singularité qui continuera de la marquer tout au long de la campagne : elle n’a pas été déposée par le Sénégal, mais par le Burundi. C’est en effet le 2 mars 2026 qu’Évariste Ndayishimiye, alors président en exercice de l’Union africaine, a formellement transmis le dossier de candidature de l’ancien chef de l’État sénégalais aux instances onusiennes compétentes, dans la perspective de la succession du Portugais António Guterres, dont le second mandat s’achève le 31 décembre 2026.

Ce choix de procédure, aussi habile qu’ambigu, a rapidement suscité des interrogations sur la nature exacte du soutien africain dont bénéficiait réellement Macky Sall. Plusieurs analystes spécialisés dans les affaires continentales ont souligné que le Burundi avait agi en son nom propre, en instrumentalisant sa présidence tournante de l’Union africaine, sans qu’aucun organe de l’organisation panafricaine n’ait formellement adoubé cette candidature comme celle du continent dans son ensemble. La nuance est loin d’être anodine : elle a nourri, dans les mois qui ont suivi, une controverse persistante sur la légitimité continentale de l’ancien président sénégalais.

Cette ambiguïté s’est d’ailleurs traduite par un épisode significatif à la fin du mois de mars 2026, lorsqu’un projet de décision destiné à formaliser le soutien de l’Union africaine à la candidature de Macky Sall, soumis selon la procédure dite d’approbation tacite, s’est heurté à l’opposition d’un nombre important d’États membres. Une vingtaine de pays de l’organisation continentale auraient exprimé des réserves ou demandé un délai supplémentaire, contraignant le camp de l’ancien président à annoncer, par communiqué, son intention de maintenir sa candidature en dépit de ces réticences, tout en évoquant un retrait ultérieur de certaines objections, notamment celles de l’Égypte et du Liberia.

Cette fragilité continentale trouve son pendant, plus délicat encore, dans le silence prolongé des autorités sénégalaises elles-mêmes. Depuis l’alternance politique de 2024, le président Bassirou Diomaye Faye et son Premier ministre Ousmane Sonko affichent une ligne critique à l’égard de la gestion de l’ancien pouvoir, reprochant notamment à Macky Sall d’avoir dissimulé des données sur l’ampleur réelle de la dette publique et d’avoir réprimé, entre 2021 et 2024, des manifestations politiques qui ont fait de nombreuses victimes. Ces accusations, que l’ancien président a toujours contestées, ont fait planer un doute persistant sur la possibilité même d’un soutien officiel de Dakar à sa candidature internationale.

C’est précisément pour tenter de lever cette incertitude que la visite du 17 juillet a été présentée par l’entourage de Macky Sall comme une étape charnière. Selon la présidence sénégalaise elle-même, l’ancien chef de l’État s’est rendu auprès de son successeur pour l’informer directement de sa candidature et solliciter le soutien officiel du pays, dans le cadre du processus de sélection lancé par les Nations unies dès le 25 novembre 2025. Le président Faye aurait, de son côté, salué cette démarche comme un symbole de continuité institutionnelle par-delà les alternances politiques, sans toutefois que la présidence sénégalaise n’annonce, à ce stade, un appui officiel et explicite à la candidature de son prédécesseur.

Une tournée mondiale au fil des capitales

La séquence internationale de Macky Sall s’ouvre dès la mi-mars 2026, avec sa participation au XIIIᵉ Forum mondial de Bakou, en Azerbaïdjan. Dans ce cadre prestigieux placé sous le thème « Combler les divisions dans un monde en transition », l’ancien président sénégalais intervient sur le multilatéralisme en crise, aux côtés d’autres anciens dirigeants et de hauts responsables onusiens. Cette première étape, dans un pays qui s’affirme comme une plateforme de dialogue eurasiatique et Sud-Nord, donne le ton d’une campagne délibérément construite sur la fréquentation assidue des grands forums internationaux. Elle permet à Macky Sall de rappeler son attachement à une gouvernance mondiale plus inclusive, capable de surmonter les fragmentations croissantes.

