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Cimenterie Medcem paralysée à Douala : l’investissement colossal de 13 milliards FCFA brisé par les inondations

L’usine Medcem Cameroun, située à Douala, est à l’arrêt depuis plus de deux ans, marquant un échec industriel majeur dans le secteur du ciment et une perte considérable pour l’économie locale.

Le rapport d’évaluation à mi-parcours de la Stratégie Nationale de Développement (SND-30 2020-2030) du Cameroun souligne ce blocage persistant dans le secteur industriel, sans en préciser clairement les causes ni la date exacte du début de la suspension. 

Inondations : le coup fatal à une usine prometteuse

D’après plusieurs sources proches du dossier, la cimenterie Medcem a été confrontée à une série d’inondations récurrentes qui ont :

  • détruit de grandes quantités de matières premières,
  • provoqué l’effondrement du hangar de stockage du bois,
  • inondé les bureaux et zones de production lors des fortes pluies à Douala.  

Ces phénomènes seraient dus en grande partie à la vulnérabilité géographique de l’usine et à des travaux d’aménagement réalisés en amont par l’Autorité Portuaire de Douala (PAD). Selon des salariés, l’élévation du niveau de la route par rapport à celle du site industriel a transformé l’usine en cuvette, facilitant ainsi l’entrée des eaux de pluie pendant les saisons humides. 

Un investissement stratégique aujourd’hui menacé

La cimenterie Medcem avait été inaugurée le 16 décembre 2016, fruit d’une joint-venture entre le groupe turc Eren Holding et la chaîne de quincailleries camerounaises Quifeurou. 

Avec une capacité de production prévue de 600 000 tonnes par an, extensible à 1 million de tonnes, l’usine devait :

  • concurrencer des géants comme Dangote Cement ou Cimencam,
  • contribuer à réduire les importations de ciment,
  • créer jusqu’à 250 emplois directs et 700 emplois indirects.
  • bénéficier d’exonérations fiscales selon la loi d’incitation à l’investissement privé de 2013.  
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Mais aujourd’hui, malgré un investissement total de 13 milliards FCFA, Medcem est pratiquement cloîtrée dans une production minimale. 

Conséquences économiques et sociales lourdes

L’arrêt prolongé des activités a entraîné :

  • une mise en chômage partiel d’une partie du personnel,
  • un ralentissement de toute une chaîne logistique et industrielle locale,
  • une perte de compétitivité sur le marché du ciment camerounais.  

Ce blocage survient alors que le secteur camerounais du ciment est en pleine transformation, avec l’arrivée de nouveaux acteurs industriels et plusieurs projets d’expansion en cours dans le pays. 

Une leçon pour l’industrie : anticiper les risques et renforcer les infrastructures

La crise de Medcem met en lumière un enseignement clair : la planification post-investissement est indispensable. Un projet industriel ne devrait pas être validé sans une étude environnementale et d’infrastructure complète, surtout dans des zones où les inondations peuvent battre en brèche la production industrielle. 

Alors que le Cameroun cherche à renforcer sa capacité de production de matériaux de construction, ce cas souligne aussi l’urgence d’alliances public-privé plus solides et d’une meilleure anticipation des risques climatiques.

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