À l’issue du quadruple scrutin du 28 décembre 2025 en Centrafrique, le principal opposant Anicet-Georges Dologuélé a annoncé sa victoire à la présidentielle, dénonçant des irrégularités massives. Le parti au pouvoir, le MCU, rejette ces affirmations et maintient sa confiance dans la réélection du président sortant Faustin-Archange Touadéra. Les résultats provisoires étaient attendus aujourd’hui, mais l’Autorité nationale des élections (ANE) n’a encore publié aucune proclamation officielle.
Dologuélé : « Je suis le vainqueur »
Vendredi 2 janvier, Anicet-Georges Dologuélé a tenu une conférence de presse pour affirmer qu’il avait remporté l’élection présidentielle. Selon lui, le parti au pouvoir, le MCU, serait en recul dans 17 des 20 préfectures et subirait un recul net à Bangui, ce qui lui permettrait de se déclarer vainqueur. L’opposant a expliqué que ces estimations provenaient de collectes méthodiques de données menées par plus de 10 000 représentants de son parti à travers le pays.
Dologuélé a dénoncé ce qu’il appelle une « tentative méthodique de tripatouillage des résultats », impliquant selon lui des segments de l’Autorité nationale des élections et une pression directe du pouvoir en place. Sans fournir de détails précis, il a assuré disposer de preuves pour étayer ses accusations. Il a insisté sur le fait que l’URCA, son parti, n’accepterait plus que le peuple soit privé de son choix, rappelant qu’il avait déjà accepté le résultat des deux scrutins précédents malgré des soupçons de fraude.
Candidat pour la troisième fois consécutive, Dologuélé affrontait une nouvelle fois Touadéra, favori pour un troisième mandat. Il a réaffirmé sa détermination à saisir les instances compétentes si les résultats officiels ne lui étaient pas favorables. Selon lui, le Conseil constitutionnel doit « assumer son rôle d’arbitre et de gardien de la souveraineté populaire » pour garantir la légitimité du scrutin et la stabilité politique du pays.
Par ailleurs, l’opposant a souligné que le MCU serait en perte de vitesse sur la majorité du territoire, ce qui selon lui constituerait un indicateur clair de sa victoire. Il a insisté sur la mobilisation de son parti et sur le caractère systématique de la collecte d’informations, qu’il présente comme un contrepoids aux irrégularités potentielles. Cette déclaration marque un tournant dans la campagne, avec un opposant qui se positionne fermement contre le maintien au pouvoir du président sortant.
« Notre candidat est vainqueur » : Le MCU rejette toute victoire annoncée
Le lendemain, le parti au pouvoir a réagi par la voix de son porte-parole Évariste Ngamana. Il a qualifié les déclarations de Dologuélé de « fausses » et mis en garde contre les risques de troubles que pourrait engendrer une telle initiative. Le MCU affirme que « les premières tendances ne mentent pas » et maintient sa confiance dans la victoire de Faustin-Archange Touadéra.
Ngamana a rappelé que « aucun candidat n’a le pouvoir de s’autoproclamer vainqueur » et que le MCU resterait vigilant pour que « le mensonge ne prospère pas et que le désordre ne s’installe pas ». Il a insisté sur la responsabilité de chaque acteur politique dans la préservation de la paix, évoquant le passé tumultueux de la Centrafrique et la nécessité de consolider la stabilité du pays après des années de crises récurrentes.
Le parti au pouvoir souligne également le contexte institutionnel, rappelant que Touadéra a été élu en 2016 et réélu en 2020, et qu’il bénéficie désormais d’une nouvelle Constitution adoptée en 2023 qui lui permet de se maintenir au pouvoir légalement. Le MCU met en avant la légitimité des institutions et la régularité des processus électoraux comme fondement de sa position.
Enfin, les autorités du MCU ont appelé à la retenue et au respect des procédures officielles. Tout en rejetant les revendications de Dologuélé, elles ont insisté sur l’importance de ne pas précipiter les annonces et de laisser l’Autorité nationale des élections remplir son rôle de manière impartiale. Cette posture vise à rassurer sur la stabilité politique et à prévenir tout débordement.
Qui est le ” vrai ” vainqueur ?
Le scrutin du 28 décembre 2025 combinait élection présidentielle, législatives, municipales et régionales. Dans ce contexte, les résultats provisoires de la présidentielle étaient attendus ce 5 janvier 2026 ( Les résultats définitifs ne sont publiés qu’après validation des recours éventuels et du Conseil constitutionnel ), mais aucune annonce officielle n’a été faite à l’heure actuelle. Cette attente crée une incertitude politique et accentue les tensions entre l’opposition et le parti au pouvoir.
Les observateurs soulignent que la revendication prématurée de Dologuélé et le rejet ferme du MCU reflètent une polarisation accrue dans le paysage politique centrafricain. La situation illustre les fragilités institutionnelles du pays et le rôle clé de l’Autorité nationale des élections dans la consolidation de la légitimité des scrutins.
Dans l’attente des résultats officiels, l’ensemble des acteurs politiques est invité à maintenir la retenue et à respecter les procédures légales. Tout mouvement prématuré ou tentative d’autoproclamation pourrait engendrer des tensions sociales et politiques, compte tenu des antécédents de contestations électorales dans le pays.
La Centrafrique reste donc suspendue aux chiffres officiels, avec une population et des partis politiques en attente de clarification. Pour l’heure, l’Autorité nationale des élections n’a toujours rien publié, et l’incertitude demeure totale quant au vainqueur de l’élection présidentielle.

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