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Un mois plus tard, le 22 avril, intervient l’étape la plus institutionnelle et symbolique de sa campagne : le dialogue interactif public devant l’Assemblée générale des Nations Unies. Devant les représentants des 193 États membres, Macky Sall présente sa vision et répond aux questions lors d’un exercice d’audition transparent qui marque formellement l’entrée de sa candidature dans le processus officiel de sélection. Cette audition, où il insiste sur la nécessité de refonder le multilatéralisme tout en plaidant pour une réforme ambitieuse du Conseil de sécurité – notamment une meilleure représentation africaine –, consolide sa stature de candidat expérimenté et porteur d’une perspective du Sud.

S’ensuit, le 2 juin, une rencontre bilatérale de haut niveau avec le président français Emmanuel Macron à l’Élysée. Les échanges, qualifiés de chaleureux et fructueux, portent sur l’idée d’une Organisation des Nations Unies ambitieuse, réformée et revitalisée, plus efficace, plus représentative et mieux à même de répondre aux attentes des peuples et des États. Ce rendez-vous parisien revêt une importance stratégique particulière : en tant que membre permanent du Conseil de sécurité et puissance influente sur le continent africain, la France occupe une position clé dans le processus de désignation. Un soutien, même mesuré, de Paris est perçu comme un élément déterminant pour écarter tout risque de veto ultérieur et pour légitimer une candidature francophone et ouest-africaine.

Quinze jours plus tard, le 17 juin, c’est à Dakar même que Macky Sall reçoit Son Excellence Baiba Braže, ministre des Affaires étrangères de la Lettonie. Cet entretien, centré sur la vision du candidat et sur les priorités d’une ONU mieux adaptée aux défis contemporains, permet d’évoquer le respect de la Charte des Nations Unies et du droit international – thèmes particulièrement chers aux pays baltes et d’Europe orientale, soucieux de réaffirmer un ordre fondé sur des règles face aux tensions géopolitiques régionales. Cette rencontre illustre la volonté de Macky Sall d’élargir son soutien bien au-delà des cercles traditionnels africains et occidentaux.

La fin du mois de juin voit l’ancien président accélérer ses déplacements sur la scène asiatique, démontrant une stratégie d’équilibrage délibérée entre les grands pôles de puissance. Le 25 juin, il participe au Forum de Jeju pour la paix et la prospérité, en République de Corée, où il intervient dans un panel sur la « réinvention du multilatéralisme ». Il y souligne la nécessité de rétablir la confiance dans l’ONU et insiste sur le rôle du futur Secrétaire général comme bâtisseur de ponts et catalyseur de coopération, plaçant la résilience au cœur du prochain agenda mondial. Quelques jours plus tard, le 29 juin, il se rend à Beijing pour un entretien approfondi avec le ministre chinois des Affaires étrangères Wang Yi, dans le cadre d’une visite facilitée par le Président Xi Jinping. Cette séquence chinoise, suivie d’un complément le 6 juillet à New York avec l’Ambassadeur Fu Cong, reflète la volonté de Macky Sall de cultiver un dialogue constructif avec Pékin, qui défend traditionnellement une vision multipolaire de la gouvernance globale et une réforme du Conseil de sécurité plus inclusive des pays en développement.

De retour à New York le 6 juillet, Macky Sall multiplie les entretiens avec les représentants permanents de trois membres permanents du Conseil de sécurité : les États-Unis (Ambassadeur Michael Waltz), la France (Ambassadeur Jérôme Bonnafont) et la Chine (déjà évoquée). Ces rencontres successives, décrites comme constructives et cordiales, portent sur la réforme de l’Organisation et les grands enjeux du multilatéralisme. Elles soulignent l’importance cruciale, pour tout candidat crédible, d’obtenir une neutralité bienveillante – voire un soutien discret – des cinq membres permanents, dont le veto reste l’ultime filtre du processus.

La tournée se poursuit les jours suivants avec des étapes significatives dans le Golfe et en Asie du Sud : le 9 juillet à Manama avec le ministre bahreïnien des Affaires étrangères Dr Abdullatif bin Rashid Alzayani, où sont abordés le dialogue des civilisations, la prévention des conflits et la revitalisation du rôle de l’ONU ; puis le 10 juillet à Islamabad avec le Premier ministre pakistanais Mian Shehbaz Sharif, rencontre au cours de laquelle sont saluées les contributions historiques du Pakistan aux opérations de maintien de la paix et réaffirmée une convergence de vues sur une ONU fidèle aux principes de sa Charte. Le 13 juillet, un entretien avec le Président somalien Hassan Sheikh Mohamud permet à Macky Sall de renouveler son soutien à l’unité nationale de la Somalie tout en évoquant le renforcement du multilatéralisme et le respect de la souveraineté.

