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Cameroun|Assises de l’éducation à Mbalmayo : Le Nyong et So’o se mobilise pour une école « performante et citoyenne »

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À 7 jours de la rentrée scolaire, le département convoque les 1er et 2 septembre 2026 de véritables Assises de la sauvegarde éducative. Portée par le préfet Gilles Christian Sadi, cette mobilisation générale entend éradiquer les dérives en milieu scolaire et sceller un pacte sacré entre l’État, la famille et la communauté.

Sept jours. C’est le temps qui sépare l’ouverture de ces Assises de l’ouverture de l’année scolaire 2026-2027, fixée au 7 septembre. Un tel resserrement du calendrier n’est pas une contrainte administrative : c’est un pari, celui de précéder les événements au lieu de les commenter après coup. Trop souvent, les rentrées se referment sur des drames qu’on découvre a posteriori, quand il est déjà tard pour agir. Le Nyong et So’o a choisi l’inverse : regarder le mal en face avant qu’il ne prenne visage dans une salle de classe.

Car le diagnostic que portent les organisateurs ne s’embarrasse d’aucune pudeur de langage. Violences physiques et psychologiques, harcèlement, abus sexuels, dépravation des mœurs, décadence des repères civiques, jeunesse happée par la drogue et les substances psychotropes, autorité parentale qui s’effrite, dialogue rompu entre enseignants et familles : rien n’est tu, rien n’est édulcoré. Cette franchise a un prix — celui de l’inconfort — mais elle a surtout une vertu : elle rend possible l’action, là où le silence ne fait que différer la crise.

Le choix du lieu porte lui aussi sa part de symbole. L’ENEF de Mbalmayo, sanctuaire de la formation et de la rigueur, prête son auditorium à une réflexion qui exige la même exigence que celle qu’elle enseigne à ses propres élèves. Deux jours seulement, mais deux jours pensés comme un condensé : rien n’y sera superflu, tout y sera nécessaire.

Et si le slogan retenu — « Ensemble, faisons de l’éducation le moteur du développement local » — semble d’abord relever de la formule, il porte en réalité une conviction plus profonde : nulle route, nulle usine, nul marché ne fera prospérer un territoire dont l’école se délite. L’éducation n’est pas ici un secteur parmi d’autres ; elle est le socle sur lequel tout le reste s’édifie ou s’effondre.

C’est cette conviction qui explique l’ambition du format retenu, non pas un simple colloque de spécialistes, mais une mobilisation territoriale au sens plein du terme, où l’administration, l’école et la société civile sont convoquées à la même table, pour la même cause.

« Pus aucun enfant n’aura peur d’apprendre »

Au cœur de ces Assises bat un principe qui pourrait à lui seul résumer l’esprit de la démarche : « Aucun enfant ne doit avoir peur d’aller à l’école ». Cette phrase, presque un serment, rappelle une vérité que l’on oublie parfois derrière les statistiques de réussite : aucune performance scolaire ne se construit sur la peur. Un enfant qui redoute la cour de récréation, qui craint le chemin de l’école, qui tait une agression par honte ou par silence imposé, n’apprend déjà plus — il survit.

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C’est pourquoi quatre enjeux structurent l’ensemble des travaux, comme les quatre piliers d’un même édifice. Protéger l’intégrité physique et psychologique des élèves, d’abord, car rien ne se construit sur un corps ou un esprit blessé. Restaurer les valeurs et les repères, ensuite, dans une société où les boussoles morales semblent parfois s’être égarées. Préserver la santé et l’avenir de la jeunesse face aux produits psychotropes, également, tant la dépendance guette une génération en quête de repères. Remobiliser enfin les parents dans leur rôle de premier éducateur car aucune institution, aussi vaillante soit-elle, ne remplace une maison où l’on veille sur un enfant.

Cette architecture n’est pas une liste administrative : c’est une hiérarchie des urgences, pensée pour qu’aucun angle mort ne subsiste dans la réflexion collective. Elle affirme aussi une philosophie que résume un second message clé de l’événement : « L’école enseigne, la famille accompagne et la communauté protège ». Trois verbes, trois responsabilités, un seul destin partagé.

Il serait réducteur de n’y voir qu’un catalogue de bonnes intentions. Ce que les Assises esquissent, c’est une refondation du contrat implicite qui lie l’école, la famille et la cité, un contrat que les années ont parfois laissé s’effilocher, et que le Nyong et So’o entend renouer avant qu’il ne se rompe tout à fait. Reste à savoir comment cette ambition prendra corps dans des objectifs concrets, mesurables, assignables, c’est tout l’enjeu de la deuxième journée de travaux.