L’épreuve du soutien continental et national

Cette diplomatie tous azimuts ne saurait toutefois masquer la fragilité structurelle qui continue de peser sur la candidature de Macky Sall : celle d’un soutien africain incertain et d’un ancrage national contesté. La circonstance même du dépôt de sa candidature par le Burundi, plutôt que par le Sénégal, a durablement installé le doute sur la réalité d’un consensus continental derrière son nom, doute que les vingt objections exprimées par des États membres de l’Union africaine à la fin du mois de mars n’ont fait que confirmer.

Cette situation place Macky Sall dans une position paradoxale au regard des usages diplomatiques habituels : rares sont les candidatures à des postes multilatéraux de premier plan qui progressent sans le parrainage explicite du pays d’origine du candidat. Le silence prolongé de Dakar sur ce sujet, entre février et juillet 2026, a d’ailleurs nourri à plusieurs reprises la polémique intérieure sénégalaise, certains responsables de la coalition au pouvoir qualifiant même de trahison symbolique l’hypothèse d’un soutien officiel à l’ancien président, avant que la présidence ne s’efforce de tempérer ces spéculations.

C’est dans ce contexte que la visite du 17 juillet à Dakar prend tout son sens stratégique. En se rendant directement auprès de Bassirou Diomaye Faye pour l’informer de vive voix de sa candidature, Macky Sall a cherché à clarifier une situation devenue, avec le temps, un handicap diplomatique pour sa campagne auprès des membres permanents du Conseil de sécurité, soucieux de la cohérence entre le soutien affiché par un candidat et celui de son propre gouvernement national. La rencontre, qualifiée de convivial et de constructive par les deux parties, n’a toutefois débouché, au moment de sa conclusion, sur aucune annonce officielle d’un appui formel du Sénégal à cette candidature.

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L’accueil populaire réservé à l’ancien président à son arrivée à l’aéroport militaire de Yoff, où des milliers de militants et de sympathisants de l’Alliance pour la République s’étaient rassemblés pour le saluer, a par ailleurs souligné combien cette visite dépassait, dans les faits, le simple cadre d’une consultation diplomatique. Elle a ravivé, le temps d’un après-midi, l’image d’un ancien chef d’État toujours porté par une base militante active, tout en exposant les tensions persistantes entre ce capital politique intérieur et le récit officiel d’une visite strictement circonscrite aux enjeux onusiens.

Cette dualité illustre, plus largement, la difficulté propre à toute candidature africaine au secrétariat général de l’ONU dans un contexte où l’unité continentale reste, en pratique, plus proclamée que réellement organisée. L’absence d’une candidature unique et pleinement endossée par l’Union africaine, déjà relevée par plusieurs analystes spécialisés dès le mois de mars, continue de fragiliser la portée symbolique que Macky Sall entend donner à sa campagne comme voix légitime du continent auprès des grandes puissances.

Sa tournée en Gambie, où il a été reçu par le président Adama Barrow à la State House de Banjul dans la foulée de son passage à Dakar, s’inscrit précisément dans cette logique de reconquête d’un soutien africain plus large, région par région, capitale par capitale, à défaut d’un mandat continental unifié dès l’origine.

Une vision assumée : refonder le multilatéralisme

Au-delà des turbulences politiques internes, Macky Sall a construit sa candidature autour d’un corpus de propositions cohérent, qu’il résume lui-même sous l’intitulé programmatique de refondation du multilatéralisme pour un monde meilleur. S’appuyant sur son expérience de chef d’État du Sénégal entre 2012 et 2024, puis sur sa présidence de l’Union africaine en 2022 et 2023, l’ancien président se présente comme un bâtisseur de ponts, capable de relier les attentes des pays du Sud aux exigences de gouvernance des puissances établies.