De la parole à l’action : des objectifs taillés pour durer

Il ne suffit pas de nommer le mal pour le vaincre ; encore faut-il s’armer d’objectifs précis. Les Assises s’en donnent un général, ambitieux mais clair : contribuer à l’amélioration durable du système éducatif local à travers une mobilisation collective en faveur d’une école sûre, saine, inclusive et performante. De cet objectif cardinal découlent des priorités opérationnelles, pensées pour ne rien laisser au hasard.

Il s’agira d’abord d’identifier les facteurs qui fragilisent aujourd’hui la performance scolaire dans le département, puis de renforcer sans relâche la prévention et la lutte contre les violences en milieu scolaire. La protection des élèves contre les violences sexuelles occupera une place à part — non négociable — dans cette architecture, aux côtés d’un travail de sensibilisation aux dangers des produits psychotropes, fléau qui ne connaît ni frontière ni établissement épargné.

La dimension morale n’est pas oubliée : promouvoir les valeurs civiques et citoyennes auprès des jeunes générations figure explicitement au rang des priorités, comme un rappel que l’instruction sans l’éducation du cœur ne suffit jamais. Renforcer l’encadrement parental et réparer une collaboration parfois grippée entre parents et enseignants complètent ce dispositif, tant l’école ne peut porter seule un fardeau qui appartient à toute une communauté.

Mais l’innovation la plus décisive tient peut-être ailleurs : dans la volonté affichée de définir des mécanismes concrets de prévention, de signalement et de suivi des situations de crise. Car un diagnostic, aussi lucide soit-il, ne vaut rien s’il ne débouche pas sur des outils que l’on pourra actionner, dans l’urgence, le jour où le pire menace de se produire.

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C’est là que se joue la vraie différence entre un colloque de circonstance et une réforme qui s’inscrit dans la durée : les Assises du Nyong et So’o semblent avoir choisi la seconde voie, celle qui engage au-delà du 2 septembre.

Une seule table pour tout un territoire

Rarement un rendez-vous éducatif aura réuni un spectre aussi large d’acteurs. Autorités administratives et territoriales, services déconcentrés de l’État, collectivités territoriales siégeront aux côtés des promoteurs d’établissements, des enseignants, des chefs d’établissements et des conseillers d’orientation. Les élèves eux-mêmes — trop souvent grands absents des débats qui les concernent — y prendront part, aux côtés des associations de parents d’élèves.

Les services de santé et sociaux, les forces de l’ordre, les autorités judiciaires complètent ce dispositif inédit, rejoints par les chefferies traditionnelles, les leaders religieux et communautaires, les médias et les organisations de la société civile. Cette diversité n’est pas un symbole de façade : elle traduit la conviction, martelée tout au long des travaux préparatoires, que l’école ne se sauve pas de l’intérieur seul — elle se sauve par le territoire tout entier, uni.

Sur le plan méthodologique, les deux journées suivront une progression rigoureuse : séances plénières pour poser le cadre commun, communications thématiques pour approfondir chaque problématique, discussions générales pour confronter les points de vue, puis restitution et adoption de recommandations assorties d’une feuille de route. Rien n’est laissé à l’improvisation dans cette montée en puissance, du diagnostic partagé vers l’engagement opérationnel.

Les résultats attendus sont à la mesure de cette mobilisation : une compréhension affinée des défis éducatifs locaux, des priorités clairement identifiées, une prévention renforcée, une implication accrue des parents, et surtout une collaboration consolidée entre tous les acteurs de l’éducation. Le département devrait en ressortir doté de recommandations concrètes et d’une feuille de route opérationnelle, assortie d’un mécanisme de suivi-évaluation, condition sine qua non pour que l’élan des 1er et 2 septembre ne s’éteigne pas avec les derniers applaudissements.

Car c’est bien là que se mesurera, dans les mois à venir, la réussite véritable de ces Assises : non dans l’éclat de deux journées de travaux à Mbalmayo, mais dans la capacité du Nyong et So’o à tenir, sur la durée, la promesse portée par son slogan, faire de l’éducation « le moteur du développement local ».

Informations pratiques

Dates : 1er et 2 septembre 2026

Lieu : Auditorium de l’École Nationale des Eaux et Forêts (ENEF), Mbalmayo

Hashtag : #ASSENYS2026

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