Cette vision, présentée dans le détail lors de son audition devant l’Assemblée générale des Nations unies le 22 avril 2026, s’articule autour de trois axes principaux. Le premier consiste à défendre une approche intégrée de la paix, de la sécurité et du développement, considérant que l’une ne peut durablement s’installer sans l’autre. Macky Sall y insiste sur la nécessité d’une diplomatie préventive renforcée et sur le règlement pacifique des différends, tout en plaidant pour un respect accru de la souveraineté des États, un principe auquel plusieurs de ses interlocuteurs, notamment au Bahreïn et en Somalie, se sont montrés particulièrement sensibles.

Le deuxième axe porte sur la réforme institutionnelle de l’Organisation elle-même, avec un accent marqué sur la modernisation de ses structures et la réduction de ses lourdeurs bureaucratiques. C’est sur ce terrain que Macky Sall situe sa proposition la plus sensible sur le plan géopolitique : une réforme du Conseil de sécurité qui accorderait à l’Afrique une représentation à la hauteur de son poids démographique et diplomatique, une revendication historique du continent que l’ancien président porte avec constance dans chacune de ses rencontres avec les membres permanents actuels de cette instance.

Le troisième axe, enfin, concerne le renforcement d’un multilatéralisme jugé plus inclusif, associant davantage la société civile, le secteur privé, les femmes et les jeunes aux processus de décision globaux. Lors de son audition d’avril, longue de près de trois heures devant les représentants des États membres et des groupes régionaux, Macky Sall a insisté sur une méthode fondée sur l’écoute et la consultation, se présentant comme un candidat d’expérience plutôt que d’idéologie, davantage tourné vers l’action concrète que vers la déclaration de principe.

Cette approche pragmatique, qui évite soigneusement tout positionnement clivant sur les grandes lignes de fracture géopolitique contemporaines, explique en grande partie la diversité des interlocuteurs que l’ancien président a pu rencontrer au fil des mois, depuis les capitales occidentales jusqu’aux partenaires du Golfe, en passant par les grandes puissances asiatiques. C’est cette tournée, précisément, qui a permis à Macky Sall de construire, mois après mois, la trame diplomatique de sa candidature.

Une campagne à l’épreuve du temps qui reste

Alors que le processus de sélection engagé par les Nations unies depuis novembre 2025 doit se poursuivre dans les mois qui viennent, avant l’entrée en fonction du prochain Secrétaire général au 1er janvier 2027, la candidature de Macky Sall se présente comme un cas d’école des tensions propres à la diplomatie multilatérale contemporaine. Elle illustre la difficulté, pour un ancien chef d’État, de convertir une expérience politique nationale, même reconnue, en légitimité internationale incontestée, lorsque cette expérience reste elle-même contestée dans son propre pays.

La méthode déployée par l’ancien président, fondée sur l’accumulation méthodique de rencontres bilatérales avec des partenaires aux intérêts géopolitiques parfois divergents, de la France à la Chine, du Pakistan à la Grèce, en passant par les monarchies du Golfe, témoigne d’une stratégie de construction patiente d’un consensus transrégional. Cette approche, qui privilégie la discrétion diplomatique et la convergence de vues affichée plutôt que l’affrontement idéologique, correspond au style de leadership que Macky Sall revendique lui-même : pragmatique, consensuel, orienté vers les résultats.

Reste que cette stratégie internationale ne pourra durablement compenser l’absence d’un ancrage continental et national clarifié. Le retour à Dakar du 17 juillet, aussi symboliquement chargé fût-il, n’a pas suffi à lever l’incertitude qui entoure le soutien effectif du Sénégal, pas plus qu’il n’a mis fin aux controverses sur les responsabilités politiques de l’ancien pouvoir dans les événements de la période 2021-2024. Cette ambiguïté persistante continuera vraisemblablement de peser sur la suite du processus de sélection, dans un contexte où les grandes puissances membres du Conseil de sécurité observent avec attention la cohérence du soutien dont bénéficie chaque candidat, y compris dans son propre pays.

Au-delà du sort particulier réservé à la candidature de Macky Sall, cet épisode éclaire plus largement les difficultés persistantes de l’Afrique à porter une voix unifiée dans la compétition pour les postes multilatéraux de premier plan, entre ambitions individuelles légitimes et absence de mécanismes continentaux suffisamment robustes pour arbitrer, en amont, entre les prétentions concurrentes. La désignation du successeur d’António Guterres, attendue dans les prochains mois, dira si cette tournée mondiale, aussi dense fût-elle, aura suffi à transformer cette candidature en un consensus international.

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